mercredi 26 mars 2008
Les collabos de Sekou en galopade !
Benn Pepito

Hou! Hou! Connectez-vous là! L'on va vous bassiner comme toujours de beaucoup de littératures et de parlotes pour baver sur tous ces collabos du sanguinaire Sekou Touré en galopade pour le trône. Haaa...ha! Ils ne donnent plus le Général président Lansana Conté longtemps à régner. C'est vrai que le gâteux dictateur porte sa mort comme le fruit porte son noyau. Il est sérieusement malmené par la maladie et l'âge, rappelant très comiquement "Le Général dans son Labyrinthe" de Gabriel Garcia Marquez. Le Général Lansana Conté est mourant dans son labyrinthe mais le thanatos n'arrive pas encore à vaincre son éros. L'issue du combat est inéluctablement une victoire du thanatos. Pour quand ? Les Oracles l'ont certainement soufflé dans les narines du kid de la Primature qu'est Diahannama Kouyaté. C'est pourquoi il ne se tient peut-être plus tranquille. Sentant la mort moins lointaine de Conté, il rêvasse de le supplanter au trône, lui qui avait juré, le 20 avril 2007 à Paris, la main sur le palpitant en cabotinant devant des "diaspouris" envoûtés, qu'il n'était pas venu au pouvoir pour perdurer. Depuis il échauffe ses contacts avec des chefs d'Etat africains notamment celui de la Libye, recherchant ainsi leur soutien pour s'accaparer du pouvoir dès la mort de Lansana Conté. Sur le plan intérieur il a ramené depuis dans l'administration les tenants de la révolution avec son argument tordu: "Il ne faut pas qu'ils se sentent abandonnés". Pour couronner leur retour aux affaires et contre l'avis de tous les Guinéens qui sont tournés vers l'avenir, Diahannama Kouyaté a fait dresser au carrefour de la Belle-Vue une stèle du Syli avec un je-m'en-foutisme du qu'en dira-t-on. Tout un symbolisme du régime pervers de Sekou Touré. La stèle a fouetté bien sûr l'orgueil mal placé de tous les affidés de Sekou Touré et de sa révolution meurtrière. Comme s'ils désespèrent de voir Alpha Condé le manager du RPG approcher lointainement la magistrature suprême, ils se sont laissé cornaquer par Diahannama Kouyaté. En fait, ce qui leur importe, c'est de voir simplement le trône revenir à un des leurs. Or dans leur camp c'est Diahannama Kouyaté qui a actuellement le vent en poupe. Il est fanfaron. C'est vrai. Il est nul, incompétent, tout le temps en train de louvoyer, prêt à marcher sur des cadavres pour se hisser à "Sekoutoureya" du nom du palais présidentiel. Tout ça est vrai. Mais mêmes les chercheurs de poux sur son crâne lui reconnaissent avec une petite dose de doute une qualité: il ne  va  peut-être pas grimper les murs quand les forces du désordre le chargeront au cours d'un meeting politique.

Par contre Diahannama Kouyaté ne connaît rien du développement d'un pays. Le concept de développement qu'il a tété est celui donné par la révolution de Sekou Touré. Un développement décadent. Parce que tout simplement le plein développement du citoyen guinéen est dissout dans un prétendu plein développement du "peuple". L'individu ne compte pas. On se gargarise de faussetés et on abuse les populations de symbolisme creux. C'est la mentalité des affidés de la révolution.

Madame Kaba née Rougui Barry, alors maire de Matam l'affiche et passe à l'acte. Elle élève à coups de francs guinéens une statue de Samory Touré à quelques mètres du pont Fidel Castro où Sekou Touré prenait plaisir à pendre publiquement ses victimes.

Non, madame Kaba! Ce n'est nullement une attaque personnelle ou une haine de votre personne physique. Mais quand vous donnez le flanc tôt ou tard on finira par taper dedans. Comme dit l'autre l'histoire finit toujours par nous rattraper. Alors reconnaissez tout de même que la réalisation de cette statue qui a fini aujourd'hui par se décatir pouvait bien attendre des années meilleures. Ce que vous avez englouti dans cela aurait pu servir à coup sûr à acheter un médicament pour un malade, des bancs ou des cahiers pour des élèves, à améliorer les conditions d'études d'un étudiant à l'université de Kankan ou à celui de Foulayah à Kindia, à vraiment réaliser autre chose de durable et de rentable pour le patelin. Le bled n'a pas encore atteint un niveau de développement où il faut se permettre le luxe de faire pousser de ci, de là des statues. Le développement ce n'est pas de la poudre de perlimpinpin à jeter aux yeux des citoyens. Est-ce que c'est en contemplant une statue que la ménagère guinéenne pourra assurer la mangeaille à ses rejetons?

Si c'est en donnant un tel exemple de développement décati, l'on va conjurer le démon de la révolution pour que vous ne reveniez pas aux affaires. Haaa...ha!

Diahannama Kouyaté vous a singé en réalisant, lui aussi, son Syli. 

Force nous est de constater que Sekou Touré, qui avait choisi d'aller crever au coeur de l'impérialisme à Cleveland aux Etats-Unis, avait vraiment réussi à embrigader les esprits. Il avait mystérieusement persuadé des naïfs qu'aucun Guinéen ne verra son cadavre. Quoi de plus facile pour un chef d'Etat de prendre toutes les dispositions pour qu'à sa mort naturelle il soit enterré à tel lieu et non à tel autre de peur qu'on ne déterre sa carcasse comme cela avait été le cas du dictateur Haïtien Papa Doc. Vous avez souvenance du déterrement du squelette de celui-ci, non ? A l'instar d’Hitler, Sekou Touré, qui s'était apparié avec Delphine, la femme légitime de son premier ministre Lansana Béavogui, avait bel et bien pris ses dispositions avec les bénédictions de feu Hassan II, l'ex potentat du Maroc. Rien de surprenant que son squelette ne soit pas dans la caisse enfouie sous terre à côté de la grande mosquée de Cona-crimes. D'ailleurs est-ce que l'on voit souvent Andrée Touré ou Mohamed Touré, le fils du défunt dictateur, s'amuser à se recueillir là ? Bon! Quel est cet Allemand qui montrera du doigt aujourd'hui les restes ou le tombeau d’Hitler ? Aucun. Hitler aussi avait donné des consignes à sa garde rapprochée. Saddam Hussein n'a pas eu les mêmes chances qu'eux. Donc arrêtez de nous pomper avec ce faux côté mystique de Sekou Touré, l'ogre. 

Vingt quatre ans après sa mort, l'on cherche toujours à cerner d'un point de vue psychologique le prurit de la folie meurtrière de Sekou Touré, sa haine contre l'homme différent de lui. Se disant descendant de Samory Touré, tout lui monte à la tête. Il fornique. Il tue pour le plaisir de tuer. Il avilit ses victimes. Il goûte au plaisir de les torturer. Il instaure la diète noire dans ses geôles imitant ainsi Samory Touré qui avait tué son fils, Diawoulen Karamo, par inanition. Mamadou Touré dit Petit Touré et Kélétigui Touré font partie des premiers à mourir de ce traitement inhumain sous le régime de Sekou Touré en 1965. Il canarde les intellectuels. Il fait passer au peloton d'exécution des commerçants, des élèves, des étudiants, des femmes, des enfants, des vieillards. Peu importait qu'ils soient des innocents. Parce qu'avec la révolution "là où il n'y avait rien à l'origine, il finit par apparaître une faute énorme" comme c'est le cas dans le "Le Procès" de Franz Kafka. C'est pourquoi il était de la nature même de la révolution "qu'on soit condamné non seulement en toute innocence, mais encore en toute ignorance." Les cas  étaient légion. Ceux d'entre eux, qui faisaient les durs et rechignaient à se mettre vite à table, n'avaient certainement pas lu Kafka: "Ne soyez plus intransigeant: il n'y a pas moyen de lutter contre ce tribunal (révolution), on est contraint d'avouer. Passez donc aux aveux à la prochaine occasion." Ils topaient sous la torture. Et ceux d'entre les victimes de la révolution, qui tentaient de sauvegarder leur image de marque et avaient justement parcouru Kafka, se souvenaient, la mort dans l'âme, de ce propos: "Et ne clamez pas si fort votre innocence, cela nuit à l'impression plutôt bonne que vous faites par ailleurs." C'est comme ça que le démagogue dictateur avait réussi à fabriquer et à obtenir les aveux de ses victimes comme pièce à persuasion pour justifier à la face du monde éberlué par tant d'horreurs en Guinée leur mise à mort. Il balance à la face des journalistes à Paris: "Tous les condamnés à mort sont morts."

Et malgré cet aveux loufoque, il y en a encore au bled, des anciens privilégiés de la révolution, qui soutiennent que le paranoïaque Sekou Touré ignorait les massacres perpétrés dans ses geôles, au camp Boiro, dans les cellules des camps militaires, de la police, de la milice populaire, de la gendarmerie nationale.

Malgré les témoignages criards de Kaba 44, de Alseyni René Gomez, de Maurice Jeanjean et de bien d'autres, des aigrefins de la révolution trouvent Sekou Touré meilleur à Lansana Conté. En tout cas pour Justin Morel Junior, Boubacar Yacine Diallo, Baniré Diallo, Diahannama Kouyaté et consorts, Sekou Touré était un saint aux mains propres. Ils maquignonnent d'ailleurs pour que la "mamaya" commémorative du démon prévue en octobre se fasse à Cona-crimes. Ils ont sûrement bien médité cette pensée de Samuel Beckett dans "Molloy": "Ne rien savoir, ce n'est rien, ne rien vouloir savoir non plus, mais ne rien pouvoir savoir, savoir ne rien pouvoir savoir, voilà par où passe la paix, dans l'âme du chercheur incurieux." Wait and see.

S'agissant toujours des artisans de l'odieux système de la révolution, pour beaucoup Andrée Touré née Andrée Duplantier, épouse légitime de Sekou Touré, n'est pas mêlée aux tueries de son conjoint.

Didon! Arrêtez de nous baratiner avec votre amusante observation superflue de respectabilité que vous liez à l'âge encore trop trop jeune d’Andrée Duplantier Touré.

L'honorable dictateur Pinochet du Chili s'était bien joué des accusations portées contre lui jusqu'à sa mort tardive.

Hé...hééé! Wallahi! Vous allez lâcher notre bouche là. Vlà!

En août 1977, Sekou Touré accède à la demande de l'Almamy de Mamou, alors dernier représentant du pouvoir féodal en Moyenne Guinée, de voir au moins son fils Kandia emprisonné au camp Boiro à Cona-crimes avant de tirer sa révérence. Sachant que Sekou Touré avait déjà tué son autre fils du nom de Mody Oury Barry.

Le stratège Sekou Touré donne ordre à Siaka Touré de sortir Kandia de Boiro. Après une légère remise en forme de Kandia, la révolution le met dans une bagnole qui prend la direction de Mamou. Alors imaginez qui conduisait la délégation? C'est Andrée Duplantier Touré en chair et en os. Elle était là rayonnante quand le ministre Moussa Diakité a dit à l'Almamy ceci: "Le président de la République nous a demandé de vous ramener votre fils." Et l'Almamy rendit l'âme le lendemain. Que Hadja Andrée Touré quitte momentanément sa mantille et apporte la contradiction si c'est du "wouya" ou de la calomnie.       

Sekou Touré avait continué à massacrer des innocents jusqu'au 21 mars 1984. Ce jour-là aussi, il fait exécuter au stade de Mamou: Hassanah Bah dit Bobo Bonga, Amadou Oury Diallo dit Pierre, Mamadou Lamarana Diallo dit Haoussa (un vendeur de brochettes), Baïlo Diallo, muézin (unijambiste).

Avant d'être liquidé, le malheureux et courageux Baïlo lance à la cantonade: "Je peux vous certifier que nous serons les toutes dernières victimes de ce régime." Et  le Tout Puissant Créateur de lui donner raison. Cinq jours après, le 26 mars Sekou Touré crève à Cleveland.

Et dire encore que des collabos de Sekou Touré cornaqués par Diahannama Kouyaté rêvassent de ramasser le pouvoir !

Soldats de l'armée guinéenne, si vous laissez faire, afakoudou! C’en est fini pour longtemps de voir l'émergence d'un véritable Etat de droit en Guinée. Surveillez étroitement Diahannama Kouyaté. Isolez le grabataire Général à Wawa et prenez le pouvoir. Vous savez mieux que quiconque que le pouvoir  traîne dans les rues depuis un certain temps. Agissez. Débrouillez-vous. Organisez des élections libres et démocratiques comme en Mauritanie. Et retournez ensuite dans les casernes. C'est ça un soldat loyaliste. Un soldat au service de la République.

Benn Pepito pour www.guineeactu.com

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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