mercredi 12 mai 2010
Les ennemis de la presse agissent de nouveau

La patronne de la Société guinéenne de transport (SOGUITRANS) a fait arrêter Mahamed Fofana, un journaliste stagiaire au groupe de presse l’Indépendant -Le Démocrate ce mardi 10 mai à 17 heures. Notre confrère est actuellement détenu à la prison militaire du PM3.

Conduit comme un malpropre au PM3 de Conakry, le jeune journaliste est accusé ‘’d’escroquerie’’ pour avoir tout simplement visité les locaux de la SOGUITRANS qui serait sur le point de déposer son bilan.

Informé de la mise sur cale de près de dix (10) bus faute de pneus ou d’autres pièces de rechange, Mohamed Fofana a été envoyé par sa rédaction sur les lieux pour mener des enquêtes. Mais, c’était sans compter avec la manie de la nouvelle Directrice qualifiée de Staline au féminin par certains de ses travailleurs. Connue pour son autoritarisme, Madame Sangaré, avec le Commandant Mané, lui a tendu un guet-apens.

Informé de la présence d’un journaliste avec un appareil photo dans l’enceinte des locaux de la SOGUITRANS, le Commandant qui connait le tempérament de sa fameuse patronne panique, interpelle le jeune Fofana et aussitôt confisque son matériel.

Le jeune novice revient rendre compte à sa rédaction. Quelque temps après, Fofana repart aux nouvelles à la Soguitrans, accompagné de son collègue et aîné Samory Kéita. Rabroués par la patronne de la société, les deux journalistes quittent les lieux avec la ferme promesse de Dame Sangaré de rendre le matériel le lendemain mardi au jeune journaliste.

Comme convenu, Mohamed Fofana se présente à la Soguitrans ce mardi dans l’espoir de récupérer son matériel. Mais hélas, il se heurte à la volonté ferme de la directrice et de son sofa de Mané, qui lui promettent de lui faire payer cher tous les maux que lui auraient causé ses confrères journalistes qui se font souvent écho de la situation de la Soguitrans.

Actuellement en détention dans les locaux du PM3, Mohamed Fofana est accusé d’avoir escaladé le mur de la cour de la société.

A noter que cette dérive intervient quelques heures après l’adoption par le CNT (Conseil National de Transition) de la nouvelle loi sur la presse qui consacre la dépénalisation du délit de presse. Autant dire que les prédateurs de la presse ne sont pas décidés à faire peau neuve. Nous y reviendrons!


Amadou N’Diaré Diallo
de Conakry pour www.guineeactu.com

Retour     Imprimer cet article.    


Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
© Tous droits réservés guineeActu.com 2011