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Le chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara qui a placé la lutte contre le trafic de drogue parmi ses défis prioritaires, n’entend pas faire de cadeau aux milieux mafieux de la drogue. Il vient de le prouver en s’attaquant au fils aîné de son prédécesseur, Ousmane Conté et au gratin de la police guinéenne, tous soupçonnés d’être en intelligence avec les réseaux qui avaient fait de la Guinée une plaque tournante du trafic de cocaïne. Moussa Dadis Camara, conscient de la délicatesse du dossier lié au fléau que constitue le trafic de cocaïne dans notre pays, devenu ces dernières années un lieu de transit et de consommation prisé par les sud-Américains et certains Nigérians, a cru bon de prendre la tête des opérations lui-même, dans cette guerre contre le narcotrafic. Le capitaine Tiegboro Camara, Secrétaire d’Etat chargé des Services spéciaux, de la lutte contre la drogue et le grand banditisme sur qui repose cette machine de guerre, semble plus déterminé que son chef dans cette croisade. Ce duo de choc que constitue Dadis et Tiegboro ne fait pas dans la dentelle, et sa détermination est à la mesure de l’ampleur des dégâts causés par le fléau de la drogue sur notre société.
En effet, l’argent de la cocaïne avait fini par dévoyer la jeunesse guinéenne, jetant dans la prostitution de nombreuses filles, attirées par le gain facile. Les villas cossues et les 4x4 rutilants qui se sont multipliés ces dernières années dans notre capitale, sont pour la plupart issus de ce trafic de drogue. Les barons du milieu se la coulaient douce, au vu et au su de tous. Mamady Kalo, par exemple a reconnu devant Dadis, sur le petit écran, lundi dernier, posséder près de 16 villas. Mais pour ceux qui connaissent Kalo, réputé pour ses frasques dans la cité, ils savent bien que celui qui implore aujourd’hui le pardon du peuple de Guinée, en a bien plus. Sa proximité avec la famille présidentielle avait permis à ce dealer de bâtir une grande fortune avec l’argent tiré des ventes de la cocaïne.
Le cas Kalo n’est en fait que l’arbre qui cache la forêt dans cet univers du narcotrafic. Il appartient à la justice de traiter tous ces dossiers avec célérité. Pourvu que le droit soit dit, sans que les accusés ne tombent sous le coup d’un règlement de compte. Ce n’est que par cette méthode que le CNDD sortira victorieux dans cette guerre contre les cartels de la drogue, condamnés dorénavant à disparaître de notre pays.
Dian Baldé L’Indépendant, partenaire de www.guineactu.com
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