jeudi 27 novembre 2008
Les monstruosités de Lansana Conté

« Tous les arts ont produit des merveilles. Mais l'art de gouverner n'a produit que des monstres » Alain St Just

Lansana Conté ne sera pas uniquement un mauvais président. Il sera aussi un mauvais et dangereux précédent dans la « gouvernance » en Guinée.

Le président d'une république sans Etat, a passé 24 ans à narguer les Guinéens et tout confirme qu'il est le monstre qui rumine une haine viscérale contre les Guinéens.

J'avais déjà écrit que Conté n'a ni compétence, ni conscience avec une seule ambition mourir au pouvoir.

En accédant à ce pouvoir, Conté a mis en œuvre son schéma démoniaque et pour ce faire il a eu une seule et unique tactique : diviser et jouer, en instrumentalisant son entourage familial et professionnel les uns contre les autres.

C'est ainsi qu'au lendemain du 3 avril 1984, les officiers supérieurs dans l'armée, majoritairement malinkés, seront sa première cible. Et pour les éliminer, les Facinet Touré et Mamadou Baldé, seront les instruments(dixit Fodé Momo lire interview dans la Nouvelle tribune).Lorsque « ses instruments » exécuterons à sa satisfaction leur besogne qu'il confirmera par son « wofatara », il les exilera de Conakry en faisant d'eux des ministres résidents qu'il définira dans son discours programme comme « des hommes en qui il a confiance ». Ce sera le début de la fin pour le second groupe des compagnons du 3 avril. Pendant leur exil, Conté confortera son pouvoir et préparera son « élection » grâce au génie manœuvrier d'un certain René Alseny Gomez. C'est ce dernier aussi qui lui servira de sabre pour couper les liens avec le résidu des membres du CMRN non emportés par la vague de juillet 1985, consacrant ainsi Lansana Conté seul maître à bord. Il commettra l'erreur de croire à sa force au point de négliger l'armée et mal lui prendra car ce sera la cause des événements des 2 et 3 Février 1996 qui seront inoubliables pour Conté et les Guinéens.

En effet, Lansana Conté sera capturé, humilié et remis en selle après avoir pris le seul engagement qu'il respectera dans sa vie de président, à savoir « Ne jamais oublier que son pouvoir, il ne le tient pas du peuple mais de l'armée », c'est le début de la dictature militaro fasciste que nous connaissons en ce moment en Guinée avec l'émergence de l'économie « casino narcotique » dont l'école de Conté produit les meilleurs agrégés.

L'accord scellé entre Conté et ceux qui détiennent la réalité du pouvoir et qui sont inconnu du commun des Guinéens, sera inviolable. Il restera le chef, à condition d'installer une mangeoire publique dont le menu est composé par : Les réserves de la BCRG, les revenus miniers (essentiellement logés à l'ANAIM), une partie des productions d'or et de diamants, la fiscalité due par les gros importateurs « exonérés » en permanence, mais versée ailleurs qu'au trésor public. Ces domaines seront ceux réservés à Conté et les cadres qui y sont placés ne relèvent que de son autorité tout en faisant croire aux Guinéens mais surtout aux bailleurs de fonds, qu'il laisse la gestion du pays à un premier ministre « dont la mission est essentiellement économique ».

C'est ainsi que les événements de 1996, ont sonné le glas de Gomez, et favorisé l'avènement de Sidya Touré. Ce dernier sera victime du même jeu, et avalera des couleuvres de bonne foi croyant que Conté changerait quand il « comprendra ». Alors qu'il est dans sa logique de propriétaire de la Guinée et de ses ressources.

A la suite de Sidya, viendra « le meilleur Premier ministre pour Conté », Lamine Sidimé dont la nomination se fera en violation du sacro saint esprit de la séparation des pouvoirs.

Sidimé était Premier Président de la cour suprême, sa nomination en qualité de Premier Ministre a été faite en violation de la loi fondamentale.

Que Conté fasse prévaloir son ignorance pour violer les règles de la république, passe, mais que le professeur agrégé de droit l'y aide, est impardonnable et intellectuellement malhonnête.

Sous Sidimé, ceux qui ont mis le pays sous coupe réglée seront aussi confortés. C'est l'officialisation de la bamboula sur fond de casse publique. C'est aussi la montée en puissance de la seconde épouse du chef de l'Etat qui sera à l'origine de sa dépravation totale.

Conté à force de jouer finira par être le jouet entre les mains de ses épouses et maitresses multiples et variés et des fonctionnaires véreux, devenu des chasseurs de sinécures piratant le trésor à tout vent.

Tous les premiers ministres qui se sont succédés depuis ont été nommés par ces vautours qui se chargent de coopter un « non ethniquement » acceptable Premier Ministre et ils partiront du fait des mêmes vautours, car la mission de tout premier ministre est de jouer à la potiche ou être chassé. Celui qui en est le plus convaincu aujourd'hui est Souaré qui sait que Conté est impotent et que des luttes affreuses pour son départ son engagées et que c'est pour éviter des surprises que Keira est obligé d'authentifier les actes de Conté en lisant lui-même les décrets.

Conté se retrouve maintenant instrumentalisé et à jouer à l'arbitre à ses moments de lucidités.

Lorsque ce n'est pas Chantal Colle et Henriette qui s'expliquent devant lui, c'est Chantal et Keira, d'une part. Et de l'autre, lui qui avait instruit Fodé Bangoura d'incarcérer Sylla, est obligé d'intercéder en faveur de Bangoura auprès de Sylla Mamadou, ce dernier ayant l'appui de Keira qui veut empêcher que Bangoura n'use de leur méthode habituelle de manipulation de Conté comme ils le firent sous Dalein pour chasser ce dernier pour faute lourde. Les Guinéens ont-ils oublié ? A l'époque, Fodé Bangoura, Sylla, Chantal et Keira étaient ensemble et avaient le même objectif : prouver que Cellou Dalein a abusé du chef de l'Etat en publiant un faux décret. Or, ils savent tous que le décret Cellou avait l'aval de Conté mais ils savent aussi que Conté est démoniaque et qu'il est capable des pires monstruosités, parce qu'il n'aime en fait personne, n'a aucune compétence, et aucune ambition pour la Guinée.

Tout Conté et son système, sont monstrueux et les Guinéens amnésiques et friands de superficiel. Et c'est la politique que nous méritons que nos dirigeants nous imposent depuis 50 ans, celle que JEAN MISTLER définit comme « l'ensemble des procédés par lesquels des hommes sans prévoyances, mènent les hommes sans mémoire ».

Quand allons-nous nous réveiller ? J'oubliais, le Pays est maudit donc attendons.

Drahmane Toure
pour www.guineeactu.com

Retour     Imprimer cet article.    


Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
© Tous droits réservés guineeActu.com 2011