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Depuis le 30 mars dernier, un vaste mouvement d’humeur agite les rangs des policiers stagiaires. Pendant deux jours de suite, ils ont assiégé le QG de la police nationale à Kaloum et le siège de la Direction nationale de la police pour revendiquer leur numéro matricule et leur prise en charge par la Fonction publique.
Ils étaient plusieurs centaines de policiers stagiaires ce mardi 31 mars à faire le siège de la tour 15 étages, l’immeuble qui fait office de quartier général de la police. Cette grogne qui paralyse aujourd’hui la police est consécutive à la lenteur accusée dans l’attribution aux nouveaux policiers des numéros matricules et leur prise en charge pécuniaire à la Fonction publique. Cette situation représente aujourd’hui un véritable casse-tête chinois pour les départements de la Fonction publique et de la Sécurité. D’autant qu’elle porte sur deux cas qui éprouveraient toutes les difficultés du monde à se consommer à la même sauce. Le premier est celui des 6705 nouveaux policiers officiellement admis et ayant suivi les formations. Cet effectif est reparti comme suit : 4000 agents de police, 1606 Inspecteurs de police et 1099 sapeurs pompiers. Le deuxième est celui des 2717 autres agents ayant fait les 9 mois de formation au même titre que les premiers sans pour autant passer les tests de recrutement. La première catégorie estime que son traitement ne doit en rien être lié à celui de la deuxième catégorie qui a pris le train en marche. « Nous avions été recrutés et formés presque au même moment que nos amis recrues de la gendarmerie, de la marine, de l’armée de l’air et de l’armée de terre. Mais aujourd’hui, leur situation a été définitivement réglée. On se demande pourquoi les autorités refusent de faire face à la police », s’interroge Mohamed Camara un agent de police. « L’armée serait-elle différente de la police ? Et pourquoi cette discrimination entre nous. Ne serions nous pas, nous autres recrues de la police des Guinéens comme ceux de l’Armée ? » S’indigne un autre policier stagiaire. Un troisième fait remarquer qu’ils sont venus un peu partout de la Guinée et ont passé les 9 mois de formation à leur propre charge, sans casernement. Un quatrième dénonce la promesse non tenue du président Dadis qui s’était, indique-t-il, engagé en décembre dernier à régler leur situation avant le 31 mars. Un dernier policier stagiaire disqualifie le ministre de la Sécurité qui, selon lui, ne fait rien pour apporter la moindre solution à ce problème. « On espérait avec son arrivée et en sa qualité de 1er Vice-président du CNDD que notre situation allait vite être réglée, » lance-t-il. Il est à rappeler que les policiers ‘’insurgés’’ ont finalement pu être délogés du QG de la police grâce à l’intervention des militaires envoyés sur les lieux par le CNDD le mardi soir aux environs de 16 heures. En attendant, le Conseil des ministres de ce mardi a par la voix du porte-parole du gouvernement informé que le dossier de ces policiers stagiaires est sur la table en vue d’un règlement rapide et définitif. Cette version a été confirmée par le ministre de la Sécurité, le général de Division Mamadouba Toto Camara au cours d’une mise au point faite dans le journal télévisé. Pour le ministre Toto Camara, le règlement des revendications des policiers stagiaires entraînerait aujourd’hui une incidence financière estimée à 20 milliards de francs guinéens par an sur le budget national. Il a, à cet effet, invité les insurgés à la patience en attendant de séparer le cas de l’effectif normal de celui anormalement gonflé. Faute de quoi, a-t-il prévenu, ils seront obligés de passer par la manière forte pour rétablir l’ordre. Affaire à suivre.
Camara Moro Amara L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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