jeudi 14 octobre 2010
Les manipulations médiatiques
Alpha Oumar Telli Diallo

Dans le cadre de nos échanges d’informations instructives pour renforcer notre « Think Tank » guinéen j’ai trouvé utile de partager avec vous cet article qui vous rappellera sûrement de nombreuses pratiques en cours chez nous depuis 52 ans. Il m’a été envoyé par Mme Nadine Barry qu’il est inutile je pense de présenter à tous les Guinéens car elle est connue de nous tous et de tous les amis de la Guinée pour son combat inlassable pour le changement véritable chez nous. Comme quoi, nos politiciens n’ont pas toujours été des amateurs incompétents dans tous les secteurs. En ce début de campagne pour le 2e tour de nos élections de 2010, pensez-y et comptez les coups (bas)…

Le linguiste nord-américain Noam Chomsky a élaboré une liste des « Dix Stratégies de Manipulation » à travers les média. Nous la reproduisons ici. Elle détaille l'éventail, depuis la stratégie de la distraction, en passant par la stratégie de la dégradation jusqu'à maintenir le public dans l'ignorance et la médiocrité. (PRESSENZA Boston, 21/09/2010)

1/ La stratégie de la diversion : élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions : cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

3/ La stratégie de la dégradation : pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

4/ La stratégie du différé : une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.

5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge : la plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-âge ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans ». Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion : faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…

7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise : faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité : encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…

9/ Remplacer la révolte par la culpabilité : faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!…

10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes : au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.


Alpha Oumar Telli DIALLO

Guinéen mais optimiste!


www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Ibrahima M`Bemba SOW, samedi 16 octobre 2010
Tu as raison Alpha, ce qui reste encore aux patriotes guinéens honnêtes toutes générations confondues, c`est le droit à l`optimisme et l`espoir de voir bientôt ce beau pays sortir du tunnel et se joindre au concert des nations qui progressent en Afrique. Heureux de te revoir engagé dans le débat d`idées, depuis le temps à Lyon....
Abdoulaye Diallo, Rotterdam, vendredi 15 octobre 2010
Y a rien doyen...C`est juste un autre rendez-vous manqué qui se dessine actuellement en guinée. Peut-être la raison pour la quelle beaucoup de nos compatriotes ne disent plus rien. Nos deux presidentiables veulent se partager un gateau qui n`est même pas preparé. Toutes ces stratégies que AOT vient de citer ici sont maitrisées par nos politiciens, c`est d`ailleurs ce qu`ils apellent la politique en guinée.Domage! Le plus tordu entre eux est un grand politicien. Il aura même un titre: opposant historique! Oui opposant historique...Et bien opposant au sens prore du mot: quelqu`un qui s`oppose à tout ce qui ne vient pas de lui. Est ce que la guinée sera libre un jour?
FIDEL, vendredi 15 octobre 2010
Djan wali Tonton Bokoum, tana walali? Bon courage à vous!!!
sanaba Coné, jeudi 14 octobre 2010
Mon frère nous ne devrons jamais accepter que ces présidentiables se partagent le gâteau guinéen. Nous avons dit le changement et quelque soit le président élu qu`il sache que non seulement nous ne voulons plus de régime militaire mais que nous serons là pour lui rappeler que nous ne lui faisons pas de chèque en blanc non plus et qu`il doit travailler pour le bien bien-être des guinéens. Ceci pour dire que nous autres devons extrêmement être vigilants. Fraternellement à toi.
Saïdou Nour Bokoum, jeudi 14 octobre 2010
Comme tu as raison mon cher A.O.T. Il y a pire, tous deux, ils se sont expliqué comment ils vont y aller, avec ou sans cette CENI moribonde. Mais et c’est come tu dis, ce qui est sidérant, nous en souffler un mot, "circulez, il n`y a rien à voir". Et vous autres, vous n’allez pas nous laisser A.O.T. et moi faire comme ces deux-là, monologuer à deux, y a quoi même ?
A.O.T. Diallo, jeudi 14 octobre 2010
Tu sais mon cher doyen, moi ce qui me sidère le plus c`est d`apprendre que nos 2 seules possibilités de futur président se soient assis dans un salon d`un hôtel de la place pour convenir de se partager le gâteau du pouvoir après les élections - et cela sans même expliquer comment ils peuvent accepter d`aller a ces mêmes élections!!! Je vois déjà le futur gouvernement de compromission nationale: Mamadou Sylla comme ministre du commerce, Moussa Solano comme ministre de l`interieur, Kassory Bangoura comme ministre des finances...ect le tout avec Sydia Toure ou JM Dore comme P.M. Nous (les patriotes guinéens) nous sommes tous fait encore avoir, comme les 4 fois précédentes...Et le combat pour le changement devra recommencer a zéro en 2011!
Saïdou Nour Bokoum, jeudi 14 octobre 2010
AOT, je propose l’exemple suivant , très actuel et préoccupant, puisqu’il est l’ultime obstacle au rendez-vous du 24 Octobre. Ce débat qui obstrue, divertit et empêche d’aller de l’avant à cause de Loucény Camara. On agite sa mal élection (vraie ou fausse), sa moralité (lui aussi aurait eu une caverne à urnes chez lui..), il es du RPG, son ethnie(il est forestier, or après Louis Lansana Béavogui, Eugène Camara, Dadis, "voici un autre de nos fils empêché de", etc. Or si l’article 162 du code électoral n’attribuait pas au président de la CENI le pouvoir exorbitant d’annuler tout seul, des suffrages, sans en préciser le nombre, ce pourrait donc être toute une circonscription, comme Kankan, est-ce que M. Samba Diallo ou Momo Camara eût tant inspiré les convoitises et les hantises des uns et des autres ? Qui connaît l’existence de ce fameux article ? Pas M. Germain Togba qui depuis les USA, demande fébrilement à M. Gandhi la preuve de ce pudding qui vaut 500 000 jetons. Combien sont-ils les citoyens qui, à défaut de lire Noam Chomsky, devraient lire les textes qui s’occupent de leur liberté ?

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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