mardi 23 février 2010
Les grands chantiers d’Aboubacar Sylla
Aboubacar Sylla

Vendredi 19 février, le nouveau ministre de la Communication a pris fonction. Aboubacar Sylla qui n’est plus à présenter sur la scène publique revient dans ce département qu’il connaît bien pour l’avoir déjà géré pendant six mois en 2006.

La cérémonie de prise de fonction du nouveau ministre de la Communication s’est déroulée dans l’enceinte de la cour du dit département, en plein air.

Plusieurs personnalités avaient fait le déplacement ainsi que des journalistes des médias publics et privés. La prise de fonction comprenait deux volets, à savoir celle entre M. Aboubacar Sylla et Cheick Fantamady, puis celle portant sur le département de la Culture et des Arts qui a été confié à Fodéba Isto Keira. Le département de l’Information ayant été scindé en deux nouveaux ministères, à savoir le ministère de la Communication et celui des Arts et de la culture.

Ainsi les nouveaux promus sont donc Aboubacar Sylla, leader politique, président de l’Union des forces du changement (UFC) qui hérite du département de la Communication, et Fodéba Isto Keira, qui change de portefeuille en quittant la Jeunesse et les sports pour la Culture et les Arts. Quelle baraka ! Pour ce jeune cadre qui pourtant ne fait pas l’unanimité en matière de compétence et de probité morale. Mais quand on a de l’entregent, on peut avoir ce qu’on veut ici bas. N’empêche, Isto Keira connaît le monde de la Culture, qui se résume à la musique en Guinée, sur le bout des doigts. Il pourra donc s’en sortir.

Présidée par le Secrétaire général du gouvernement, M. Sékou Kissi Camara, cette cérémonie de prise de fonction a enregistré plusieurs interventions. Il y a eu tour à tour le discours de Sékou Kissi Camara, en personne, celui du chef de Cabinet et du Secrétaire général du département.

Ce dernier, qui est aussi le porte-voix de la section syndicale, a mis l’occasion à profit pour égratigner le ministre sortant dont le bilan ne serait pas reluisant, selon lui.

Prenant la parole à son tour, le ministre sortant s’est lancé dans un discours long et creux. Et faisant fi des critiques pertinentes de la section syndicale, Cheik Fantamady Condé dit n’avoir aucun regret dans sa gestion.

Pour lui, même s’il n’a pratiquement passé que 2 mois à la tête du ministère de l’Information, il part la tête haute, après avoir réalisé quelques actions concrètes. Notamment, l’engagement d’une soixantaine de stagiaires de la RTG, le fonctionnement de façon séparée de la RTG1 et de la RTG2, le lancement de deux nouvelles radios communautaires à Tougué et Mali, deux préfectures de la moyenne Guinée, le rétablissement des images de la RTG sur satellite, qui étaient brouillées depuis belle lurette.

Un bilan somme toute maigre à en croire ses détracteurs. Qui ne pardonnent pas au ministre sortant d’avoir tenté de tuer les initiatives à la RTG, où il s’était entouré de « has been », qui n’avaient pour seule mission que de cultiver la haine à travers des billets aux relents démagogiques, servis quotidiennement au public.

Après la prestation de M. Condé, l’honneur est revenu au nouveau ministre de la Communication de prendre la parole. Réputé pour son pragmatisme et sa rigueur dans la gestion, Aboubacar Sylla n’ira pas par quatre chemins en annonçant la mission qu’il s’assigne au cours de cette transition. Et surtout avertissant les partisans du moindre effort de sa détermination à lutter contre « l’incompétence, l’inefficacité et l’insouciance dans le service au sein du département ». Après avoir rendu grâce au président de la transition et au Premier ministre qui l’ont choisi pour diriger le département de la Communication en cette phase cruciale où se joue l’avenir de la Guinée, le nouveau ministre a exprimé son souhait de voir la Guinée organiser des élections libres et démocratiques, au terme de la transition. Qui permettront aux Guinéens de sortir de ce bourbier.

Selon Aboubacar Sylla, malgré « la foultitude des départements (32 ministères plus 2 secrétariats généraux), le gros du travail sera abattu par deux départements. A savoir le ministère de l’Administration du territoire et des affaires politiques et le département de la Communication ». Ainsi en ce qui concerne son département, il indique que les défis à relever sont immenses. Et qu’ils se résument en trois volets, à savoir : renforcer la cohésion sociale, réussir la transition politique et le défi de développement économique et la promotion de la culture guinéenne. Ces trois secteurs menés à bon escient permettront selon lui, de jeter les jalons d’un développement harmonieux et radieux dont le Guinéen a toujours rêvé. « Notre ministère a pour vocation d’accompagner tous les secteurs dans leur évolution », a souligné le nouveau ministre de la Communication. Et de rappeler que la communication est l’épicentre de tout développement. Insuffler une nouvelle dynamique à la Communication

Pour relever les défis qu’il s’est fixé, Aboubacar Sylla ne lésinera pas sur les moyens. Pour lui, il faut immédiatement insuffler une nouvelle dynamique au sein du département de Communication. Cette dynamique exige, selon M. Sylla, l’élaboration d’une nouvelle politique de communication, l’utilisation des ressources humaines. A cet effet, il envisage d’ores et déjà une restructuration au sein du département. Ceci pour mettre « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut, afin, dit-il, de redorer le blason de la RTG qui a trop souffert de l’incompétence et de l’indolence de certains cadres ».

« Il n’y aura pas de règlements de comptes, il n’y aura pas de chasse aux sorcières », a prévenu le chef du département. Avant de préciser aussi qu’il n’y aura pas de prime à l’incompétence et à l’indolence, au laisser-aller et à la gabegie ».

Tout en exhortant les cadres du département au travail, Aboubacar Sylla promet de ne ménager aucun effort pour doter le ministère d’outils techniques nécessaires, indispensables pour un travail de qualité et efficient, parce que, reconnaît-t-il, « quelle que soit la bonne volonté des uns et des autres, quel que soit leur engagement, quelles que soient la pertinence et l’efficacité des politiques mises en œuvre, quand les moyens n’existent pas, il n’est pas possible d’atteindre ses objectifs ».

Ce discours novateur d’Aboubacar Sylla a été suivi par celui de son homologue de la Culture et des arts, Fodéba Isto Keira, qui a lui aussi saisi l’occasion pour s’engager à relancer la culture nationale.

La cérémonie a pris fin par la signature des PV (Procès verbaux) entre le ministre sortant et ses deux successeurs.


Samory Keita
Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
 

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Vos commentaires
Sékou Oumar Camara, vendredi 26 février 2010
J`aurais préféré comme titre, "les chantiers de Aboubacar Sylla". Il faut éviter la grandiloquence...Scandale géologique...stade olympique de Labé...Stade olympique de Friguiagbé...Sylla a le profil. Tout le monde le sait. Inutile d`en rajouter!

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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