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Un mal qui répand la terreur et l’indignation Mal que l’État guinéen inventa pour enrichir les plus voyous des citoyens, La mal gouvernance, puisqu’il faut l’appeler par son nom, est capable d’enrichir en un seul jour les plus médiocres et les plus malhonnêtes de nous. Depuis des décennies, elle fait la guerre aux Guinéens en les exposant aux pires souffrances de leur existence. Ils ne meurent pas tous, mais tous sont frappés ; On en voit point d’occupés à chercher une véritable solution à cette tragédie. Nulles mains ne résistent à la tentation. Ni les partis politiques, ni les syndicats, ni la société civile, moins encore le gouvernement. Nul ne résiste à la tentation satanique de prendre sa ‘’part’’. Les gouvernements se succèdent, limogés les uns après les autres, pour les mêmes causes qui produisent toujours les mêmes effets. Le président ! Notre grand président de la république cède ses prérogatives et les reprend tranquillement sans préavis. Des premiers de ses ministres, il en fait des Premiers ministres quelque fois sans leur propre gouvernement. Certains seront même décorés du titre de premier ministre de consensus. Beaucoup des premiers des ministres de changement, travaillent dans la continuité, mais jamais de changement. Toujours les mêmes cabinets ministériels, sauf un, celui de notre président. Donnant l’exemple du changement, il est alors le seul bon gouvernant de ce pays. Lui, il fait du changement, c’est merveilleux. Fort de cette qualité, un jour, il tint alors sous le grand fromager du palais Sékoutouréya ce conseil populaire du peuple : Mesdames et Messieurs dit-il : « Pour nous laver de nos péchés liés à la mal gouvernance, Que le plus coupable de nous se sacrifie à la vindicte populaire, peut être, il obtiendra notre guérison collective et le pardon du peuple. L’histoire nous apprend qu’en de telles situations, on fait de pareils dévouements. Ne nous flattons donc point, voyons sans indulgence, l’état de notre conscience. Pour moi, le père de toute notre grande nation, Moi qui n’ai jamais perdus une seule bataille, Premier des généraux de notre vaillante armée, Satisfaisant quelques appétits affectifs, j’ai épousé de très belles premières dames de la République pour vous faire honneur. Grâce à de braves soldats de notre puissante armée, j’ai cultivé des milliers d’hectares de riz sans me préoccuper de leur rémunération. En m’offrant un parc automobile de voiture 4×4, je ne pense avoir fait du tort à personne. Les quelques concitoyens que je jette en prison, Que m’ont-ils fait ? Oh mon seigneur ! Ceux-là aussi que j’ai, d’une façon extra judiciaire tiré d’affaire en les sortant de prison, Que m’ont-ils donné ? Il m’est arrivé de ne même plus vouloir revoir certains de mes anciens serviteurs après leur renvoi : ces égarés qui n’ont rien compris de la guerre des clans à Sékoutouréya. Si vous jugez que je suis le responsable de la mal gouvernance qui nous mine tous, Je me dévouerais donc s’il le faut mais, je pense qu’il serait bon que chacun s’accuse ainsi que moi, car on doit souhaiter selon toute justice, que le plus coupable paye, pour calmer le courroux du peuple abusé. « Excellence, mon général » dit un des ministres premiers : Vous avez trop de scrupule et de modestie et qui font voir votre délicatesse et votre patriotisme ; Marier deux, trois, quatre et même cinq premières dames de la république ! N’est-ce pas un signe de vitalité, mais aussi de souci pour le relèvement rapide de la démographie de ce pays qui se meurt ? Mon général Président, puisque chacun de nous peut épouser une ou deux femmes, quoi de plus normal que vous épousiez une, deux ou cinq premières dames voir plus ; Où est le mal en cela ? Quant aux soldats, qui cultivent vos champs, je ne vois également nul péché en cela : Votre riz récolté ne nourrit-il pas nos frères de Guinée Bissau ? Mon Honorable général Président, les guinéens de la Guinée Conakry se joignent à eux pour vous bénir, c’est bien cela, la solidarité » Le ministre des finances ne tenait plus sur place, il s’avança en bousculant tout sur son chemin pour prendre le micro : « Mon bon général Président, vous êtes un chef exceptionnel, comment pouvez-vous être le responsable de la mal gouvernance ? Venir à la Banque centrale pour prendre quelques millions de francs guinéens et de devises ! Comment peut-on dire que cela constituerait un crime pour un homme de votre rang ? Avez-vous oublié que légalité n’exclue pas le mérite ? Quant à ceux que vous jetez ou sortez de prison, n’est ce pas beaucoup de publicité que vous leur faites ? Ils deviennent tous des célébrités grâce à vous ». Après son intervention, toute l’assistance applaudit. Personne n’osait reprendre ces propos pour ne pas déplacer une seule dangereuse virgule dans ses dires : Ministres, gouverneurs, préfets, partis politiques de la mouvance ou de l’opposition, syndicats, société civile, patronat et même les étudiants, Personne, vous dis-je, n’osait dire un seul mot contradictoire A écouter chacun, tous sans exception, était un petit saint. On donna la parole à KADATÖ-MORY, le jeune stagiaire Tout le monde l’écoutait religieusement Dans un calme digne d’une pareille circonstance il dit : « Après cinq ans d’étude universitaire, je fais un stage non rémunéré, dans une station d’essence, à vingt cinq km de mon domicile. Un jour, suite à une fermeture tardive de la station, n’ayant pas un seul centime pour prendre un taxi car les magbanas ne circulant pas de nuit, il m’est arrivé de prendre dans la caisse de la station, deux mille francs guinéens. Je savais que je ne devais pas prendre cette somme qui ne m’appartenait pas ». A ces mots, tout le monde cria haro sur KADATÖ-MORY Ce fut un tollé général. Le ministre de la sécurité tira de sa poche son sifflet, Siffla d’un coup sec pour se faire entendre et dit : « Enfin voilà d’où vient le péché de la mal gouvernance qui s’abat sur nous tous ! Des jeunes pour lesquels nous nous saignons pour leur insertion dans la vie pratique par des stages, voilà qui volent dans les caisses des patrons des entreprises ! C’est bien des jeunes comme celui-ci qui sont les responsables de tous nos maux. Il faut les extirper de nos rangs et les jeter tous en prison ensuite Il faut organiser des prières dans toutes les églises et mosquées du pays, pour calmer la colère de notre Dieu et attirer sa clémence sur nos gouvernants. En Guinée, selon que vous soyez bon ou médiocre, les jugements des clans vous rendront riche ou pauvre. Moussa Kante pour www.guineeactu.com PS : je me suis inspiré des fables de Jean De La Fontaine dans : Les animaux malades de la peste, pour écrire ces quelques paraphrases.
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