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L’on est peut-être en train d’assister de façon insidieuse à la partition de fait de la Guinée par le truchement de ses coordinations régionales. Après le Foutah, la Forêt et la Haute-Guinée, c’est au tour de la Basse-Côte de se doter, elle aussi, de sa coordination régionale complétant ainsi la tendance ethnocentrique actuelle du pays.
Suite à la dernière présidentielle du 07 Novembre 2010 marquée par un ethnicisme sans précédent dans l’histoire de la Guinée, par l’entremise notamment de la forte implication des coordinations régionales dans le jeu politique (l’on se souvient encore des alliances et marchandages politiques entre coordinations régionales, du rôle de nos « sages » dans « l’élection » du Président de la République), le paysage socio-politique guinéen est en train de se recomposer de façon inquiétante autour de l’appartenance spatio-ethnique. La réconciliation nationale prônée par le nouveau gouvernement n’étant plus d’actualité, l’héritage catastrophique des régimes précédents et l'incapacité manifeste d'AC à diriger le pays, le tout doublé d’une conjoncture économique de reprise, outre la gestion ethnocentrique de l’Etat presque innée de ce gouvernement, indiquent que l’ethnicisme a encore de beaux jours devant lui en Guinée avec des coordinations régionales appelées à jouer un rôle de plus en plus prépondérant. D’où le risque réel de voir se développer à long terme de véritables Etats dans l’Etat. La probabilité de voir également dans ce contexte l’influence de l’Etat central (de Sékhoutoureya) se minorer, voire de devenir pratiquement inopérante, n’est pas non plus une hypothèse à écarter. Tout comme il est légitime de s’interroger sur la future organisation politique de la Guinée (Fédération ? Comme au Nigeria ? Ou bien un Etat unitaire coexistant avec des coordinations régionales affirmées ? Cas similaire, par exemple, du Ghana avec des chefferies traditionnelles réelles côtoyant un pouvoir démocratique central).L’inquiétude reste aussi de mise dans cette nouvelle donne pour les années à venir, quand on sait que la violence est souvent la forme de règlement de nos différends.
A l’origine de simples organisations discrètes au rôle marginal, voire inexistantes, les coordinations régionales sont en train de gagner du terrain en Guinée, au grand dam peut-être de l’intégrité physique du pays. Alors qu’il est peut-être encore possible, en prenant de vraies dispositions patriotes, justes et responsables, de préserver la Guinée d’une éventuelle régionalisation.
Oury Baldé
www.guineeactu.com
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