 |
Préoccupante question dans le contexte actuel, quand on sait que l’entrée au Gouvernement de certains partis d’opposition relativement bien cotés, comme l’UFDG, va sensiblement offrir au parti de la mouvance présidentielle, l’équilibre qu’il avait perdu depuis quelque temps. Le RPG du professeur Alpha Condé et l’UFR de Sidya Touré se verront, peut-être, contraints à une alliance contre-nature, moins pour rallier leurs points de vue sur une stratégie qui leur profiterait, que pour donner un sens à leur refus de composer avec un gouvernement qui, malgré sa composition hétéroclite, n’obéira qu’à une seule volonté, celle du parti majoritaire. Etant entendu que c’est sur la base de cette évidence que le gouvernement a été ouvert à ceux qui partagent ce postulat clairement énoncé. Les prochains jeux électoraux se feront de la façon la plus originale. Les partis qui sont au gouvernement formeront un front commun, face à une opposition démembrée dont les tous premiers adversaires seront les ‘’transfuges’’ qui ont déserté ses rangs. C’est, en effet, sur la base d’un éventuel partage des sièges raflés que va se fonder cette nouvelle alliance avec la mouvance présidentielle. Sacré subterfuge pour conserver la majorité à la toute prochaine Assemblée. C’est mal connaître le Guinéen que de compter sur son bon sens. La Mamaya, nouvelle formule, a déjà commencé dans les quartiers de la Capitale, avec la ronde de l’Inspecteur politique du parti de la Colombe. Nous ne parlons pas de précampagne, mais d’une simple promenade de santé pour un parti qui s’était confiné dans un silence stratégique, que les mauvaises langues avaient déjà cru moribond. Il le paraît, et les couvertures médiatiques l’attestent, le PUP se porte comme un charme. 
| | Alpha Condé | Le cas préoccupant est certainement celui de ces partis d’opposition qui adoptent une position radicale, mettant ainsi en exergue leur désaccord avec le pouvoir qu’ils accusent d’être à l’origine de tous les maux dont souffrent les populations guinéennes. Il reste à savoir si leur refus de participer au gouvernement Souaré, leur profitera aux prochaines élections législatives. Est-il besoin de rappeler que Sidya est un ancien premier ministre ayant laissé le souvenir d’un homme dont le choix d’adhérer à un parti d’opposition semblerait être motivé par sa rupture avec un pouvoir qu’il n’a pu, malgré sa fonction essentiellement économique, s’empêcher d’accompagner dans sa campagne politique, non sans fredonner le refrain de fidélité : ’’Ton pied, mon pied !’’. Le professeur Alpha Condé, est, certainement, l’opposant le plus original, celui qui refuse de fléchir, renforcé dans sa conviction par un séjour carcéral d’où il sortira plus que jamais rassuré sur un certain destin de chef d’Etat qui le hante, d’ailleurs légitimement. Cependant, l’on ne peut s’empêcher de se demander, quelle part sera-t-il réservé à cette nouvelle version de l’opposition politique dont les atouts sur le terrain sont bien réduits au regard de la position actuelle de l’UPR, de l’UPG et de l’UFDG, ces trois importants partis d’opposition qui ont jugé nécessaire de rompre avec le radicalisme de principe qui, jusqu’à ce jour, n’a pas payé en Guinée.
Le nouveau, c’est le fait que l’UFDG et l’UPR qui, sans parler le même langage, se retrouvent curieusement dans le même gouvernement, peut être favorables au Parti majoritaire, dans le meilleurs des cas. Pour tirer les marrons du feu ? Pourrait-on déjà parler de la lente agonie de l’opposition politique guinéenne, au moment où le paysage politique perd de sa verdeur ? Thierno Dayèdio Barry L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
|
 |