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« Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots. » Dr Martin Luther King
Au regard des derniers évènements, dont notre pays vient d’être le théâtre, l’acharnement auquel, nous avons assisté, depuis quelques temps, avec une constance malsaine et une fixation obsessionnelle, mérite qu’on s’y arrête un moment.
Il y a des situations qu’on ne voit que chez nous, où des individus sans scrupule aucune, entrés par effraction dans un débat d’idées, passent leur temps à se livrer à des exercices d’intoxications, de mensonges et de méchanceté gratuite d’une fatuité renversante.
Ils n’ont d’autres ambitions que de blesser et de faire mal. Ils ne connaissent pas l’intérêt de la nation. Ils se moquent éperdument des droits sacrés du peuple et de la personne humaine.
Imbus d’eux-mêmes, ils cultivent leur ego, s’illusionnent douloureusement sur leurs modestes capacités, débitent, à longueur de phraséologie, des jugements qui varient selon l’appartenance ethnique de la cible visée, comme une girouette girant au vent de ses intérêts.
Donneurs de leçons aux idées courtes et à la pensée confuse, ces individus-là sont pires pour notre pays que Copland et ses malfrats de militaires. Pour donner des leçons aux autres, il faut au moins, essayer d’abord d’être un modèle. A défaut de la tenue, il faut avoir de la retenue.
Depuis quelques temps, nous assistons à l’émergence sur le net d’un nouveau type de commis aux écritures, qui cherche sa nourriture dans les eaux boueuses de l’affabulation, du chantage, de l’invective, des procès d’intention, de la vengeance, du règlement de comptes et du terrorisme permanent exercé sur les consciences.
Chaque Guinéen doit se sentir concerné. Car la justice et l’éthique sont les socles de la liberté. Les Usa sont le meilleur exemple. Nos commis aux écritures doivent savoir qu’ils doivent écrire avec une certaine honnêteté intellectuelle et une conscience professionnelle.
Pour façonner l’opinion d’un pays, il faut en avoir une culture solide et une humilité considérable, une grande capacité d’écoute, un sens élevé des responsabilités, une conscience du devoir que rien ne peut altérer, des valeurs morales d’équité, de respect de la vérité et de ses semblables. On ne peut falsifier ou amender une histoire déjà écrite. Ces commis sont de deux sortes :
- Ceux des partis politiques, qui se reconnaissent par leur entêtement à défendre l’indéfendable, dès que leurs partis et/ou leurs leaders ou ceux qu’ils combattent sont concernés. Ils se moquent de la vérification des sources ou du respect de la vie privée des autres, ne respectent pas les limites de l’honnêteté politique, en tenant compte des réalités et enjeux, avant de porter des jugements. Ces nouveaux « Fantômas » ignorent ou font semblant d’ignorer la noble mission d’un informateur public (le devoir d’informer, le respect du lecteur, l’intérêt public etc.…) qui doivent définir et légitimer leur crédibilité. Ces « Al Capone » des temps modernes nous manipulent, sucent et baisent notre foi, comme si nous étions des damnés de la terre (Franz Fanon). Au nom d’un suivisme mal digéré, mal étudié, mal compris, ils font l’éloge de l’impertinence, de l’insolence. Ils versent dans la provocation, insultent, brocardent qui ils veulent, en désignant à la vindicte populaire des personnalités et leur famille, des personnalités qui ont fait ce pays. Ils souillent leur mémoire
- L’autre groupe des ennemis de la conscience est le plus organisé, qui a une ramification un peu partout, en Guinée comme en dehors. Ce second groupe composé souvent d’intellectuels ou ceux qui en tiennent lieu, sont des confusionnistes, des délinquants de l’écriture, eux qui, pourtant, font savoir dès leurs premières phrases, avoir lu « La République de Platon, l’esprit des lois de Montesquieu », s’identifient par le caractère haineux de leurs articles. Au lieu de débattre sérieusement sur les problèmes du pays (Dieu seul sait qu’il y en a), à enrichir les réflexions et les analyses, ils font dans les réactions ordurières en se muant en « répondeurs automatiques » dès qu’on parle de quelqu’un auquel ils se croient liés, souvent, juste par le faciès.
Le titre commun à leurs différentes interventions: En réaction à l’article d’un tel. Et voilà, nos champions de la langue de Molière vous divertissent, d’abord avec quelques virgules mal placées, pour ne rien dire finalement de la problématique posée dans l’article. Au lieu de nous éduquer (enseigner), ils nous divisent en polluant nos esprits avec un populisme ethnicisé.
Étrange paradoxe, autant certains membres de ce comité aiment critiquer et juger les autres, autant ils craignent qu’on les critique et qu’on les juge. Qui disait déjà que le diable c’est toujours les autres. A ce niveau, nous devons leur rappeler qu’il s’agit là, d’un débat d’idées, qu’il ne faut pas s’y dérober par des réactions épidermiques.
Il est désormais impératif pour tout guinéen de toute sensibilité politique, de toute ethnie, de tout âge, de tout sexe, de prendre conscience, de s’interroger, de se ressaisir, pour qu’ensemble, nous évitions des griefs de ces nouveaux « leaders d’opinion », à la solde d’un axe du mal, dont eux seuls connaissent les motivations.
Heureusement qu’il y a d’autres valeurs dont on a toujours du plaisir à lire, parce que pédagogique, chaque fois qu’ils se mettent derrière leurs claviers. Même si ceux qui déraillent sont une minorité, il ne faut pas oublier que c’est une minorité savamment organisée. Ils se considèrent comme les architectes du destin individuel de leur groupe ethnique et falsificateurs de l’histoire. A défaut d’être investis, ils se sont autoproclamés « syndicat du groupe ethnique » auquel ils appartiennent, comme ces moudjahiddines orientaux.
Tous les commis aux écritures, qu’ils s’abreuvent aux sources du pouvoir ou de l’opposition, et tous ceux qui tirent des dividendes de ces des deux râteliers, en opposant des frères et sœurs d’une même nation, doivent mesurer la portée de leurs gestes, à savoir qu’ils seront comptables de leurs actions. Même à titre posthume, l’histoire leur décernera le satisfecit qu’ils auraient mérité.
Ce que ces mafiosi n’ont pas comprit, c’est que le monde, et avec lui la Guinée, a profondément changé. Ce changement dans le temps et dans l’espace a produit un nouveau type de guinéen, différent du schéma classique. L’Internet aidant, le guinéen d’aujourd’hui est à l’écoute du monde, a une connaissance globale de l’évolution du monde, connaît ses droits et devoirs, et mieux, se cultive beaucoup.
Est-il nécessaire de leur rappeler que les événements de janvier et février 2007 n’étaient pas l’œuvre d’un groupe ethnique, c’était l’engagement de la jeunesse toute entière, qui n’était ni Soussou, ni Malinké, ni Peulh, ni Kissi, ni Konia, ni Landouma, mais guinéenne ? Certains parmi ces criminels de la plume, prétendent solutionner le mal guinéen par l’ethnostratégie. C’est pourquoi, ils ne veulent pas d’une possible réconciliation entre Guinéens. Si certains n’osent rien dire, par calculs politiciens ou pour ne pas sacrifier des amitiés, pour notre part, nous ne nous tairons pas, car il s’agit de notre destin.
Lorsque l’unité nationale est menacée par des comportements irresponsables, tous les guinéens de toutes sensibilités confondues, doivent se sentir concernés. Nous ne devons pas les laisser faire planer le syndrome Rwandais sur la Guinée. Ils pourraient arriver à leur fin si nous nous laissons entraîner dans leur entreprise de « lavage de cerveau ». Ces gangsters modernes, pour la plupart se la coulent douce en Occident où ils vivent avec femmes et enfants, donc loin du potentiel danger guinéen.
Pour finir, n’oublions jamais, chers compatriotes, que c’est avec des attitudes de même nature, que la Radio Mille Collines a déclenché la furie génocidaire qui a fait des centaines de milliers de victimes au Rwanda. Ce sont des dérapages verbaux du même acabit, qui continuent de couter des milliers de vies au Nigeria, dans des affrontements interreligieux.
La Guinée n’est certes pas le Rwanda, ni le Nigeria, mais souvenons-nous que les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets, dans les mêmes circonstances.
Moussa Konaté pour www.guineeactu.com
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