mercredi 13 mai 2009
Les coulisses de la conférence de presse : La frayeur du gouverneur de la banque centrale

Le gouverneur de la Banque centrale a eu chaud lors de la conférence de presse du président Dadis sur le plateau de Koloma, le dimanche dernier. Tout allait bien quand le président a réclamé à Alhassane Barry la pile de dossiers pour montrer à la presse les documents montés de toutes pièces avec des « faux engagements » qu’auraient pris certains chefs de département pour sortir des fonds colossaux dans les caisses de l’Etat. Mais en s’exécutant, le gouverneur aura la maladresse de présenter un tableau récapitulatif plein de chiffres. Ce qui mettra Dadis dans tous ses états, et ne fera pas cadeau au gouverneur. Et d’un ton coléreux, réagira : « Laisse ces tableaux Alhassane. Tout ça c’est des montages. Je n’aime pas ça ! ». Perturbé, le gouverneur se perdra dans les dossiers. Mais Dadis n’avait pas fini. Il se lève avec l’envie de se jeter sur le gouverneur. « Alhassane, tu me déçois, quand je donne un ordre on l’exécute. Donne-moi tous les dossiers que j’ai rejetés dans mon bureau. Que ce soit pour n’importe quel ministre », martèle-t-il avant de reprendre place. Ce qui reste clair, c’est qu’Alhassane Barry a passé le dimanche dernier, l’un des pires quarts d’heure de son existence.

 

Sandé sort sur la pointe des pieds

Parmi nos ministres présents à cette conférence de presse, il y avait aussi celui des Finances, le grand argentier de l’Etat, le capitaine Mamadou Sandé. En costume noir ce jour, le jeune ministre semblait en pleine forme. Confortablement assis dans son fauteuil, derrière celui du président, Sandé sursautera en entendant son nom cité dans certains dossiers où il a apposé sa signature. Cette situation mettra notre ministre mal à l’aise. Mais il fera pour un départ, mine de ne pas être préoccupé par cette dénonciation. Il s’effondre dans son fauteuil, échange quelques mots avec son homologue de la justice. Comme s’il cherchait déjà quelqu’un à qui se confier. Mais ne pouvant peut- être plus supporter, Mamadou Sandé sortira de la salle sur la pointe des pieds. Il reste à savoir si les dossiers qu’il a signés étaient aussi des « montages », comme l’exprime le président Dadis.

 

La question qui irrita Dadis

M. le président, qu’en est-il de l’hélicoptère que l’Etat aurait acheté ? Tel est l’essentiel de la question qui sortira Dadis de ses gongs, après s’être montré au début, doux avec les journalistes. Posée par un confrère, le chef de la junte n’appréciera pas la question, qu’il qualifiera d’ « injure » à la souveraineté nationale. Apparemment dans tous ses états, il dira que c’est une offense à sa propre personne. « Cette question ne mérite pas d’être posée. C’est une insulte à la nation. La Guinée est le seul pays au monde qui n’a pas d’avion », déclare-t-il écoeuré. Et d’ajouter : « Regardez le Burkina, le Mali, le Sénégal et même la Gambie, tous ces pays ont leur propre avion. Pourquoi pas nous ? ». Et de conclure en ces termes : « Je ne répond pas à cette question », faisant ainsi regretter à ce journaliste le fait d’avoir posé ladite question.

 

Vers un statut particulier des journalistes de la RTG

Un autre évènement non le moindre à cette conférence de presse a été la promesse tenue par le président de signer le statut particulier des journalistes de la RTG. Cette promesse est venue suite à la doléance faite par leur porte parole de l’émission Kibaro. Elle étalera d’abord les difficultés rencontrées dans cette section pour ensuite soumettre au chef de l’Etat le problème de statut particulier des journalistes. « Déposez moi votre projet de statut pour que je le signe », a répondu Dadis à cette question. La réponse sera vivement acclamée par les journalistes de la RTG qui exprimaient ainsi leur joie. En obtenant ainsi son statut, la RTG rejoint les autres structures qui ont obtenu les leurs après des années de réclamation. Telles que la santé, l’éducation, la magistrature etc..

 

Samory Keita
Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
 

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Vos commentaires
Me LAMAH Dakar, vendredi 15 mai 2009
Le Président Dadis doit améliorer son attitude impulsive bien que naturelle envers ses collaborateurs surtout devant la camera. La dernière qui n`honore pas un chef d`Etat est celle qu`il a tenu à l`égard de Alhassane de la BCRG. Il doit le minimun de respect à l`égard de ses collaborateurs.
BALDE BOUBACAR(BELGIQUE), mercredi 13 mai 2009
Le capitaine Dadis peut etre une grande personnalité,seulement il est agressif.Pour moi c`est en acceptant les questions,les critiques,qu`on devient qualitatif.Du courage mon capitaine ,car rien n`est encore fait:Sans eaux, electricités,infractitures,l`histoire ne vous retiendra pas.Nous soutenos les acts posés jusqu`ici.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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