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Il y a des menaces sur le fonctionnement du parti au pouvoir. La menace principale est la division de la Basse Guinée entre plusieurs listes de ressortissants ; la perception de plus en plus prégnante que le RPG ne serait pas prête à s’ouvrir aux nouveaux venus des 1ers et 2e tours ; l’absence d’un signal fort à l’endroit des femmes et des jeunes de la région ; la persistance des difficultés économiques. Cette lecture est faite par Kiridi Bangoura, le monsieur Décentralisation de l’alliance Arc-en-ciel, dans un rapport produit à la fin février.
Ces inquiétudes expressément exprimées interviennent à quelques mois des législatives. Du moins, si l’on en croit le ministre de l’administration du Territoire et de la Décentration, Alhassane Condé. C’est en effet au cours d’une rencontre qui a regroupé récemment autour de lui, le comité de pilotage du projet d’appui aux élections ainsi des partenaires du processus électoral que ce ministre avait déclaré : « Les élections législatives constituent un maillon important de la chaine de démocratisation efficace du pays. (…) le gouvernement entend organiser ces élections dans le dernier trimestre de 2011, afin de doter le pays d’une assemblée nationale représentative du peuple de Guinée. »
Mais déjà dans le marigot politique, le "retour discret" de l’UFDG, du PUP avec Moussa Solano et Thierno Ousmane Diallo, la brouille avec Lansana Kouyaté du PEDN, de Mamadou Sylla de l’UDG, de Kassory Fofana de la GPT, etc. empêche manifestement certains briscards et autres faiseurs de roi de l’Arc-en-ciel de bien dormir. C’est pourquoi, le chef d’orchestre Kiridi Bangoura et son bataclan ont pensé « établir les menaces et les opportunités » ainsi que des « éléments de stratégies et propositions d’actions sur le terrain ». Objectif : ratisser large l’électorat pendant les législatives. Politiquement, une bonne démarche en soi si elle n’était pas accompagnée de règlement de comptes et, dit-on, de violations des lois. Comme c’est le cas actuellement du départ massif de tous les élus locaux supposés être hostiles au régime en place. Les cas, entre autres, du président de CRD de Sikhourou et du sous-préfet de Forécariah en sont une parfaite illustration.
En attendant de finir de mettre à exécution son plan (Arc-en-ciel, à travers son monsieur Décentralisation), Guineeactu.com vous livre lui, en exclusivité, les propositions faites dans un rapport par certains cadres et ressortissants de la Basse Guinée, lors d’une réunion restreinte présidée à la fin février par le Premier ministre Saïd Fofana :
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D’ici le 1er mars : désignation des binômes RPG/Personnes ressources par préfecture de Basse Guinée. A la même date, trouver une stratégie adaptée pour maintenir notre influence sur Télimélé, Gaoual, Koundara ;
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Deuxième semaine de mars : mise en place de la commission de conciliation. A la même période, présence permanente pour la sensibilisation des cadres et implantation du parti – RPG – dans toutes les circonscriptions de la Basse Guinée, y compris les cinq Communes de Conakry et cela durant trois semaines.
Auparavant signale Naby Youssouf Kiridi Bangoura le rapporteur, il y a des menaces sur le fonctionnement du parti au pouvoir. Selon ce document, la menace principale est la division de la Basse Guinée entre plusieurs listes de ressortissants ; la perception de plus en plus prégnante que le RPG ne serait pas prêt à s’ouvrir aux nouveaux venus des 1er et 2e tours ; l’absence d’un signal fort à l’endroit des femmes et des jeunes de la région ; la persistance des difficultés économiques.
Pour ainsi balayer d’un revers de mains ces menaces pour autant prises manifestement très au sérieux, le rapport souligne par exemple, la nécessité de nomination de personnes ressources des circonscriptions aux postes administratifs comme Gouverneurs, Préfets, cabinets ministériels. Cette option est déjà en train d’être embrassée avec la nomination lundi, de quinze préfets dont des cadres qui ont imprimé leurs tristes marques sous Lansana Conté. Kiridi suggère aussi aux siens, le renforcement des hommes d’affaires ressortissants de la région et l’émergence de nouveaux. Mais est-ce une démarche pérenne et loyale pour aider le président de la République ou une pure façade – déjà reconnue aux cadres opportunistes guinéens qui ont servi, on le sait, si honteusement le défunt régime – que Saïd Fofana et les siens sont en train de construire pour mériter la confiance portée en eux ? A chacun d’en juger.
L’œil de Guineeactu.com
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