mardi 18 mars 2008
Les limites de la Primature
Lansana Kouyaté

A Kouyaté de choisir la sortie qui lui permettra de sauver ce qu’il lui reste de palmes sur la scène politique. Il n’aura pas fallu plus d’une année pour comprendre que les discours et les promesses du locataire de la primature cachaient bien des lacunes. Kouyaté n’est pas l’homme de la situation, voilà ce que révèlerait le bilan que tout citoyen averti pourrait, aujourd’hui, faire des actions du gouvernement, par rapport aux trois priorités qui préoccupent les populations guinéennes. Le prix du riz, la desserte électrique et l’eau potable constituent toujours un casse-tête.

Il n’est plus facile de faire endosser l’échec de la mission de Kouyaté au refus de collaborer du pouvoir dont l’entourage reste la cible de ceux qui se font, toujours, le devoir de trouver des justifications à toutes les insuffisances de la primature. Tantôt, c’est l’humeur du pouvoir qui est mise en cause, pour voiler le manque de poigne du chef du gouvernement dans la prise de telle ou telle décision relevant de ses prérogatives, tantôt ce sont des guignols qui lui jettent le mauvais sort. La vérité est que l’équipe gouvernementale, malgré sa bonne volonté, n’arrive toujours pas à convaincre. Un fait imputable à la fois au flou qui entoure les actions du premier ministre et aux improvisations qui prennent le pas sur l‘application programmée de la feuille de route imposée par les signataires des accords tripartites. Aujourd’hui, il se révèle que ces accords dont le respect est demandé par les syndicalistes comportent des insuffisances qu’il conviendrait de corriger, avant d’en exiger l’application dans une nouvelle situation de crise générée par la maladresse de ceux qui se sont reconnu le droit de décider au nom du peuple, en proposant un gouvernement dont l’échec doit être partagé par eux. Il serait absurde de ‘’décréter’’ d’autres morts de citoyens, à travers des manifestations de rue aux conséquences dramatiques pour un peuple affamé qui a besoin de paix et de sécurité. Non à la violence ! C’est le cri de toutes ces victimes anonymes sacrifiées sur l’autel des ambitions sordides. Toutes les victimes se valent, qu’elles soient des pouvoirs politiques, des mouvements sociaux ou des mouvements politico-syndicaux aux objectifs douteux. Nous n’en voulons plus en Guinée.

Aujourd’hui, s’il était opportun de revendiquer de meilleures conditions de vie, les syndicalistes seraient mal placés pour le faire, puisqu’ils ne sauraient exiger quelque chose d’un gouvernement dont l’échec leur incombe en premier lieu, pour l’avoir choisi sans consulter les représentants du peuple : les députés et les partis politiques auxquels ils doivent des comptes. La primature a atteint ses limites. Surtout, ne cherchons plus la cause ailleurs, en dehors du mauvais choix opéré par les accords mal ficelés.

Thierno  Dayèdio Barry
Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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