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C’est une lame de fond qui vient des entrailles de notre peuple, qui s’est levée et qui va s’étendre à la Guinée entière. Cette lame de fond, c’est le mouvement des femmes guinéennes qui ont décidé de se dresser pour changer la Guinée.
Chères compatriotes, levons-nous. Attachons nos pagnes bien fort et allons au combat. D’abord pour notre propre libération, pour la conquête de l’égalité entre hommes et femmes, pour la parité absolue dans l’exercice des droits civiques, aussi bien à l’Assemblée nationale qu’au Gouvernement, ainsi que dans toutes les organisations de la société civile.
Nous n’accepterons plus d’être marginalisées, d’occuper une position médiate dans la société.
Comment voulez-vous qu’un pays s’émancipe si plus de la moitié de sa population, en l’occurrence les femmes, est opprimée, brimée quotidiennement, soumise à toutes sortes d’exactions dont les sévices corporels, la tyrannie des mâles plus forts physiquement ?
Nous avons à l’ordre du jour le rétablissement dans notre pays d’un régime politique démocratique.
Il est vrai que la prise du pouvoir, le 23 Décembre 2008, par la junte militaire dirigée par le capitaine Daddis, a été une rupture salutaire, qui a créé les conditions nécessaires du changement. Si celles-ci sont nécessaires, elles ne sont pas suffisantes. Il faut aller plus loin.
Le CNDD doit aussi veiller à organiser des élections propres.
Et dans ce processus, les femmes et les jeunes, deux catégories sociales toujours marginalisées, doivent jouer un rôle capital.
J’appelle toutes les Guinéennes à se donner la main, au-delà des partis politiques ou des associations auxquelles elles sont affiliées, pour former un vaste mouvement destiné à mettre notre pays sur la voie du développement économique et social.
C’est quoi le développement ? C’est donner la possibilité à tout le monde d’apprendre à lire et à écrire, et pour la majeure partie de la population d’aller au-delà du cycle de l’école primaire. C’est donner la possibilité à tout le monde de manger à sa faim, de se vêtir correctement et d’avoir un toit décent.
Je suis révoltée de voir la Guinée, qui est potentiellement le pays le plus riche de l’Afrique de l’Ouest, figurer parmi les économies les plus pauvres de la région ouest-africaine.
Comment pouvons-nous accepter le visage que présente aujourd’hui la capitale de notre pays, Conakry ? Ne voyez-vous pas ces femmes qui, toute la journée, sont en quête d’eau, font la queue pour trouver du poisson dans l’une des côtes les plus poissonneuses de la façade Atlantique de l’Afrique ? Et l’état des télécommunications, de l’approvisionnement en électricité, du réseau routier, etc… ?
Cela est intolérable ! Il faut un changement complet du régime politique de notre pays, car c’est la politique qui conditionne l’économie. Et les femmes peuvent contribuer à ce changement.
« La femme est l’avenir de l’homme », a écrit le poète progressiste Louis Aragon. Nous devons rappeler cette vérité fondamentale aux hommes guinéens.
Vive le mouvement des femmes guinéennes !
Vive la Guinée !
Je vous remercie de votre aimable attention.
Adjidjatou Barry Baud
Administratrice de www.guineeactu.com
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