lundi 30 mars 2009
Les Hôpitaux et cliniques en Guinée: De véritables maisons d’euthanasie !
Mamadou Diallo

Les sous équipements, la course pour l’argent, l’absence de formation de recyclage ont transformé les hôpitaux et cliniques du pays en mouroirs.

 

« Allez à l’hôpital à vos propres risques ! », soutient un rescapé de la mort qui, il y a un an, avait  failli rendre l’âme et doit son salut à un voyage à Dakar, au Sénégal.

 

C’est devenu une règle générale dans les milieux sanitaires en Guinée, que tout malade a bien de sérum, soit salé ou glucosé, parce que cela paye mieux.

 

Pourtant, il y a bien de règles et principes médicaux à respecter avant de tenter une infusion de fluide dans le corps humain.

 

Il y a aussi des règles qui régissent quel fluide est indiqué pour quel patient.

 

Tout le monde n’est pas candidat pour la réhydratation, et si un patient est candidat à la perfusion, il faut savoir quel liquide, il a besoin. On ne donne pas de sérum de façon aveugle.

 

Avant tout, il faut savoir si un patient a besoin de fluide ou non. Quel genre de fluide, le patient a besoin et quelles sont les précautions à prendre, pour éviter les conséquences néfastes de l’excès de réhydratation.

 

Avant toute infusion de fluides, il faut mesurer les signes vitaux du récipiendaire, le patient. On n’infuse pas de fluide aveuglement.

 

Parmi les signes vitaux avant une perfusion, il faut mesurer :

 

-La tension artérielle

 

-Le pulse périphérique ou central qui reflète les battements du cœur

 

-La respiration

 

-La température

 

-Le pulse oxymétrie (La saturation en oxygène des capillaires)

 

Qu’est ce qu’il faut savoir avant d’installer une perfusion ?

 

1)-Le taux de sucre dans le sang (la glycémie) : On le mesure très rapidement en utilisant un glucomètre, usant d’une goutte de sang veineux recueillie en piquant le bout d’un doigt : cela est possible en moins de 2 minutes.

 

Un patient qui est diabétique, et à qui on perfuse du sérum glucosé, c’est comme tirer à bout pourtant, c’est de l’homicide volontaire.

 

2)-S’assurer que les poumons sont clairs, à travers une attentive et complète auscultation des poumons : S’il y a doute à travers l’anamnèse, il est dans l’obligation du médecin de faire une radiographie des poumons, pour exclure ce que les anglophones appellent : « Congestive Heart Failure » (CHF), «  l’œdème aigu du poumon », qui signifie qu’il y a du liquide dans le parenchyme pulmonaire. Cette présence limite la capacité des échanges alvéolaire d’oxygène (O2) et gaz carbonique (CO2).

 

L’œdème aigu du poumon, conséquence d’un excès de fluide dans les poumons, est parmi les premières urgences médicales, car il ne pardonne pas. L’excès de fluide, l’hyperhydratation provoque aussi une dilution excessive du sang, connue sous le nom de hémodilution. Ce phénomène peut causer un œdème cérébral et une destruction cellulaire des globules rouges (hémolyse).

 

Les causes de cette situation sont multiples. Parmi les plus fréquentes, on cite les causes :

 

a)-Cardiaques 

 

b)-Pulmonaires

 

c)-Septicémie

 

d)-Rénales

 

e)-Empoisonnement  (Toxicité)

 

D’où l’importance d’un bilan sanguin pour savoir l’état des reins, les électrolytes (Sodium, potassium, Chlore, bicarbonates, le pH).

 

Surtout, il est obligatoire de savoir le taux du BNP (ß Natiuretique Peptique : une hormone sécrétée par le cœur, lorsque les chambres cardiaques (ventricules) sont distendus, à cause d’une surcharge volumique et/ou une augmentation de pression). Cette hormone joue un rôle considérable dans la régulation de la balance de fluides et aide dans le diagnostic différentiel entre l’œdème aigu du poumon et les maladies pulmonaires causées par les emphysèmes.

 

Il faut établir de quel genre de fluide le patient a besoin.

 

1)- Sérum salé (0.9%) : Le sérum salé est un fluide isotonique de ressuscitation pour un malade déficient en fluide (l’eau)  comme dans les déshydrations, les hypotensions et les hémorragies, quand du sang n’est pas disponible. Généralement, ces perfusions sont administrées très vite, dans les premières heures des urgences, avec une étroite surveillance des signes vitaux. 

 

2)-Le sérum glucosé : Il est surtout utilisé comme source d’énergie chez un patient déficient en énergie, soit par un taux de glucose très bas, soit suite à une suite de restriction orale de nutrition.

 

Rappelons que le glucose est la source idéale d’énergie pour le corps humain, surtout pour les organes vitaux comme le cerveau, le cœur, les reins.

 

La principale contre-indication de perfusion de sérum glucosé est un taux de glycémie élevé, comme le diabète sucré. Un taux trop élevé de sucré dans le sang rend le glucose non-utilisable et le corps humain, alors, utilise les protéines et les lipides comme alternative source d’énergie. L’utilisation de ces deux éléments, à travers le cycle de Krebs, produit des produits toxiques comme l’acide lactique, l’urée et autres.

 

En plus, l’excès de glucose dans le sang produit un état hypertonique : ce qui entraîne une extravasation de fluide de l’intérieur des cellules vers le milieu intra-vasculaire, produisant un état de déshydratation cellulaire très préjudiciable aux cellules nerveuses, cardiaques, rénales, etc.…

 

Donc, pour un malade que l’on qualifie de déshydraté, la pire des choses à faire, c’est de lui donner du sérum glucosé. C’est ajouter de l’huile sur le feu. C’est de l’euthanasie pure et simple.

 

Alors, il est temps que le ministère de la santé et les autorités du pays s’attèlent à une restructuration profonde des hôpitaux et des cliniques du pays, en passant par des stages de sur-formation et d’actualisation des avancées médicales pour sauver la vie des Guinéens.

 

Arrêtons de dire que, quand une personne meurt à l’hôpital, c’est que Dieu l’a voulu. C’est le destin. Nous savons que la mort est inévitable, mais nous devons défendre et prévenir les actes qui précipitent la mort.

 

Quand une personne meurt à l’hôpital ou dans une clinique, il faut faire une discussion (une revue) des soins octroyés au défunt, pour savoir si une erreur médicale n’a pas contribué à la perte prématurée de la vie humaine. C’est seulement à travers des engagements de ce genre que nous pouvons éviter de répéter les mêmes erreurs, et surtout apprendre de sa faute.

 

Il faut que les médecins guinéens réapprennent le serment d’Hippocrate : Avant tout, il ne faut pas créer du mal au patient.

 

La course effrénée à l’argent, en piétinant la déontologie médicale, est un péché. Et participer de façon active ou passive à l’extinction de la vie humaine, constitue un meurtre, un assassinat, un homicide. C’est de l’euthanasie criminelle.

 

Beaucoup de Guinéens en ont déjà payé les frais de cette cupidité du corps médical. Trop, c’est trop !

 

La première richesse d’un pays, ce sont les personnes, donc les vies humaines. Si l’on ne porte pas de valeur à la vie humaine, alors il faut dire au revoir à jamais au développement.

 

 

Docteur Mamadou Diallo

Membre Fondateur de l’ANDD et Guinea-Forum

pour www.guineeactu.com
 

NB : Cet écrit n’est pas académique. Il est dosé de façon à permettre à chacun de comprendre quelque chose.

 

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Vos commentaires
seny, vendredi 3 avril 2009
Nous pensons que le colloque organisé par le Conseil Supérieur des Guninéens de France le 18 avril 09 à la bourse de St Denis avec la participation d`eminents spécialistes en nephrologie garde toute sa pertinence. A l`issue de ce colloque il s`agira d`établir des passerelles entre les praticiens de la medecine d`expédier en Guinéé dix générateurs de dialyses et fauteuils et deux containers de matériels médicaux offerts par l`assistance publique de Paris. Nous avons besoin de votre soutien.Oui à une fondation qui irait dans le sens de la responsabilisation de la pratique médicale en Guinée, de la protection et de la défense des droits des malades et des familles. Une pénalisation des erreurs médicales récurrentes responsabiliserait d`avantage la profession. C4est plus une question de responsabilité et de conscience professionnelle aggravée par une absence criarde de politique de santé publique en Guinée. Merci pour cet article qui apporte de l`eau au moulin du CSGF Poursuivons la reflexion.
Ansoumani CAMARA, vendredi 3 avril 2009
Cher frère Dr DIALLO; J`interviens pour la première fois sur un site guinéen pour dire qu`il y a un temps pour parler et un autre pour agir. La diaspora guinéenne peut, si elle le veut, être d`une extraordinaire utilité à son pays. Les hôpitaux sont des lieux de convergence de tous les guinéens.Une action unitaire au bénéfice de nos hôpitaux au service de tous les guinéens nous unirait encore davantage. Pourquoi ne créerions-nous pas un Fondation `utilité nationale dont les fonds seraient consacrés à améliorer la situation que vous décrivez? Si ces fonds sont bien gérés la Fondation deviendrait un un Patrimoine national. 100 000 guinéens de la diaspora ne donnant que 50 euros par année nous permettrait de financer des projets ciblés dans nos hôpitaux. Je suis à votre disposition pour une telle action. A.CAMARA
BALDE MS, mardi 31 mars 2009
Mais vous allez loin Doyen, Vous nous parlez de pulseoximeter, BNP,...C`est un reve, la derniere fois que j`avais quitteR la Guinee bientot 4ans, Le ICU, ou soins intensifs de Donka, n`avait que des lits pas plus....Alors qu`un ambulace (ADVENCED LIFE SUPPORT) est plus equipee que nos ICU (PLATEAU) de Donka/Ignace deen reunis. Meme le medicament le plus elementaire d`une urgence d`etiologie cardiovasculaire/ou cerbrale, l`Oxygen, n`existe pas dans ces mouroirs....Imaginez,un malade qui se presente avec une edoeme pulmonaire aigue,c`est a dire qui suffoque par une ipoxemie au CHU, qui n`a pas O2, BVM,et aussi incapable d`une intubation orotracheale....l`arret cardiac est imminent....Une triste Histoire vecue, a Donka en 2004: bref mon vieux avait fait un AVC, avec coma, donc incapable de controler, ses voies aeriennes, qui se remplissaient avec la salive....Au plateau, je demande, s`ils etaient capable d`intuber le vieux, pas de reponse...D`accord, je demande une simple machine de sucion pour nettoyer de temps en temps le vois respiratoires du comateux,...il y`en avait pas...En fin de compte, j`avais fini par adopter le moyen du bord, c`est a dire mes deux doigts avec des compress steriles, a chaque fois que je remarquait le blockage( j`espere que Dr a compris)...C`etait pitoyable, 4em nuit, j`avais decideR, de sortir le malade de l`hopital des le matin, Dieu merci sa paine fut ecourtee parle tout puissant la meme Nuit... Ce n`est pas la medicine qu`on pratique en Guinee....Notre Jeune ministre recemmnt decede de l`infarctus du myocarde, s`il avait commencer sON SYNDROME CORRONAIRE ailleurs, pas en Guinee, sa chance de survit allait etre grande...Je suis sur/certain qu`il allait AVOIR une electrocardiocagram,avec 12 electrodes pour localise le blockage, puis soumis au MONA(morphine, oxygene,nitro, aspirin) puis transfereR dans un centre capable d`angioplasty a temps...Quelque chose qu`on pouvait mettre en place les 50 dernieres annees.....Pauvre Guineens....Mais il n`est pas trop tard, on peu si l`on veut
Moussa Konaté @ Toronto, Canada, mardi 31 mars 2009
Le probleme que pose ici Dr Diallo est à considerer par les nouvelles autorités. Nos hopitaux sont devenus des mouroirs. Quand les moyens le permettent et pour eviter les tracasseries administratives de visa, les malades se transportent soit à l’hopital principale ou Dantec (Dakar), soit à la Pisam (abidjan) ou au maroc pour les plus nantis. Si les hopitaux Donka et Ignace Deen ne font que tuer nos parents ce n’est pas forcement un manque de qualification des medecins qui en passant, se “debrouillent” dans leurs cliniques après leur shift dans les hopitaux. La Guinée doit investir dans l’equipement de ses hopitaux, au lieu d’octroyer des licences à tous ces “apprentis medecins” qui ne pensent qu’à ouvrir une “Clinique”. Ces fameuses “cliniques” existent dans Presque chaque quartier de Conakry mais est ce que tous ces “Docteurs-commerçants” ont tous preté le serment d’hyppocrate” qui dit je cite: “ je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire, je donnerai mes soins à l’indigent et à quiconque me les demandera”. Certains de nos medecins ont ils reellement compris ce serment?
CAMARA DAVID (BRUXELLES), mardi 31 mars 2009
Vu cette problématique meme dans les hopitaux, nous demandons que tous les departements soient audités et les les coupables devant la justice.Exemple un laissé passé à l`ambassade de guinée coute 45 EUROS combien se vendent par mois?Cette réponse appartient aux agents de l`Aéroprt qui doivent obligatoirement faire une listingue mensuelle.Voilà comment ça doit marcher.Ici tout document administratif,est vendu trop cher aux guinéens qui sollicittent.Le changement engagé par le capitaine et (cndd)doit s`effectuer sur tous les niveaux .
MAD, mardi 31 mars 2009
Bonjur msr Mamadou. Je pense que le pays a besoin des hommes comme vous. Car c`est connu que vous etes un gand medecin. Mais la question que je me pose est pourquoi vous n`avez pas tente d`ouvrir une clinique en Guinee pour former les medecins dans la clinique avec des pratiques et bien faire du volontariat dans nos hopitaux? Je suis sur et certain que cela payera plus que les dollars que vous recevez aujourd`hui. Car vous aurez sauve des etres humains. Et sauver une vie n`a pas de prix. Merci
Kanouté, mardi 31 mars 2009
Il n`y a que deux explications à la dérive du système de santé chez nous. 1°)le salaire insignifiant du personnel de santé. Puisqu`il leur faut vivre, la débrouille s`est installée progressivement dans les hôpitaux et autres centres de santé. Sinon le personnel médical guinéen n`est ni plus ni moins respectueux de leur serment que leurs confrères des autres pays. Assurez leur un salaire décent et tout rentrera dans l`ordre. Un médecin affamé ne peut pas soigner. Qui peut bien faire s`il est affamé. 2°) La chute de la qualité de la formation à la faculté de médecine. Trop d`étudiants sont recrutés et le système est débordé. Mais aussi et surtout des étudiants de tous les niveaux sont recrutés. Beaucoup n`ont pas le baccalauréat. Beaucoup d`autres ont à peine le niveau du brevet. Ils commencent dans les écoles d`aide infirmier ou d`infirmier et puis se débrouillent à entrer en Fac de Médecine. Ces gens ne seront jamais des médecins. Ce sont majoritairement ces ratés qui discréditent la médecine guinéenne. c`est une situation extrêmement grave à laquelle il faut trouver urgemment une solution.
Alkhaly Sylla, mardi 31 mars 2009
Je suis déçu par cet article qui touche une question importante mais malheureusement passe à côté dans ses explications. Le mot clé du titre (euthanasie) n`a aucun rapport avec ce qui est développé dans le texte. On aurait mieux compris si tu avais décrit un cas et donner des éclairages à partir de ce cas pour démontrer que l’euthanasie est une pratique courante ou que la perfusion est abusivement rendue systématique. J’assimile plutôt ce texte à un cours sur les indications d’une perfusion. Mais dans un pays ou le recours tardif aux soins par les malades (pour diverses raisons dont la pauvreté et l’automédication par exemple) et dans un état de gravité (perte de conscience par exemple), y’a-t-il un autre choix de faire passer rapidement les médicaments sans utiliser la perfusion surtout si la cause du mal être est le paludisme, reconnu pour sa létalité élevée ? Pour moi, le problème de notre système de santé se trouve ailleurs : la formation n’est pas adaptée aux besoins (jusqu’à 1984 on ne recrutait que +/- 20 étudiants en médecine contre plusieurs milliers aujourd’hui et qui ne sont pas employés de surcroît), la formation continue des professionnels est inexistante, le manque criard d’équipements et de maintenance de l’existant, la non application de l’éthique médicale, le mauvais traitement des agents de santé qui doivent pourtant faire vivre leur famille (en reconnaissant qu’ils n’ont pas les même opportunités de voler comme le font par exemple le fonctionnaire d’un ministère), le clientélisme dans la gestion des ressources humaines, etc… Sans prise de position, depuis le départ des Dr Pathé Diallo et Kandioura Dramé, le ministère de la santé a toujours été géré par des cliniciens qui n’ont aucune vision de santé publique. Pire, nos derniers ministres se sont tous préoccupés de la santé du seul président et le reste du temps, organiser des missions ou faire des achats pour se bourrer les poches. Dommage !!! Alkhaly Sylla (alkhaly.sylla@yahoo.fr)
Bangaly Traore, lundi 30 mars 2009
Voila les consequences de la corruption du tyran feu conte et les barons du regime defunt.NB:la solution pour notre pays,c`est de finir les audits publics secteurs par secteurs afin de traduire les anciens ministres corrompus a la justice.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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