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Les sous équipements, la course pour l’argent, l’absence de formation de recyclage ont transformé les hôpitaux et cliniques du pays en mouroirs.
« Allez à l’hôpital à vos propres risques ! », soutient un rescapé de la mort qui, il y a un an, avait failli rendre l’âme et doit son salut à un voyage à Dakar, au Sénégal.
C’est devenu une règle générale dans les milieux sanitaires en Guinée, que tout malade a bien de sérum, soit salé ou glucosé, parce que cela paye mieux.
Pourtant, il y a bien de règles et principes médicaux à respecter avant de tenter une infusion de fluide dans le corps humain.
Il y a aussi des règles qui régissent quel fluide est indiqué pour quel patient.
Tout le monde n’est pas candidat pour la réhydratation, et si un patient est candidat à la perfusion, il faut savoir quel liquide, il a besoin. On ne donne pas de sérum de façon aveugle.
Avant tout, il faut savoir si un patient a besoin de fluide ou non. Quel genre de fluide, le patient a besoin et quelles sont les précautions à prendre, pour éviter les conséquences néfastes de l’excès de réhydratation.
Avant toute infusion de fluides, il faut mesurer les signes vitaux du récipiendaire, le patient. On n’infuse pas de fluide aveuglement.
Parmi les signes vitaux avant une perfusion, il faut mesurer :
-La tension artérielle
-Le pulse périphérique ou central qui reflète les battements du cœur
-La respiration
-La température
-Le pulse oxymétrie (La saturation en oxygène des capillaires)
Qu’est ce qu’il faut savoir avant d’installer une perfusion ?
1)-Le taux de sucre dans le sang (la glycémie) : On le mesure très rapidement en utilisant un glucomètre, usant d’une goutte de sang veineux recueillie en piquant le bout d’un doigt : cela est possible en moins de 2 minutes.
Un patient qui est diabétique, et à qui on perfuse du sérum glucosé, c’est comme tirer à bout pourtant, c’est de l’homicide volontaire.
2)-S’assurer que les poumons sont clairs, à travers une attentive et complète auscultation des poumons : S’il y a doute à travers l’anamnèse, il est dans l’obligation du médecin de faire une radiographie des poumons, pour exclure ce que les anglophones appellent : « Congestive Heart Failure » (CHF), « l’œdème aigu du poumon », qui signifie qu’il y a du liquide dans le parenchyme pulmonaire. Cette présence limite la capacité des échanges alvéolaire d’oxygène (O2) et gaz carbonique (CO2).
L’œdème aigu du poumon, conséquence d’un excès de fluide dans les poumons, est parmi les premières urgences médicales, car il ne pardonne pas. L’excès de fluide, l’hyperhydratation provoque aussi une dilution excessive du sang, connue sous le nom de hémodilution. Ce phénomène peut causer un œdème cérébral et une destruction cellulaire des globules rouges (hémolyse).
Les causes de cette situation sont multiples. Parmi les plus fréquentes, on cite les causes :
a)-Cardiaques
b)-Pulmonaires
c)-Septicémie
d)-Rénales
e)-Empoisonnement (Toxicité)
D’où l’importance d’un bilan sanguin pour savoir l’état des reins, les électrolytes (Sodium, potassium, Chlore, bicarbonates, le pH).
Surtout, il est obligatoire de savoir le taux du BNP (ß Natiuretique Peptique : une hormone sécrétée par le cœur, lorsque les chambres cardiaques (ventricules) sont distendus, à cause d’une surcharge volumique et/ou une augmentation de pression). Cette hormone joue un rôle considérable dans la régulation de la balance de fluides et aide dans le diagnostic différentiel entre l’œdème aigu du poumon et les maladies pulmonaires causées par les emphysèmes.
Il faut établir de quel genre de fluide le patient a besoin.
1)- Sérum salé (0.9%) : Le sérum salé est un fluide isotonique de ressuscitation pour un malade déficient en fluide (l’eau) comme dans les déshydrations, les hypotensions et les hémorragies, quand du sang n’est pas disponible. Généralement, ces perfusions sont administrées très vite, dans les premières heures des urgences, avec une étroite surveillance des signes vitaux.
2)-Le sérum glucosé : Il est surtout utilisé comme source d’énergie chez un patient déficient en énergie, soit par un taux de glucose très bas, soit suite à une suite de restriction orale de nutrition.
Rappelons que le glucose est la source idéale d’énergie pour le corps humain, surtout pour les organes vitaux comme le cerveau, le cœur, les reins.
La principale contre-indication de perfusion de sérum glucosé est un taux de glycémie élevé, comme le diabète sucré. Un taux trop élevé de sucré dans le sang rend le glucose non-utilisable et le corps humain, alors, utilise les protéines et les lipides comme alternative source d’énergie. L’utilisation de ces deux éléments, à travers le cycle de Krebs, produit des produits toxiques comme l’acide lactique, l’urée et autres.
En plus, l’excès de glucose dans le sang produit un état hypertonique : ce qui entraîne une extravasation de fluide de l’intérieur des cellules vers le milieu intra-vasculaire, produisant un état de déshydratation cellulaire très préjudiciable aux cellules nerveuses, cardiaques, rénales, etc.…
Donc, pour un malade que l’on qualifie de déshydraté, la pire des choses à faire, c’est de lui donner du sérum glucosé. C’est ajouter de l’huile sur le feu. C’est de l’euthanasie pure et simple.
Alors, il est temps que le ministère de la santé et les autorités du pays s’attèlent à une restructuration profonde des hôpitaux et des cliniques du pays, en passant par des stages de sur-formation et d’actualisation des avancées médicales pour sauver la vie des Guinéens.
Arrêtons de dire que, quand une personne meurt à l’hôpital, c’est que Dieu l’a voulu. C’est le destin. Nous savons que la mort est inévitable, mais nous devons défendre et prévenir les actes qui précipitent la mort.
Quand une personne meurt à l’hôpital ou dans une clinique, il faut faire une discussion (une revue) des soins octroyés au défunt, pour savoir si une erreur médicale n’a pas contribué à la perte prématurée de la vie humaine. C’est seulement à travers des engagements de ce genre que nous pouvons éviter de répéter les mêmes erreurs, et surtout apprendre de sa faute.
Il faut que les médecins guinéens réapprennent le serment d’Hippocrate : Avant tout, il ne faut pas créer du mal au patient.
La course effrénée à l’argent, en piétinant la déontologie médicale, est un péché. Et participer de façon active ou passive à l’extinction de la vie humaine, constitue un meurtre, un assassinat, un homicide. C’est de l’euthanasie criminelle.
Beaucoup de Guinéens en ont déjà payé les frais de cette cupidité du corps médical. Trop, c’est trop !
La première richesse d’un pays, ce sont les personnes, donc les vies humaines. Si l’on ne porte pas de valeur à la vie humaine, alors il faut dire au revoir à jamais au développement.
Docteur Mamadou Diallo
Membre Fondateur de l’ANDD et Guinea-Forum
pour www.guineeactu.com
NB : Cet écrit n’est pas académique. Il est dosé de façon à permettre à chacun de comprendre quelque chose.
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