mercredi 31 octobre 2007
Les armes crépitent à nouveau à Conakry!

Après une accalmie relative de 3 à 4 mois, la grogne des hommes en uniforme marque encore les mémoire des Guinéens ; surtout ceux de la capitale et particulièrement les riverains des différentes garnisons.

Encore le jeudi 18 octobre, vers 20 h et 21h 20, des rafales ont troublé la quiétude des habitants de la capitale aux alentours de la principale garnison du pays, le camp Alpha Yaya Diallo, appelé Bataillon Spécial de Conakry.

Les coups de feu ont été tellement intenses que les deux coups de canons qui ont accompagné les rafales ont précipité plus d'un citoyen dans les maisons en vidant les rues et cafés bouillonnant à cette heure. 

Interrogé par notre reporter, le Chef d'Etat Major des Armées a attribué ce geste "à des soldats incontrôlés qui, une fois de passage des maquis font usage de leurs armes".

Qu'à cela ne tienne, le patron des armées déclare "que toutes les dispositions sont prises à cet effet". 

Des hauts gradés, contactés au téléphone dès le lendemain matin, ont dissimulé difficilement le malaise qui pèse au sein de la troupe.

Un malaise qu'un autre officier a lié à la réclamation des sommes d'argent, que certaines langues accusent d'avoir été détournées par certains hauts gradés. 

Des soldats, contactés par notre rédaction, ont déclaré : « nous voulons notre argent, et nous ne voulons pas la violence, mais c'est à nos chefs de nous comprendre. Ils ont reconnu les faits ; certains auteurs de ce vol bénéficient toujours de la liberté totale alors que ceux qui ont été reprochés de casse en mai dernier sont en détention. Pourquoi faire deux poids deux mesures ?». 

Un autre soldat qui a requis l'anonymat, estime qu'il ne faut pas faire usage des armes. Mais de savoir grever en sortant massivement et bloquer la ville au niveau du pont 8 novembre en exigeant le versement de l'argent.

Parlant du PM, Lansana Kouyaté, les soldats expliquent qu'il avait fait des promesses fermes dans ce sens et avait indiqué la manière de recouvrir la fortune en mettant main sur les auteurs du détournement. Mais qu'il aurait été empêché par le Général Baïlo Diallo, actuel Ministre de la Défense nationale "qui refuse de faire arrêter les coupables".   

Toute fois, les soldats décidés d'aller jusqu'au bout, excluent pas une descente le lundi prochain.

Rappelons que leur mouvement en mai dernier avait fait une dizaine de morts parmi les civils et d'importants dégâts matériels.

D'ailleurs le gouvernement qui a une oreille attentive à ce problème le prend très au sérieux. Dans le rapport économique et financier du Ministre des Finances, il est clairement mentionné: << Un des risques et non les moindres est lié au dénouement de la grogne observée dans les casernes,...Le calme relatif observé ne signifie pas que cette situation est définitivement résolue. ...Ce qui constitue une incertitude, notamment en raison de l'impossibilité pour le gouvernement de satisfaire en totalité les revendications exprimées ( plus de 300 milliards de FG)>>.

Comme on le voit, cette situation est plus qu'une épée de Damoclès suspendue sur la tête des guinéens à un moment où le climat social est plus que fragile.

 Abdallah Baldé

 

 

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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