La nouvelle polémique de la transition politique a trouvé son nom, « L’exclusion des Guinéens de l’extérieur des élections », ses animateurs et ses « coupables ».
Les animateurs sont connus de tout le monde.
Les « coupables » sont aussi connus, d’ailleurs ce sont toujours les mêmes: Alpha Condé, Sidya Touré, Loncény Fall et… Ben Sékou Sylla de la CENI.
De quoi s’agit-il ?
Une élection présidentielle prévue le 27 juin 2010 sous un régime d’exception avec un gouvernement de transition, lié à un accord collectif, celui de Ouagadougou. La durée du régime d’exception et de la transition est fixée pour 6 mois (de janvier à juin 2010)
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Le vote des Guinéens de l’extérieur, un droit fondamental.
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Combien de Guinéens vivent-ils à l’extérieur ?
Les animateurs de la polémique avancent des chiffres fantaisistes de 3, 4 ou 5 millions. Selon eux, au moins la moitié de la population guinéenne vivrait à l’étranger. Peu importe.
L’élection est avant tout un acte administratif qui commence par le recensement des électeurs. Ce recensement se fait au niveau des ambassades ou des consulats guinéens.
Pour user de son droit de vote, le Guinéen résidant aux USA doit se faire inscrire sur la liste électorale à New York City ou à Washington DC.
Or selon des sources diplomatiques et consulaires guinéennes venant des USA et d’Europe, le nombre de citoyens recensés lors du dernier recensement des électeurs en août et septembre 2009 ne dépasse pas 5.000 personnes.
Les ambassades et consulats en Allemagne, en France, en Belgique et au Pays-Bas ont enregistres moins de 1.000 électeurs dont 120 en Allemagne.
Combien de Guinéens vivent aux USA et en Europe ?
Seuls les ambassades et les consulats peuvent nous fournir des chiffres raisonnables. Or, la grande majorité de la diaspora d’Amérique et d’Europe vit dans la clandestinité ou avec le statut de demandeur d’asile politique. Des sans-papiers qui ne se feront jamais inscrire sur une liste électorale mêmes si les candidats ont pour nom Alpha Condé, Cellou Dalein Diallo, Sidya Toure, Lonceny Fall, Abe Sylla, Mouctar Diallo ou autres.
Vouloir aujourd’hui refaire le recensement des Guinéens de l’extérieur avec un coût estimé à 1.5 million de dollars est une perte de temps et surtout un gaspillage de fonds publics.
Le vote de la diaspora malienne ou sénégalaise, deux pays voisins dont le nombre de diaspos est 3 à 4 fois supérieur au nôtre, ne représente que 1% à 2% de leur électorat respectif.
Le vote des Guinéens de l’extérieur est un droit fondamental. L’Etat doit s’y mettre pour en faire une réalité. La démocratie et les élections sont de très longs processus sans fin. Vouloir prolonger l’Etat d’exception ainsi que la transition est politiquement irresponsable avec le risque du scénario ivoirien.
Alpha Condé, Sidya Touré, Lonceny Fall et la CENI n’ont aucun intérêt à ne pas faire participer la diaspora aux élections nationales.
L’électorat de l’extérieur ne fera gagner aucun candidat.
L’apport de la diaspora au développement économique et social est incontestable. Son combat pour la liberté et l’épanouissement de la démocratie a permis aujourd’hui de déclencher cette nouvelle dynamique de la conscience nationale.
Ce combat des Guinéens de l’extérieur ne doit en aucun cas être récupéré par un parti politique ou par des individus à la recherche de sensations politiques comme moyen de campagne électorale.
La diaspora est un patrimoine national au service de tous. Son rôle aujourd’hui doit être de mettre encore des pressions pour une transition courte, de mobiliser massivement nos compatriotes de l’intérieur pour les futures élections, de veiller au bon déroulement des premières élections libres et transparentes.
Les animateurs de cette polémique ne contribuent en rien au débat démocratique
Les Guinéens de l’intérieur et c’est d’eux qu’il s’agit surtout, veulent maintenant élire leurs représentants.
Lamine Camara, Columbus, Ohio, USA
www.guineeactu.com