mercredi 9 avril 2008
Les consommateurs guinéens se réveillent enfin

Suite aux augmentations des prix des produits sur le marché en Guinée, matérialisées par une cherté de vie qui commence à inquiéter les populations, certaines structures de la société civile ont exprimé leur volonté de demander des comptes au Gouvernement.

La marche pacifique de protestation que projette l’Union nationale pour la défense des consommateurs de Guinée, dans les jours à venir, marquera sans doute le début d’un processus social qui va amener l’autorité à comprendre que les Guinéens ont mûri  et ne peuvent se laisser tirer par le bout du nez. Cela résulte d’une prise de conscience sur leurs conditions de vie, l’accès au service public et surtout la sécurité alimentaire.

Etant donné que les salaires ne suivent pas, la rhétorique prend un coup dès qu’on essaye de convaincre les Guinéens de la nécessité de se mettre au diapason de la scène internationale. Piètre volonté des tenants du pouvoir, de n’avoir pas osé poser les véritables bases d’un réel changement. Ce qui les amène à imposer des prix qui frisent le mépris et l’abandon de l’idéal national.

Donc, certains citoyens ayant compris que le navire Guinée prenait le large avec trop de fissures sur les flancs, son sort étant devenu incertain et n’augurant rien de bon, ont décidé de demander des comptes au Gouvernement. C’est ainsi qu’ils  projettent une marche contre la cherté de vie dans les jours à venir.

Comme qui dirait « trop c’est trop », le peuple de Guinée en cette période est plus que solidaire de toutes les initiatives qui visent à réguler la montée vertigineuse des prix. Parlant de prix, ce sont les coûts des transports qui poussent, qui motivent toutes les autres augmentations. Comment résoudre cette question épineuse dont l’épicentre est hors de nos frontières, mais dont les conséquences sont subies par nos familles ? C’est le sens qu’il faut donner à « la marche » que projette de faire l’Union nationale pour la défense des consommateurs de Guinée.

L’un des leaders de cette structure de défense des droits des consommateurs, fonctionnaire de son état, revendique fort énergiquement ce réveil assez tardif. Parce que, dit-il, les travailleurs guinéens avaient pensé trouver dans les syndicats les véritables défenseurs de leurs droits. « Au résultat de cette augmentation, nous constatons leur démission » regrette-il. « C’est donc à la primature que la déclaration des organisateurs sera déposée pour attirer l’attention du gouvernement de façon officielle. Pour notre part, il s’agit de confectionner un plan de sortie de crise pouvant mener au rétablissement des équilibres socio-économiques. Autrement, les mesures d’accompagnement, l’analyse profonde des causes réelles de la crise et enfin les moyens et les hommes à  mettre en mouvement pour y parer aux éventuelles conséquences », a-t-il conclu.

Aboubacar Sidick Sampil, Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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