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Suite donc au décret le nommant chef du gouvernement, le Premier ministre a jugé utile de vite annoncer sa toute première décision sous forme d’instruction à l’adresse surtout des membres du gouvernement sortant. Nous revenons sur les cinq points de ce document – boussole en prélude du discours de politique générale qui est encore en chantier : 1. Les chefs des départements ministériels sont chargés d’expédier les affaires courantes. Cette invite permet aux anciens ministres de jouer le rôle de transition en pareilles circonstances. Ils ont autorité de veiller sur les ressources humaines, matérielles et financières, pour que la machine administrative ne se grippe ou tombe en désuétude. Le risque à craindre est le fait que certains anciens ministres abusent des biens publics pendant ce laps de temps ou l’espoir du maintien au poste s’effrite minute par minute. Nous avons eu des exemples de comportements regrettables dans un passé récent. La vigilance est donc de mise. Tout dérapage sera dénoncé et sanctionné. 2. Les engagements de dépenses sans l’accord préalable du Premier ministre sont interdits. Un comité provisoire de trésorerie présidé par le Premier ministre est institué par la présente instruction. La première réunion du Comité s’est tenue le jeudi 29 mai 2008 à 10 heures dans les locaux de la Primature. Le ministre des finances est chargé de préparer cette réunion en rapport avec le cabinet du Premier ministre. Si cette décision est salutaire, il faut regretter l’intrusion du cabinet du PM, car ce cabinet est intimement lié à l’ensemble des malversations opérées du temps de Lansana Kouyaté du mauvais pour certains cadres incapables et corrompus qui n’ont jamais eu le courage ni de dénoncer, ni de protester contre la gabegie à la primature et pour cause, comment accepter de les mêler à cette réunion préparatoire du comité de trésorerie sans aplanir les rôles et les missions dans la structure de la primature. C’est là que le travail doit commencer pour la performance et l’efficacité requises, vu l’étendue du marasme social et économique. D’ailleurs, avant de s’atteler à composer le gouvernement, le PM doit avant tout s’occuper de sa propre structure et à l’intérieur même de la Primature où l’intelligentsia guinéenne doit se retrouver et non une cohorte d’amateurs invétérés de guerre de clans, décriés et incompétents. Nous gageons que si le PM nous lit et nous prête une oreille attentive, il évitera les fautes de son prédécesseur. Rien ne vaut de se précipiter pour après faire son mea culpa. 3. Est également interdite la signature de tout accord, convention contrat ou tout autre acte engageant juridiquement et financièrement l’Etat. C’est le clou de la course aux gains faciles. Pas besoin d’être expert en comptabilité ou en finances publiques pour savoir où se trouve le pot aux roses. Que de fonds dilapidés pour causes fallacieuses, des convention bidon et autres contrats totalement en violation des règles et principes de transparence et de redistribution des gains. Ils sont nombreux ces agents corrompus qui se sont sucrés dans ce jeu macabre sur les fonds publics. Pourvu que le PM lie la parole aux actes. 4. Les dépenses exécutées et les encaissements de recettes réalisés du 21 mai 2008 à la date de la présente instruction doivent faire l’objet de rapport et de justification à soumettre sans délai au ministère de l’Economie et des finances qui les présentera au fur et à mesure au Premier ministre. Sans être mesquins, cette mesure dite de sauvetage et de renforcement des capacités financières doit être soutenue et renforcer pour que chacun assume ses fautes durant la semaine que certains qualifient de noire pour les recettes. Parce que les fausses factures et le recyclage des dossiers juteux, consistent à l’enrichissement illicite habituel. Que le droit soit respecté en tous les cas. 5. Obligation est faite au Ministre de l’Economie et des finances de déposer quotidiennement à la Primature, l’état détaillé des encaissements effectués. Ces situations doivent être présentées par structure (régie financière pour les recettes et ministères pour les dépenses) et par nature. 6. C’est une mesure qui devrait être perpétuée pour permettre la sécurisation des recettes sauf qu’encore, il manque de répondant conséquent à la Primature où les cadres habitués au jeux de massacre des recettes à travers les voyages pompeux et onéreux autour des délégations de la Primature pour l’Etranger, du trafic des visas et autres facilités pécuniaires sur les projets commerciaux font frémir sur le bien fondé d’un tel contrôle. Qu’on y pense. Aboubacar Sidick SAMPIL Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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