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Le 28 septembre 2009 restera à jamais le lundi rouge d’un septembre noir ! Un choc mais pas une surprise. Le choc résulte de l’ampleur de cette violence de barbares commanditée par Dadis et ses conards d’acolytes, alcooliques et camés, tous coupables et responsables au même degré. Est-on obligé d’obéir à tout ordre ? Cependant nul ne devrait être surpris dans cette Guinée où tout est permis pour des bandes armées. Je regrette d’avoir eu raison de dire que ce pays se « westernise » !
Dadis a encore versé du sang. Je dis bien encore car ce n’est pas la première fois qu’il tue. On ne peut donc parler de péché originel pour le massacre que vient de commettre ce criminel qui ne vise qu’un seul objectif : son maintien au pouvoir.
La particularité de la Guinée est que tout peut y arriver sauf le meilleur.
Depuis sa fabrication, notre Armée Nationale n’a jamais été du côté de la nation. Elle demeure un vulgaire moyen de répression. Tout soldat peut s’autoproclamer supérieur à tout civil : il peut tuer, voler et violer en toute impunité.
Dadis n’a pas pris goût qu’au luxe ; il s’est délivré le permis permanent de tuer depuis son stage au Pont du 8 Novembre en janvier et février 2007. C’est difficile d’arrêter de tuer car la haine appelle la violence qui elle-même engendre la vengeance.
La soldatesque de Dadis était-elle en panne de gaz lacrymogène pour utiliser des balles réelles contre de paisibles citoyens ? Qu’ont-ils cassé, ces citoyens ? Se dirigeaient-ils vers le Stade du 28 Septembre pour s’exprimer pacifiquement ou vers le camp Alfa Yaya Diallo pour inquiéter Dadis ?
Ce qui vient de se passer n’est pas une bavure dont seraient victimes des manifestants incontrôlables mais un assassinat collectif prémédité de simples citoyens dans un endroit pourtant facile à sécuriser.
Tout doit changer à compter de ce 29 septembre. Le problème ne doit plus être d’empêcher Dadis d’être candidat à quoi que ce soit mais d’arrêter ce criminel dont les mains et les bottes sont imbibées de sang. Dadis et ses complices sont à traduire devant la Cour Pénale internationale. Dadis ne doit pas partir mais être arrêté !
Le CNDD n’a pas à trouver le remplaçant de Dadis car un fauteuil présidentiel doit être propre. Il doit plutôt céder la place à un autre Conseil, de courte durée, présidé par une personnalité consensuelle comme un Mgr Sarah.
Aujourd’hui, l’urgence n’est plus la tenue d’élections, même locales, mais la préservation de l’unité nationale menacée par des bandes armées, de marabouts pourris, de chefs de partis vendus, de vieillards corrompus et de sites électroniques au service de traîtres à la cause nationale. Tous les éléments de cette pourriture sont à traiter comme des collabos de Dadis !
La pédagogie est aussi de se répéter souvent. C’est pourquoi j’insiste sur le problème de l’unité nationale. Une conférence nationale souveraine n’est pas que souhaitable pour la Guinée. Elle est une thérapie collective indispensable aux Guinéens pour mettre tout à plat, indiquer la place de chaque institution (notamment redéfinir le rôle de l’armée) et repartir sur de nouvelles bases plus saines.
Ne nous trompons plus de combat. Ne critiquons même plus Dadis car ce serait une façon de d’accepter l’inacceptable. Il faut s’en débarrasser immédiatement en n’excluant aucune option.
Un combat peut être multiforme. On peut commencer par la désobéissance civile. L’Etat étant le plus gros employeur du pays, les fonctionnaires doivent faire grève. Dadis ne peut pas protéger tous ses collaborateurs. Si ces derniers ne démissionnent pas dans les jours qui viennent, ils doivent être considérés comme des cibles par les populations.
Il faut absolument soutenir tous ceux qui œuvrent contre Dadis. Nous devons doper les leaders des forces vives du pays en leur donnant le « viagra politique » nécessaire pour les durcir le combat commun et vaincre le criminel Dadis, ennemi de la nation !
Ibrahima Kylé DIALLO
www.guineeactu.com
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