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Maître Sékou Koundiano, avocat à la cour et membre du conseil de l'Ordre des avocats de Guinée a été brutalisé en fin de semaine dernière par des policiers au commissariat central de Kaloum, en plein cœur de la capitale Conakry, avons-nous appris ce mardi matin, de sources judiciaires.
Informé de la présence de ses clients dans les locaux de ce commissariat ce samedi 23 avril aux environs de 19 heures, l'avocat s'y rendait pour vérifier les faits, lorsque le groupe de policiers sur ordre d'un de leurs supérieurs hiérarchiques s'est jeté sur lui avec la plus grande brutalité d'après nos sources.
Contacté peu après par nos services, l'avocat a confirmé cette agression physique en indiquant qu'elle a été commanditée par un certain commandant Socra. Ce qu'il y a d'arbitraire, a précisé en outre Maître Sékou Koundiano, c’est que le commanditaire des violences dont il a été victime ne servirait pas au commissariat de Kaloum.
Sur les lieux de l'incident personne n'a voulu répondre à nos questions. D'abord pour accéder à l'enceinte de la cour du commissariat, c'est du temps perdu et beaucoup de pardons demandés. « On ne connait pas le commandant Socra. On ne sait pas si quelque chose s'est passé ici. C'est au commissaire de le dire mais il n'est pas là. » ont été les seules réponses obtenues.
La loi 014 du 26 mai 2004 instituant la profession d'avocat en Guinée donne droit aux avocats de prendre contact avec leurs clients dès les premières heures de la garde à vue. Mais cette disposition légale a toujours été foulée au sol par les officiers de police judiciaire qui s’opposent à la présence des avocats dans leurs locaux.
Pour permettre aux avocats de jouer pleinement ce rôle qui leur incombe dans un Etat de droit, Madame Paulette Kourouma, alors ministre de la Justice et des Droits de l'homme, avait rappelé aux officiers de police judiciaires les dispositions de cette loi à travers un note circulaire en 2007. Malheureusement cela n’a pas empêché de nouvelles violations des droits de la défense.
Comme vous le constatez, les relations entre les avocats et les officiers de police judiciaire n'ont jamais été cordiales. Pire des actes d’agressions contre les avocats connus de tous, sont restés impunis. Il est donc temps pour les nouvelles autorités qui veulent bâtir une nouvelle Guinée de se lever pour que de tels actes ne se reproduisent plus en Guinée.
Heinan Goba de Conakry pour www.guineeactu.com
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