dimanche 23 mars 2008
Les confidences de Tibou Kamara
Tibou Kamara

Par rapport aux supputations les plus fantaisistes qui fusent de toutes les mauvaises volontés ayant accueilli la nomination du Confrère Tibou Kamara comme un fait contre nature, nous avons tendu le micro au président du CNC pour qu’il se définisse par rapport à son nouveau statut.

Le Démocrate : Monsieur le président, nous aimerions, pour commencer, que vous vous définissiez par rapport à votre nouveau statut, pour que ceux qui refusent de changer de mentalité sur votre personne, ne fassent plus d’amalgame entre Tibou Administrateur de « l’Observateur » et Tibou Président du CNC .

Tibou Kamara : Je  suis très heureux de pouvoir m’exprimer dans les colonnes du Démocrate, du groupe où j’ai fait mes premiers pas. Sous la lettre de Monsieur Aboubacar Sylla dont l’effort pour la promotion de la liberté d’expression et pour l’avènement d’une presse indépendante en Guinée est connu. Donc, à l’Indépendant, où j’ai fait mes débuts, je garde de très bons souvenirs de ma collaboration avec M. Aboubacar Sylla. J’ai tenu à mentionner cette relation professionnelle à partir de laquelle est née une profonde amitié, parce que je pense que l’un des plus grands drames dans notre pays c’est l’absence d’une culture de la reconnaissance. Reconnaissance du mérite, reconnaissance de la valeur intrinsèque des uns et des autres, reconnaissances de ce que chacun, à un moment donné, a pu faire pour que la Guinée rayonne et brille. Donc, vis-à-vis de l’Indépendant, personnellement, j’ai un sentiment de gratitude en particulier à l’endroit de son fondateur. Ceci étant, je conviens que ma nomination ici est une marque de confiance inestimable que le président de République a placée à moi et, à travers ma modeste personne, à toute une génération qui aspire légitimement à jouer un rôle de plus important dans la gestion des affaires publiques. Je pense donc que pour justifier et mériter cette marque de confiance il est de mon devoir de faire en sorte que l’institution à la tête de laquelle je me trouve, désormais, puisse jouer son rôle et occuper pleinement la  place qui lui revient de droit dans le concert des institutions et dans le processus de démocratisation de notre pays. Je crois que ce serait, peut-être, un peu difficile d’esquisser les priorités que j’ai, mais je puis vous dire que ce mandat que j’entame à la tête du CNC est placé sous le signe du renouveau. Il faut que le CNC remplisse les missions qui lui sont dévolues de par la loi, puisque toutes les fonctions sont d’ordre constitutionnel. Et en remplissant ces fonctions je pense que nous contribuerons à notre effort démocratique. Il faut noter que, jusqu’ici, le CNC a été perçu un peu comme un organe de répression de la presse, comme une cellule de censure des journalistes. Et c’est justement là où il y a le paradoxe. Le CNC, bien que chargé de la régulation des medias, dans sa philosophie même, est destiné à promouvoir les droits et les libertés des journalistes. Sur ce, je pense qu’en parlant de droit et de liberté des journalistes, il y a un certain nombre de choses indispensables à faire, pour améliorer les conditions de vie et du travail des journalistes, c’est pourquoi, dès le départ, j’ai eu à dire que l’un des combats que je vais mener, c’est de faire en sorte qu’on puisse accroître l’enveloppe de la subvention. Puisqu’il est évident aujourd’hui que l’apport de l’Etat à la promotion de la presse, bien que méritoire, est insuffisant. Ensuite, la presse a connu, aujourd’hui, un effort extraordinaire sur le terrain. Il y a un plus grand nombre de journaux aujourd’hui qu’au moment où la subvention a été instituée. En plus, il y a un phénomène nouveau dans le paysage médiatique privé qui est l’avènement des radios privées. Je pense que toutes ces mutations ont une incidence financière qui doit être prise en compte. Je pense aussi que la subvention n’a contribué ni à améliorer la presse dans son ensemble, ni elle n’a eu d’impact sur la vie des journalistes, c’est pourquoi, en accord avec les partenaires, je pense qu’une des propositions qu’on peut faire, c’est qu’une partie de la subvention, même symbolique, aille directement aux journaliste pour les récompenser pour l’effort consenti tout le long de l’année. Il y a aussi cette convention collective que nous voulons encourager. Parce que, nous estimons aussi que c’est une forme d’amélioration du statut du journaliste et, naturellement, à partir de là, il se sentira mieux protéger et moins vulnérable à toutes les tentations qui, jusqu’ici, ont fait le malheur de la presse. Il faut dire donc qu’il y a du travail à faire et la détermination ne manque pas. La volonté politique au niveau de l’Etat ne manque pas aussi, et je sens par l’enthousiasme que beaucoup de gens manifestent depuis ma nomination, il y a une réelle aspiration à une révolution dans le domaine des medias. Et surtout les journalistes attendent beaucoup du CNC, par rapport à l’amélioration de leur cadre de travail. J’essayerai avec le concours et la bonne volonté de chacun et de tous de combler toutes ces espérances.

M. le président du CNC avez-vous déjà pris de contacts avec les partenaires pour la promotion de la presse en Guinée ?

Je dirais que des contacts sont déjà amorcés avec les pays amis comme la France. Ainsi qu’avec les Etats-Unis et d’autres institutions habituellement intervenant dans la promotion des medias et de la démocratie. Des contacts sont également prévus. Je pense déjà que nous pouvons dire, qu’à travers l’ambassade de France, il y a une enveloppe de 1. 200 .000 euros sur trois (3) ans qui sera disponible dans les prochains mois et qui, pour l’essentiel, sera consacré à la formation des journalistes et au renforcement des capacités humaines dans les médias .Au niveau du C N C, nous réfléchissons, d’ores et déjà au programme de formation et de stage pour les journalistes, de manière à ce que, au contact d’autres confrères, ils puissent avoir une expérience  beaucoup  plus grande, pour  limiter les risques du dérapage que nous avons connus jusqu’à maintenant. Je pense, qu’avec l’Etat, à travers, notamment le président de la République, des possibilités  nouvelles s’offrent au C N C, pour intervenir avec plus d’efficacité dans les missions qui lui  ont été imparties. Je puis vous dire que la phase active du mandat a commencé.

Par rapport à la subvention annuelle de la presse par l’Etat, le CNC a-t-il déjà envisagé des critères dans le cadre de la distribution des fonds ?

Ce que je peux vous dire, et que j’ai dit, la subvention  ne sera plus un droit naturel, il faut la mériter. Puisque c’est un effort que l’Etat entend récompenser, en instituant la subvention. C’est d’autant plus nécessaire de faire de cette mutation que, comme on l’a remarqué, jusqu’à présent, depuis que la subvention a été instituée, elle n’a pas du tout contribué à améliorer la qualité de la presse encore moins à changer les conditions de vie des journalistes. On peut même dire qu’elle a beaucoup plus desservie la presse qu’elle n’a réellement servi à sa promotion. Et en plus, il y a le fait que la subvention n’a pas réellement profité à la promotion des organes et n’a pas été ressenti par les journalistes comme étant un moyen de les aider à se prendre mieux en charge. Donc, des critères seront définis sur la base de l’effort et du mérité de chacun et de tous. Ceci se fera aussi sur la base d’une concertation avec les administrateurs d’organes de presse et des journalistes.

Est-ce que  les reporters seront désormais intéressés par cette subvention que l’Etat donne à la presse ?      

Il faut dire que la subvention telle qu’elle a été pratiquée jusqu’à maintenant, va aux directions des journaux. Mais nous noue proposons de faire en sorte que les différents responsables qui sont les principaux bénéficiaires de cette subvention essaient de la gérer au mieux, dans les intérêts de leurs organes et de ceux qui animent ces organes. C’est dire, qu’en tout état de cause, il faut changer les critères de répartition de la subvention, pour qu’elle soit profitable à la promotion de la presse et à l’amélioration des conditions de vie des journalistes.

Propos recueillis par Samory Keïta
Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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Vos commentaires
momo, lundi 24 mars 2008
Nimporte quoi ,vous auriez quand meme pu lui demandé pourkoi il a 34 alors que pour occupé ce poste de president il doit avoir au minimum 40 ans. Et si il est vraiment venu pour aidé la guinee pourquoi a t`il alors accepté ce poste sachant tres bien que c`est une violation pure et simple de la lois.Un journaliste sinsere aurait insisté sur le pkoi mais bon.... MOMO

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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