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Les pétaudières dans lesquelles règne une véritable cacophonie ne se voient pas seulement dans des républiques dites bananières mais aussi dans des pays dits de grande démocratie comme chez Jeanne d’Arc et Jean Bart. Ainsi, le gouvernement de Sarkozy est un cocktail explosif Gauche-Droite. Les détonations et détonements étaient inévitables, chacun voulant instinctivement aller dans sa direction au tournant des affaires politiques. Ainsi, la rupture prônée par Sarkozy laisse à désirer. La politique coloniale au Tchad vient de se montrer avec le dénouement spectaculaire de cette affaire de l’Arche de Zoé. Et comme si ce dédit ne suffisait pas, il fallait aller traiter affaires en oubliant les droits de l’homme et les libertés démocratiques. Seulement, on avait oublié ou feint d’avoir oublié le passage obligatoire de la flamme olympique. Ce qui est grave, c’est que certains ignorent le contexte socio-historique de ce pays composé depuis les temps immémoriaux de petits royaumes qui se livraient des guerres intestines interminables. Aux temps modernes, Taïwan donne encore envie aux Tibétains qui ne parlent pas le même langage avec leur chef spirituel, le Dalaï Lama. Ils sont tous conscients qu’ils ne peuvent demander l’indépendance mais voyant la Chine au pied du mur avec la grande médiatisation des Jeux olympiques, ils veulent l’enquiquiner tant que faire se peut devant l’opinion. 
| | Rama Yade et Bernard Kouchner | Rama Yade parle de conditions à la présence de Nicolas Sarkozy à la cérémonie d’ouverture, Bernard Kouchner dément et Nicolas Sarkozy, après des manifestations contre la flamme olympique à Londres et à Paris, vient de faire connaître les conditions, au grand dam de certains patrons et chefs d’entreprises, qui doivent craindre pour leurs produits. Voilà que George Bush vient aussi de se montrer dubitatif mais comme Coca Cola est sponsor leader de ces Jeux, attendons de voir. Une politique sournoise se cache derrière ces Jeux.
Pour ruer dans les brancards, Rama Yade n’a pas son pareil dans l’Hexagone comme pétroleuse. On se souvient encore de ses propos embarrassants quand Kadhafi était allé narguer tout le monde pour signer des contrats de 10 milliards d’Euros. Sont-ils finalisés, emballés et gagnés, ces contrats ? Certains pensent que si tous les contrats déjà signés souffrent dans les délais d’exécution, la cacophonie risque d’être plus grande encore. Dans cette France exemplaire de liberté démocratique, on a bien du mal à trouver à qui se fier pour une politique générale. Parlant des contrats avec la Libye, une grosse cacophonie vient de se produire aussi au pays des Lansanas, une autre pétaudière, plus petite et presque invisible, par rapport à la précédente. D’abord, une galéjade : le 28 mars, le ministre des finances affirmait qu’aucune mesure n’est prise concernant la hausse du prix des carburants. Les syndicats désamorçaient la grève annoncée pour le 31 mars et exigeaient que les mesures d’accompagnement soient prises avant l’augmentation. Et comme les travailleurs n’ont appris aucune augmentation sur leur salaire du mois de mars, ils ont dormi sur leur laurier. A la surprise générale, le 31 mars, le ministre du commerce annonce une augmentation de 62,79% et les transports piquaient à 62,5% le 1er avril, et ce n’était pas un poisson d’avril comme celui qu’Emile Bamba Mato Zomou, l’ingénieur de son de la RTG, avait pêché un jour qu’il était fauché et assis dans le studio. Il fit annoncer qu’il avait ramassé un diamant de 300 carats dans les mines abandonnées du concasseur. La nouvelle fit le tour de la Guinée en un clin d’œil. Les lendemains, le plaisantin voyait venir et venir des parents et amis de Nzérékoré, de Lola et qu’il avait perdu de vue depuis des lustres ; et le pauvre ne roulait pas sur l’or, loin s’en faut, il est comme Job. Qu’il s’amuse à jouer encore à ce jeu. Le transport Conakry-N’zérékoré.. . 
| | Les deux Lansana | L’autre gros poisson de mars mais pêché en avril est celui que le grand Lansana a offert au premier Lansana exactement le 4 avril dernier. Notre général national est original. On se rappelle qu’il avait signé le 4 avril 2006 un décret portant remaniement du gouvernement proposé par Cellou Dalein Diallo, gouvernement dans lequel Tibou avait eu le portefeuille de la communication pour une nuit. Le lendemain, et lui et Dalein ont eu une gueule de bois étourdissante : Cellou Dalein était démis pour « faute grave ». Comme les fautes graves en Guinée n’ont pas besoin d’explication, l’affaire était classée. La suite, on la connaît avec Fodé Bangoura et Eugène Camara et la venue de Lansana Kouyaté.
Comme Lansana Conté aime poétiser ses actes en les faisant coïncider aux mêmes dates, il se pourrait qu’une surprise soit derrière ce décret. Attendez de savoir laquelle ! Le vendredi 4 avril, le contrat donnant les hôtels Camayenne et autres aux Libyens par Lansana Kouyaté a été annulé par Lansana Conté. Et comme le PM s’abritait trop derrière le Guide libyen, le général guinéen lui charge, lui-même, d’en exercer l’exécution. quolibet ou camouflet, allez savoir ! Ce qui est clair, c’est que l’année 2008 commence on ne peut plus mal pour le PM. La question qu’on peut se poser est de savoir ce qu’il adviendra du reste des multiples investissements libyens en projet: Banques, assurances, Agriculture, élevage, mines, logement, eau, électricité, ponts, routes, pêche, éducation, santé, Salguidia et on en passe. François Lounseny Fall avait échoué avec la Sogepam, il à pris la tangente ; Cellou Dalein avait échoué avec la Sonatel et son remaniement ministériel, il a été démis ; Fodé Bangoura s’était heurté à l’homme d’affaire Mamadou Sylla en l’envoyant au gnouf, il n’a pas tenu longtemps, il a été disgracié ; Voilà Lansana Kouyaté pris en tacle croisé et bloqué, personne ne le niera plus, comme l’on avait l’habitude de le faire. C’est vrai que le Premier ministre est bien ménagé par son mentor et homonyme : il n’est pas renvoyé et ne démissionne pas. Jusqu’à présent il est en place. Les prédécesseurs n’avaient pas eu autant d’indulgence. Reste à savoir quelle sera sa réaction et comment il fera pour appliquer le « décret satanique » pour lui tombé ce vendredi 4 avril. Décidément, l’homme du 3 avril 1984 reste toujours le maître d’avril puisque Kouyaté ne dit rien, de même que les syndicats. La mission du changement lui pend comme l’épée de Damoclès au-dessus de la tête. Le gouvernement né aux forceps n’a rien réussi véritablement depuis un an. Les résultats se font toujours attendre. La commission d’enquête nationale indépendante reste sans résultat sur les tueries de janvier-février 2007 ; la lutte contre la corruption et les audits n’arrivent pas à édifier l’opinion sur les délits de détournements et autres ; le transport est au point mort et les bus promis aux étudiants et élèves se font toujours invisibles ; l’eau est donnée aux populations comme à des voleurs, c’est-à-dire la nuit, à des heures indues ; l’électricité devient plus problématique avec des incertitudes de rationnement, les populations paient et le courant et les bougies, les accidents font des victimes sans aucun procès ni dédommagement pour les sinistres ; Les conflits domaniaux sont de plus en plus nombreux et restent sans solution ; la cherté de vie dépasse l’entendement ; les frontières restent plus poreuses qu’hier et tous les produits d’importation sont ré-exportés vers les pays limitrophes, à commencer par les produits pétroliers et les produits vivriers ; le poisson se commercialise en haute mer et ne rentre plus dans les débarcadères. Face à cette avalanche de misères, les Guinéens ne savent plus sur quel pied danser avec la hausse des prix de tous les produits sur le marché international. Que disent les syndicats, face à de telles difficultés des travailleurs et des populations sans emploi ? On ne parle plus de lutte contre la pauvreté. Quant aux syndicats, que disent-ils de cette mauvaise surprise qui a pris tout le monde de court ? Décidément, les Guinéens sont blasés d’être floués par tout le monde : gouvernement, syndicats, institutions républicaines, qui sont dans leurs petits souliers.. Comme pétaudière, on ne trouvera pas mieux. Comment éviter ce qui se passe dans les autres pays voisins? Que veut dire le silence des syndicats : silence complice ou silence coupable ? La question reste en l’air. A la revoyure ! On en est à la pose de la première pierre de cet édifice merveilleusement conçu dans les rêves de nombreux Guinéens qui avaient fondé, à tort ou à raison, leurs espoirs sur les constructeurs de cette Tour promise. Pourtant, tout avait été réuni pour que l’entreprise atteigne son but. Une année pour poser des pierres, pour louer les efforts de ces nombreux ouvriers commis à la tâche. Une année à survoler les mers et les océans, pour n’en tirer que des promesses et des souvenirs envoûtants. Les divergences auront eu raison du dialogue, de la concertation, des échanges entre les fils de la même Guinée. Cette Tour est devenue, malheureusement, celle de la division, de la haine, parce que les ouvriers qui ont mission de l’ériger refusent de parler le même langage. Sacrés missionnaires commis à l’impossible, il vous faut plus que du génie. Le choix n’aura été qu’à la hauteur des ambitions de ceux qui s’en sont donné le droit, au nom d’un peuple crédule et confiant en tout imposteur, beau parleur, marchand d’espoirs et de promesses, peut- être de morts, quand l’occasion s’y prête. Le pays se meurt. Pourtant, nous avouons avoir le même espoir, la même foi en l’avenir d’un pays que nous détruisons. La Guinée dans cet état nous fait noircir de honte. Pourquoi ne pas aller dans la même direction ? Fermer enfin, la chasse aux sorcières, brûler les pages d’une histoire qui nous divise ? Les présumés coupables et les victimes, d’hier et d’aujourd’hui, sont tous victimes de l’intolérance qui les habite. Ensemble, écrivons la nouvelle histoire d’une Guinée nouvelle, celle de la réconciliation, de la paix. Notre pays ne doit plus être un trésor pillé par ses gardiens, un paradis au milieu de l’enfer. Les ennemis de la Guinée se sont les Guinéens eux-mêmes. Faut-il oser le dire ? La conscience des préjudices causés à l’Etat est le début du changement. Le retard dans le développement de la Guinée est imputable à la démission des cadres intellectuels. Une implication plus offensive de cette classe aurait certainement permis d’en finir avec la médiocrité malicieuse des opportunistes qui hypothèquent le devenir d’un peuple tenu dans une pauvreté avilissante. Le changement n’est pas une option politique, c’est un besoin vital pour le peuple, tout comme le sang l’est pour le corps. La violence l’étouffe. Le dialogue qui sous-tend la concertation le renforce. Il n’a ni besoin de leader ni de meneur. C’est un processus irréversible qu’impose l’évolution de toute vie. La conscience d’être guinéen nous commande d’être utile à la Guinée. Combien sont-ils à avoir compris la nécessité de sauver enfin notre pays ? Thierno Dayèdio Barry, L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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