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Une table ronde des partenaires sur la réalisation du plan d'action régional pour la mise en œuvre des résolutions 1325 et 1820 du Conseil de sécurité des Nations Unies en Afrique de l'ouest, s'est tenue à Conakry le 15 avril en présence du représentant spécial du secrétaire général des nations unies en Afrique de l'ouest, Saïd Djinit.
L'objectif de cette importante réunion intitulée "les femmes comptent pour la paix en Afrique de l'ouest" d'après les organisateurs, serait "de mobiliser les partenaires pour assurer la mise en œuvre de ces résolutions en vue de permettre aux femmes de participer pleinement à la consolidation de la paix en Afrique de l'ouest.
La Guinée n'a pas connu de conflit ouvert dit-on. Cependant, il s'est déroulé dans le pays des évènements douloureux qui ont fragilisé le tissu social et le place aujourd'hui dans la catégorie des pays en conflit. La paix en Guinée est donc très fragile et nécessite par conséquent une consolidation.
Le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies en Afrique de l'ouest, Saïd Djinit, a indiqué que ce plan d'action présente des avantages, notamment sa validation par les gouvernements de la sous région en présence des principaux réseaux d'acteurs œuvrant sur les questions de paix et sécurité en Afrique de l'ouest et le fait d'être un instrument d'harmonisation, de création de synergie autour de la mise en œuvre des résolutions 1325 et 1820 dans la sous région.
La tenue de cette table ronde à Conakry est pour Mme Chérif Nantenin Konaté, ministre d'Etat aux affaires sociales, la promotion féminine et l'enfance "la manifestation de la préoccupation des Nations Unies à maintenir la paix en Guinée".
Le président de la République qui était aussi de la partie a réitéré pour sa part la disponibilité du gouvernement à œuvrer aux côtés des Nations Unies à la mise en œuvre de ces différentes résolutions qui nécessite l'implication de tous. Alpha Condé s'est réjoui de l'organisation de cette table ronde à Conakry.
Cependant, contrairement au sérieux qui caractérise l'ouverture des rencontres de cette importance, la presse a assisté étonnée à la prestation d'une horde de griots spécialement mobilisés pour venter "les qualités" d'Alpha Condé. "Le bonheur de la Guinée n'attendait qu’Alpha Condé. Sékou Touré et tous ceux qui lui ont succédé n'ont fait qu'annoncer ce qu’Alpha Condé va faire pour la Guinée" ont été les messages diffusés par Sékouba Kandia Kouyaté et ses collègues.
Pour bon nombre de journalistes surpris par cette prestation artistique, il n'y aurait rien de grave mais ce qui est choquant est que cette scène digne d'une bouffonnerie d'un autre âge se déroulait en présence des partenaires techniques et financiers (ONU, UA, CEDEAO).
"Cette façon de faire que tout le monde avait condamnée avec vigueur chez nos anciens dirigeants parce qu'à l'origine du retard de notre pays ne devrait être permise qu'entre nous" d'après un confrère.
"Comment voulez-vous que les gens nous prennent au sérieux pendant qu'au moment de leur expliquer nos problèmes, nous nous mettons à faire de la "mamaya", s'est interrogé un autre. "Comment un gouvernement qui prône le changement et promet la réconciliation nationale peut-il se permettre de tels actes devant des partenaires préoccupés par la consolidation de la paix dans son pays ?" enchaîne un troisième.
De l'avis de tous, le changement est loin d'être une réalité en Guinée. Tout est pour le moment promesse de campagne. Les Nations Unies se doivent donc de rester très vigilantes avec le régime de Conakry au risque d'injecter des fonds qui vont servir à des mamayas au détriment de l'objectif de consolidation de la paix.
Heinan Goba de Conakry pour www.guineeactu.com
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