mardi 10 juin 2008
Les examens de fin d’année compromis !

L’intersyndicale de l’Education (FSPE-Slecg) avait menacé de passer à l’action dès ce mardi, à travers son avis de grève lancé le mois dernier. Les Ecoles seront donc fermées, pour cause de grève, et ce, jusqu’à la satisfaction de leurs revendications. Ce qui, du coup, compromet le déroulement des examens de fin d’année, dont le calendrier a été pourtant  fixé par les autorités de l’Education.

Le mouvement de revendication des militaires qui s’est vite transformé en mutinerie du 26 au 30 mai dernier fait des émules. C’est le moins qu’on puisse dire face à la menace de grève qui plane sur le secteur de l’Education. En effet, les enseignants ont remis sur la table leur plate forme revendicative, dans une version  revue et corrigée. Dans cette plate forme revendicative, l’Intersyndicale de l’Education exige l’application du protocole d’accord de janvier 2007. D’autres points figurent aussi sur cette plate forme, il s’agit entre autres du « reclassement et la prise en charge des enseignants admis aux différents examens professionnels CAP et deuxième certificat, la nomination aux différents postes de responsabilité de nouveaux cadres, au niveau de toutes les structures du système de l'éducation,  le paiement avec rappel à la fin du mois de mai 2008 des 25 points de la valeur du point d'indice en faveur des enseignants et chercheurs de Guinée, le  paiement intégral des primes et indemnités consacrées par le statut particulier du personnel de l'éducation, la prise en charge salariale de tous les enseignants  contractuels déjà engagés à la fonction publique ». Bamba Camara et ses hommes ont bien choisi le moment pour débrayer. Les périodes d’examen étant proches, ils veulent tirer sur la corde pour faire plier le nouveau Premier ministre, dont la préoccupation première demeure pour le moment la formation de son équipe.

Pour prévenir tout débordement face a cette autre grogne, le gouvernement a reporté les examens, par deux fois de suite. Craignant sans doute un remake des événements de  juin 2006, où les élèves avaient pris la rue pour protester contre le manque de surveillants dans les salles d’examens, suite à un mouvement de grève que l’Intersyndicale avait déclenché pour les mêmes problèmes de subsistance. Les forces de l’ordre qui avaient été déployées aux trousses des manifestants,  avaient tiré sans sommation, et à balles réelles. Faisant une dizaine de victimes dans les rangs des jeunes lycéens. Le Dr Ahmed Tidiane Souaré doit éviter un tel piège. Il ne faudrait surtout pas autoriser la tenue des examens, sans que le mot d’ordre de grève ne soit levé. Même si le ministre de l’Education, le Dr Ousmane Souaré, lui, a tenu à rassurer les parents d’élèves et les candidats quant au déroulement des examens aux dates indiquées, ce, malgré la grogne. La plupart des parents d’élèves pensent que les enseignants en font trop. Et que le moment ne serait pas opportun pour déclencher un mouvement de grève. Vu le contexte socio-économique difficile dans lequel se trouve la Guinée, dont les indicateurs économiques sont tous au rouge. Sans oublier que le changement intervenu récemment à la tête du gouvernement, avec la nomination de Ahmed Tidiane Souaré en remplacement de Lansana Kouyaté, entraîne un certain blocage au niveau du fonctionnement de l’appareil d’Etat. L’Intersyndicale en cautionnant cette grève, n’a nullement donné de période de grâce au nouveau PM. Pourtant, après avoir condamné de façon virulente la nomination de Souaré, les syndicats à travers Louis M’Bemba Soumah, s’étaient rétractés,  en promettant une collaboration franche avec lui. Etant donné que le peuple l’a accepté, avait déclaré Louis M’Bemba, au sortir du tête à tête qu’ils ont eu avec le nouveau PM, le 30 mai dernier.

Les enseignants ont intérêt à mettre de l’eau dans leur vin, au risque de saper les actions du gouvernement en gestation, qui va regrouper toutes les sensibilités du pays. « Les Ecoles sont les lignes de fortification de la République » a dit Horace Mann. Mais l’école guinéenne, elle, est plutôt une des sources d’instabilité de notre pays.

Dian Baldé
Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Camus Matoma, mardi 10 juin 2008
Guineennes et Guineens, je crois, que le P. Lansana Conté a creer la pagaille dans le pays. Mais je suis sûre et certaine, qu`il ne pensera pas á resoudre les problèmes des civiles, étant donné que nous n`avons pas d`arme pour faire trembler son "Kimnbagni". S`il a pu arrenger ces militaires, étant donné qu`il a eu peur d`eux. nous devons passer par les moyens aussi pour qu`il sache que nous sommes aussi des guineens. Sur ceux , il y a des methodes differentes des armes. Mais cela est possible seulement dans l`union. Nous les pauvres guineens devons pas suivre les protégés du président, qui vivent bien et quelque soit les conditions de vie de la Guinée. Alors unissons nous pour avoir gain de cause auprès du P. LE G. Lansana Conté. Merci

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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