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Cela est bien connu : ce sont les peuples qui fabriquent eux-mêmes, leurs dictateurs.
Au lendemain de la mort du Président Lansana CONTE, les Guinéens ont découvert le visage d’un vigoureux jeune homme, qui s’est emparé des leviers de commande de l’Etat, avec le soutien d’une junte militaire, dont la venue au pouvoir fut saluée par une importante frange de nos populations.
Evitant la pérennisation du système de mal gouvernance du Président défunt, ces militaires furent accueillis en sauveurs de la nation, avec le sentiment d’avoir préservé le pays de l’irréparable et du chaos.
Mais qu’observons-nous depuis bientôt un mois, et devant lequel, nos compatriotes semblent résignés ? Eh bien, nous regardons en spectateurs impuissants, le nouveau Président de la République, qui parle beaucoup avec véhémence à ses concitoyens, sans véritablement maîtriser tous les sujets qu’il aborde, et traite avec un truisme déconcertant.
Souvenons-nous que les intonations furieuses de Sékou TOURE, ou le soi-disant Parler-Pèssè de Lansana CONTE, datent seulement d’hier. Non, la Guinée dans sa situation présente, n’a pas besoin d’un chef qui parle trop, en se faisant menaçant, et surtout, qui tend à banaliser l’élite intellectuelle lorsqu’il déclare : « Nous n’avons pas besoin des diplômés d’Oxford, d’Harvard ou de Sorbonne pour bâtir ».
Ceci est un refrain qui avait retenti autrefois, et relève du populisme démagogique d’antan, qu’il faille freiner maintenant, si nous ne voulons pas retomber dans les travers amers du passé, et nous mordre les doigts, dans un avenir non lointain.
Plus que jamais, l’élite intellectuelle guinéenne mérite d’occuper toute sa place au sein de notre société, et devrait afficher, sans fausse modestie, sa volonté de gouverner notre pays.
Il est regrettable que le Président Dadis CAMARA présente déjà des signes tangibles de se propulser en justicier, avec le langage détestable qui est le sien, sur les antennes des médias d’Etat.
La justice, dans un état de droit, ne peut être rendue que par des juges qualifiés et assermentés.
Comme tous les nouveaux pouvoirs qui s’installent à la faveur de coup de force aux commandes d’un pays, celui de Monsieur Dadis CAMARA ne fait nullement exception, avec son catalogue de bonnes intentions. Mais pour peu que l’on soit vigilant, nous constatons que le nouvel homme fort à Conakry, procède par cooptation, à des nominations fantaisistes et complaisantes. Une manière de mettre à sa dévotion, des hommes et des femmes qui lui seraient complètement redevables pour s’accaparer de l’appareil de l’Etat.
Engagé dans l’action politique depuis de nombreuses années, je voudrais alerter l’opinion nationale, et inviter tous les acteurs politiques de mon pays, à rester soudés pour éviter tous les périls qui pointent le nez devant nous.
Quoi qu’on ait pu dire sur la classe politique guinéenne, je suis de ceux qui croient profondément, qu’elle est de bonne facture, parce que responsable, soucieuse de l’unité de notre nation, et recèle en son sein, beaucoup de talents et de compétences, capables d’assurer à nos populations, une meilleure qualité de vie.
Qu’Allah le tout puissant préserve la Guinée !
Sékou Chérif FADIGA
Employé du secteur privé, résidant à Conakry
pour www.guineeactu.com
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