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La gestion du capital humain (la plus précieuse de toutes les richesses d’une nation) par la sagesse, la connaissance des hommes et une parfaite maîtrise des enjeux politico-économiques du pays constitue le soubassement d’une réussite.
C’est vrai que les Guinéens veulent des audits, mais pas des cours martiaux, pas de tribunaux militaires contre une partie de la population, dans un pays dont tout le monde est coupable.
Par ailleurs, si le but ultime des « audits » est la lutte contre l’impunité, alors il y a d’autres crimes plus importants que l’argent volé, détourné ou acquis de façon louche.
La fin de l’impunité doit commencer par la recherche des causes qui ont conduit à cette culture d’impunité, de vols, ce qui a permis d’instaurer ce climat de malhonnêteté ayant conduit à favoriser la corruption et la dilapidation des biens de l’État.
Par ailleurs, entre le vol de d’argent et le massacre des citoyens, qu’est-ce qui est plus important, plus urgent et plus durable dans la lutte contre l’impunité ?
Ce sont les hommes qui créent la richesse et non la richesse qui crée les hommes.
Qu’est-ce que le CNDD prévoit pour faire la lumière sur les massacre des jeunes en Janvier et Février 2006, les autres actes criminels de sang depuis l’indépendance jusqu’aujourd’hui ?
Tous les commerçants que l’on accuse être des truands n’ont pas attaqué à mains armées, fait un holdup up contre une banque. Ce sont des cadres de l’Administration qui ont favorisé les détournements, les vols et autres malversations financières qui ont mis le pays plus qu’à genou, mais à plat ventre.
Faut-il que certains mangent la tête et que d’autres défèquent les cheveux ?
S’il faut faire des audits, il faut créer une commission judiciaire indépendante qui fait ses investigations, et que les accusés se défendent devant un tribunal, un juge mais pas devant des militaires qui sont eux-mêmes des criminels, des sanguinaires et opportunistes. Si ces militaires étaient des vrais patriotes, soucieux du bien-être des Guinéens, ils devraient arrêter l’hémorragie du pays très tôt avant même la mort de Lansana Conté.
Non aux tribaux militaires !
À quoi sert de faire un coup d’État contre un cadavre frais et se réclamer une bravoure politique ?
Dans les audits, où se trouve la famille de Conté, premier responsable du fiasco guinéen ?
Pourquoi le CNDD qui se réclame vouloir libérer le pays, voit en Lansana Contée l’idole, l’icône de leur politique politico-économique et sociale ?
Où est la rupture s’il y en y a ?
Après un demi-siècle, il s’est développé en Guinée une mentalité de crime, de versatilité, d’impunité et de lâcheté, à tel point que si la Guinée doit changer pour le meilleur, il faut une révolution des mentalités, à commencer par le sommet de l’État, le capitaine Dadis Camara lui-même et les membres de la junte militaire en première position. Le changement des mentalités est un processus qui doit se faire à tous les niveaux de la société, mais doit commencer par Dadis Camara. Pour ce faire, « l’heure n’est pas aux discours mais aux actes ».
« La morale de l’État, c’est la morale de la classe au pouvoir ». Les premiers coupables des manigances financières sont Lansana Conté, sa famille et cette élite vagabonde qui a permis la prise en otage de l’État par un groupe d’hommes, ce qui a permis la confiscation des moyens de l’État et leur mise au service d’un groupement politique.
C’est la forte politisation de l’Administration, donc de l’État, sous Lansana Conté qui a rendu impossible toute visibilité, toute transparence dans la gestion de la chose publique.
Quel est le fonctionnaire Guinéen qui n’a pas volé, quand on sait pertinemment que le salaire maigre et misérable ne permet même pas de couvrir une semaine des besoins vitaux de la famille ?
Comment arrivent-ils à joindre les bouts, si ce n’est pas par les affaires louches et perfides ?
Je pense que la junte militaire et le CNDD sont entrain d’utiliser un marteau pour tuer un pou sur la tête des Guinéens.
Les peuples qui refusent de tirer leçon de leur passé tumultueux et qui s’enfoncent toujours plus dans les aberrations sont abandonnés à leur triste sort, à la merci de tous les fléaux et des prédateurs de tous poils.
Les audits risquent de créer une atmosphère de « hors la loi », et décrédibilise encore de plus, la junte déjà en mal de reconnaissance internationale.
Le capitaine Dadis Camara peut être un ange ou un démon. Tout dépendra de la conduite des audits. Il faut savoir établir les priorités dans la mission de la junte militaire.
Le capitaine Dadis Camara est devenu un homme politique qui suscite beaucoup d’interrogations, tant le personnage s’est façonné une image mystérieuse, ambiguë, tant il donne des signes contradictoires parfois alarmants.
Je pense que tuer une personne est plus grave que de voler de l’argent, car l’argent est créé par les hommes et non le sens inverse dans une société qui veut mettre l’homme au centre des priorités pour un développement.
Avec plus de vingt (20) conseillés, je pense que la junte militaire et Dadis sont trop conseillés, et tout ce qui est de trop est mauvais. Il ne s’agit pas d’avoir des conseillers, l’essentiel c’est d’avoir des bons conseils. Ce n’est pas la quantité de conseillers qui importe mais la qualité des conseillers, la valeur des conseils prodigués et l’aptitude et l’intelligence de celui qui doit consommés les conseils.
Tous les Guinéens veulent le succès de la junte militaire, y compris ceux qui n’approuvent pas leurs actions et décisions. Mais ce succès dépend de ce que la junte militaire veut faire de ce pouvoir acquis.
On dit souvent que le pouvoir c’est comme un œuf : il est fragile, demande beaucoup de soins et d’attention pour éclore un poussin. Sans cela, l’œuf devient infertile et périme.
La Junte militaire doit faire attention aux hommes et femmes politiques dont elle s’est entourée, car les politiciens Guinéens ne savent plus faire autre chose que la politique politicienne. Attention au recyclage des mêmes produits pourris qui ont fait preuve de leurs incompétences. Nous avons, aujourd’hui en Guinée, des hommes et femme politiques, aux affaires depuis des décennies, qui ne savent pas faire autre chose que cette politique-là : mentir pour avoir accès au partage du gâteau. Ils ont oublié leur métier.
En Guinée, il existe une devise selon laquelle « on ne change pas l'équipe qui perd ».
Quand on entend dire : « que le diplôme ne compte, c’est le patriotisme qui prévaut », cela de la bouche même du chef de la Junte militaire, alors il faut s’interroger sur l’avenir de la culture de l’excellence, du mérite et de l’éducation.
La Guinée se situe aujourd’hui au confluent de son destin, entre un passé pesant, tentaculaire et un futur plein d’espoir et de promesses, si Dadis Camara aime la Guinée. Il revient aux dirigeants de la junte militaire, plus particulièrement au numéro 1 de cette junte militaire, de saisir ce cadeau de l’histoire.
La première condition sine qua none de toute réussite en Guinée, après un demi-siècle de rétrogression, était la formation d’un gouvernement de mission et non un « gouvernement de récompense ».
C’est plutôt à un « gouvernement de récompense » que les Guinéens ont eu droit, un gouvernement qui récompense les partisans militaires du capitaine Dadis Camara, et enjolivé de quelques « morpions politiques » assoiffés de pouvoirs. L’essentiel pour eux, c’est de faire partie du gouvernement à n’importe quel prix.
Avec des couteaux dans les mains et entre les dents, ces « morpions politiques » sont prêts à en découdre avec tous ceux qui constituent un obstacle à leurs entreprises machiavéliques dans le partage du gâteau guinéen. Mais ce qui est certain, au fur et à mesure que le gâteau guinéen s’amoindrit, la danse autour se fera au couteau tiré et la guerre des clans prendra le dessus.
Le Premier Ministre en s’entourant d’un « gouvernement de récompense » en lieu et place d’un « gouvernement de mission », s’expose à la même maladie contagieuse qui a eu raison de ces prédécesseurs. Car, chacun dans ce gouvernement ne vise qu’à un seul objectif : se remplir les poches avant de perdre l’accès à la mangeoire.
En s’entourant d’un gouvernement formé de cadres inconstants, insouciants, sans idéal, laxistes, boulimiques, distraits, il est prévisible que le pays ira d’échecs en échecs. Ils vont tout faire pour s’accrocher au pouvoir par des mensonges, vols, corruptions, menaces, intimidations, la répression, le bâillonnement et la prise en otage du peuple. Bref, ils vont instaurer du gangstérisme d’État.
La Guinée ne manque pas d’une élite intellectuelle patriote capable d’apporter des vrais changements pour la nation. Sur ce, je lance un appel à la junte militaire de savoir enrichir le pays et savoir tirer leçons des heures sombres du passé, et du laxisme persistant qui a fait patiner le pays. S’il n’y a pas d’audacieuses réformes sur la gestion politique et économique du pays, le pays risque de sombrer davantage.
C’est le moment de rappeler à la junte militaire que la nation étant une construction choisie et voulue en toute responsabilité, elle ne doit pas être un lieu de théâtre où l’on doit exceller par la ruse ou par un égocentrisme ambitieux et sans borne.
La nation n’est pas un exécutoire où l’on doit violer les règles de bonne conduite morale, les règles les plus élémentaires des « Droits de l’Homme », pour satisfaire ses intérêts égoïstes, en pratiquant la politique de la terre brûlée qui, consiste en une fuite en avant devant ses obligations, sans tirer les conséquences des dégâts occasionnés par une telle immaturité.
Les Guinéens espèrent toutefois que le scénario de catastrophe qui semble se profiler à l’horizon sera démenti par votre action patriotique (Capitaine Dadis Camara) et que les membres de la junte militaire sauront puiser en eux des ressources nécessaires pour dépasser leurs propres intérêts et ambitions, de manière à offrir à la Guinée, une alternance dont le pays a besoin pour se sortir du chaos où l’a plongé le leadership fainéant de l’ancien régime.
Il faut que la junte militaire montre l’exemple dans la vie morale du pays, pour en finir avec l’exclusion et propulser le blason du mérite en Guinée, qui est perdu jusqu’au sens.
Donc il est impératif que Dadis Camara et sa junte militaire mettent leurs intérêts personnels, familiaux, ethniques et régionaux de coté, et regardent avec clairvoyance, les intérêts de la Guinée, afin de pouvoir abréger les souffrances de la population, souffrances qui ont perdurées pendant plus de 50 ans, et qui s’amplifient chaque jour, tout cela à cause de dirigeants cupides, sans aucune perspective pour la nation. L’absence d’alternative humaine est le problème le plus grave des Guinéens.
« Les tragédies des peuples révèlent des grands hommes, mais ce sont les médiocres qui provoquent les tragédies ». À méditer !
Que Dieu sauve le peuple de Guinée.
Amen !
Docteur Mamadou Diallo, MD Membre Fondateur de l’Alliance Nationale pour la Démocratie et le Développement (ANDD) Fondateur et Administrateur de Guinea-Forum Partenaire de www.guineeactu.com
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