|
Pour tous les hommes avertis, la nomination du Dr Ahmed Tidiane Souaré à la Primature relance les activités politiques dans le pays, offrant, du coup, un moyen sûr à nos leaders politiques et à ceux de la société civile de s’exprimer par rapport au devenir de la Guinée. Nous avons traité le cas du RPG par rapport à son refus d’entrer dans la mouvance gouvernementale suite à la proposition du nouveau PM d’associer toutes les forces vives du pays à la gestion nationale, sur instruction du chef de l’Etat, le Général Lansana Conté. « Seul contre tous ? » était une interrogation qui devait alerter l’opinion nationale et internationale sur ce fait non pas nouveau, mais caractéristique d’une attitude qui a toujours fait la particularité du Rassemblement du peuple de Guinée d’Alpha Condé et de ses lieutenants. Les propos et déclarations sur les raisons de cette prise de position nous édifient sur les dessous non dévoilés, et nous laissent sur notre faim, quand on sait que le terrain politique est surtout l’espace des concessions et des séparations élégantes ou non. Comme le RPG, l’UFD de Badiko s’est aussi démarquée de la mouvance gouvernementale en formation en Guinée. Point besoin d’entrevoir la différence entre les deux qui disent non aux postes ministériels en perspective. Si l’UFD se dit disposée à partager les meilleures pratiques du futur gouvernement, le RPG se refuse à toute concession et dit ne jamais se compromettre en travaillant avec une quelconque équipe gouvernementale sous le Président CONTE. De ce point de vue, Alpha Condé et ses hommes sont libres de leurs opinions et prouvent à suffisance qu’il existe une liberté de choix en Guinée, tout autant que le respect de la différence. C’est donc trois groupes distincts qui s’affichent devant la population, à savoir le groupe ou la coalition pro-gouvernementale composée du PUP (le parti au pouvoir) et de toutes les formations politiques qui vont siéger au conseil des ministres suite à la formation l’équipe Souaré. Vous pouvez reconnaître les leaders politiques traditionnels ou leurs représentants. Ce groupe hétoroclite se débattra à trouver un consensus en son sein, pour aplanir les positions et proposer les solutions à même de soulager nos populations, prélude à la campagne législative qui se pointe à l’horizon 2009. Le RPG se retrouve dans le rôle qu’il prétend défendre et qui ne s’apparente qu’à celui de l’opposition radicale, pure et dure qui, jamais, ne va négocier avec le régime du Général Conté, même lorsque des possibilités lui sont offertes sur un plateau d’or. Il paraît que c’est pour uniquement défendre les intérêts du peuple de Guinée, à en croire la dernière déclaration du parti et une interview d’un cadre de sa direction. Nous le leur concédons, mais que ceux qui ont accepté de négocier avec le gouvernement ne se trompent plus, le centre du paysage politique revient automatiquement à l’autre formation qui a aussi rejeté l’offre du gouvernement avec des termes peu sévères – l’UFD de Badiko. Dans tous les cas, le pouvoir aura compris que l’ouverture aux autres est la voie du salut et qu’en solitaire, le terrain politique et économique devient de plus en plus déroulant et peu rassurant. Le PUP l’aura su à ses dépens, avec ses ratés et ses empoignades dignes d’un parti en quête de sa vocation. Pourtant, il est le parti au pouvoir doublé de sa suprématie à l’Assemblée Nationale. Cette Assemblée qui va tôt ou tard se recomposer en fonction de cette alliance au gouvernement SOUARE, si les leaders acceptent de jouer la carte de la transparence et de l’entraide de mutuelle. La Guinée se verra dotée, pour la première fois, d’un parlement aux origines soudées dans l’accord que les partis de la Mouvance gouvernementale et ceux de l’opposition (RPG – UFD) auront accepté de pratiquer dans le respect absolu des règles démocratiques. L’UPG de Jean Marie Doré, l’UFR de Sidya Touré, l’UFDG de Cellou Dalein et l’UPR de Bah Ousmane, plus d’autres petites formations de l’ancienne mouvance Présidentielle ou de l’ancienne opposition qui animait les forces vives du changement, tous ont un point d’honneur à faire réussir cette énième alliance politique. C’est dans l’unité que la victoire sera possible avec des retombées certaines pour le pays du 28 Septembre 1958. Le Professeur Alpha Condé va quitter les bords de la Seine à Paris, pour venir contribuer de vive voix et en personne au débat. S’il n’est pas le candidat éternel absent du paysage, sa silhouette doit être confondue avec ceux des autres leaders en débat continu sur la crise politique et économique. Peut-être que Badiko ne tardera pas non plus à regagner le pays, car la nouvelle donne exige de nous de les contacter pour mieux éclairer les lecteurs et les populations sur leurs visions. Ceci est important, vu le nombre écrasant d’analphabètes dans le pays. C’est autant pour tous ceux qui tiennent à se faire entendre et mieux, à s’exprimer librement dans l’esprit du dialogue. Nous souhaitons que les préjugés ethnicistes et régionalistes soient hors des cercles de débats, afin de donner la chance aux Guinéens d’être à la pointe des Etats émergeants de notre région. Une pensée citoyenne nous invite à souhaiter l’émulation politique entre les anciens et les jeunes, pour construire la relève, pour que les sexagénaires espèrent sur une retraite méritée, après tant d’années de combats épiques. Ils sont nombreux ces leaders ayant fini de souffler les 70 bougies, quand 2009 nous talonne avec des espoirs de réussite des prochaines législatives, dans la transparence et l’équité. Aboubacar Sidick Sampil Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
|