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Alpha Condé et son entourage, qui veulent à tout prix obtenir la majorité au futur parlement, ne font que tordre le cou à la jeune Constitution guinéenne. Conformes ou pas conformes à la loi, ils posent des actes. Pourvu que le peuple qui se rendra aux urnes soit amené à croire qu’Alpha Condé et son parti ont la bonne direction.
Le code électoral guinéen fixe le démarrage des campagnes électorales pour le compte des législatives à trois semaines avant le jour du scrutin. Voilà cependant que, pour un scrutin dont on ignore encore la date de sa tenue, Alpha Condé et son parti le RPG (Rassemblement du Peuple de Guinée) sont déjà en pleine campagne.
Pourquoi alors empêcher les autres partis politiques, à l'instar de l'Union des forces démocratique de Guinée de Cellou Dalein Diallo, de se mouvoir ?
Décidément le Président de la République et son parti ne veulent rien laisser à leurs adversaires, sinon des miettes à la future assemblée nationale. Tous les actes petits ou grands font l'objet de manifestations grandioses aux allures de campagne électorale. Même si bon nombre de ces actes se soldent par un échec (p.ex. l’approvisionnement de la population de Conakry en riz à bas prix).
Comme avec ''le changement'' le ridicule ne tue pas, en dépit de l'échec de ces premières campagnes de séduction, Alpha Condé et ses partisans ont procédé tambour battant à la distribution des engrais aux paysans à Kankan. La relance des travaux de construction de la route Matoto - Dapompa a été une autre occasion de battre campagne.
L'initiation de ces projets, en soi, ne présente aucun inconvénient. Mais à en faire une occasion pour organiser des manifestations de réjouissance préjudiciables à nos maigres ressources financières, devrait être banni. Les caisses de l'Etat sont vides, ne cesse de le dire, le Président Alpha Condé. C'est alors paradoxalement le gouvernement qui, au lieu d'être sobre dans ses actions, organise des fêtes dans la rue.
Heinan Goba de Conakry pour www.guineeactu.com
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