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Décidément, les populations guinéennes ne semblent pas être encore au bout de leurs peines. L’eau continue d’être considérée comme une denrée rare dans certains quartiers de Conakry, la capitale. Parmi ces quartiers, on peut citer en premier lieu Dar-es-salam I, dans la commune de Matoto. Une situation d’autant plus paradoxale que la Guinée est présentée comme le Château d’eau de l’Afrique occidentale. L’eau, c’est la vie, dit-on souvent avec emphase. Malheureusement, le problème d’eau, à l’instar de celui d’électricité, devient, au fil des années, un véritable casse-tête pour une bonne partie de la population guinéenne. Si, pour une raison ou une autre, l’on peut être amené à se passer du courant électrique, il est par contre inimaginable qu’on puisse vivre sans eau. Depuis quelques années, l’on constate, avec beaucoup de regrets, que bon nombre de Guinéens continuent d’éprouver d’énormes difficultés à accéder à l’eau potable, aussi bien dans les campagnes que dans les centres urbains. La pénurie d’eau que l’on constate actuellement dans certains quartiers de Conakry en est une parfaite illustration. A Dar-es-salam I, dans la commune de Matoto, les pauvres ménagères commencent à nouveau à faire les frais de cette regrettable situation. Pendant cette saison sèche, ces braves femmes ne savent plus vers quel puits se tourner pour s’approvisionner en eau. La plupart des bornes-fontaines ne fonctionnent plus. L’eau de robinet s’obtient difficilement. Et pour ne rien arranger, les quelques rares puits du quartier tarissent, les uns après les autres. Pourtant, l’année dernière, lorsque la France, par le biais de Mme Brigitte Girardin, alors ministre déléguée à la Coopération et à la Francophonie, avait signé une convention d’aide pour améliorer la desserte en eau dans les quartiers défavorisés de Conakry, nombreux sont les habitants de Dar-es-salam I qui ont pensé qu’ils étaient enfin au bout de leurs peines dans un secteur aussi vital que celui de l’eau. Aujourd’hui, ils sont au regret de constater que le problème d’eau reste entier dans leur quartier. Tous les jours, les femmes sont obligées de se lever dès le premier appel du muezzin pour aller littéralement à l’assaut des puits et autres points d’eau parsemés dans la localité. A la vue des femmes croulant, au petit matin, sous le poids des bidons et des bassines d’eau ou faisant le siège des puits, l’on ne peut qu’être partagé entre la pitié et désespoir. L’eau, comme indiqué plus haut, est un liquide indispensable dans la vie d’un homme. L’on s’en sert pour se désaltérer, se laver, laver des habits, des ustensiles, des toilettes, etc. Par les temps qui courent, les ménagères de Dar-es-salam I ne savent plus où donner de la tête. Le mardi 5 février, l’on a été témoin d’une scène qui en dit long sur le calvaire que vivent au quotidien les habitants de ce quartier défavorisé. Ce jour-là, une jeune femme mariée a passé vainement toute la matinée à la recherche de deux seaux d’eau pour faire ses travaux ménagers. Elle est allée de concession en concession, d’un puits à un autre, sans pouvoir s’approvisionner en eau. Dépitée, la pauvre femme a dû prendre son mal en patience pour remettre à plus tard l’exécution de ses travaux ménagers. A l’impossible, nul n’est tenu, dit-on souvent. Comme cette respectable ménagère, nombreuses sont les femmes de Dar-es-salam I qui éprouvent d’énormes difficultés à s’approvisionner en eau potable. Un fait qui passerait inaperçu si l’on ne se retrouvait pas dans un pays présenté à tout bout de champ comme un château d’eau. Même si des efforts louables ont été consentis ces derniers temps par la Société des eaux de Guinée (SEG) et des partenaires au développement, force est de reconnaître, sincèrement, que beaucoup de choses restent à faire dans le secteur de l’eau. Mamy Dioubaté Source : hebdomadaire L’Indépendant, Conakry, partenaire de www.guineeactu.com
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