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Amadou Mouctar Baldé, premier vice-président du Comité d’audit et de surveillance des secteurs stratégiques de l’économie a été limogé samedi dernier et logé dans une prison du camp Alpha Yaya Diallo, le quartier général de la junte. M. Baldé aurait commis le pêché de parler un peu trop dans la presse.
Le Comité d’audit et de surveillance des secteurs stratégiques de l’économie vient de subir un véritable coup de semonce, suite au limogeage de son premier vice-président pour ‘’faute lourde’’, suivi de son interpellation. Le même décret du président de la République précise qu’Amadou Mouctar Baldé a été démis de ses fonctions pour ‘’corruption et détournement’’. Cette décision du capitaine Moussa Dadis Camara est survenue au lendemain du passage de Mouctar sur le plateau de la télévision nationale. L’auditeur a profité de l’émission dont il était l’invité pour faire l’état des lieux du fonctionnement de la Commission d’audit mise en place dès la prise du pouvoir par le CNDD. Mouctar Baldé aurait fait des révélations croustillantes sur certains dossiers sensibles comme l’affaire Futurelec contre Etat guinéen. L’ancien vice président qui apparemment laisse transparaître dans ses différentes interventions dans la presse, une certaine maîtrise parfaite de son art, serait cette fois allé trop loin. En déclarant que c’est l’Etat guinéen qui reste devoir des fonds au groupe Futurelec, l’auditeur aurait compromis ses rapports avec sa hiérarchie. Et le voilà désormais dans de sales draps. Face à une opinion nationale qui a du mal à accepter la version selon laquelle c’est le président de Futurelec qui aurait le dessus dans ce litige, l’auditeur pourra difficilement s’attirer la sympathie de ses compatriotes, dans sa descente aux enfers. En effet, l’affaire Mamadou Sylla versus Etat guinéen ne date pas d’hier. Elle remonte aux années 2000, où le businessman avait bénéficié de gros contrats de livraison de matériels roulants et d’armement à notre pays qui avait besoin d’arsenal, pour se prémunir contre les agressions le long de nos frontières sud et sud est. Après l’invasion des localités de Macenta, Gueckesou et Forécariah par des hordes rebelles venues du Liberia et de la Sierra Leone en septembre 2000. La Guinée avait pu bouter les envahisseurs hors de ses frontières au prix d’énormes sacrifices. A ce jour, on n’a jamais pu dénombrer les pertes subies dans les rangs des populations civiles et militaires lors de cette guerre. Les dégâts collatéraux furent énormes à en croire des témoins qui ont survécu à cet enfer, pris au piège qu’ils étaient entre les belligérants à Gueckedou. Pour revenir à l’affaire des 22 millions de dollars USD, il conviendrait de noter qu’un premier audit réalisé par un groupe d’experts dirigé par Dr Kerfalla Yansané avait dans ses conclusions révélé que c’est Futurelec qui devait à l’Etat guinéen. Cette étude avait été rejetée par Mamadou Sylla qui avait usé de ses accointances parmi les hommes forts du régime défunt, pour forcer la main du gouvernement à accepter un nouvel audit. Cette fois, c’est Futurelec qui en sortira vainqueur. Toujours est il que cette pilule est difficile à faire avaler à de nombreux guinéens qui dans leur inconscient se disent à tort ou a raison que Mamadou Sylla a bâti sa fortune sur le dos de l’Etat guinéen.
Mais comme on dit, force revient à la loi. Si jamais il était établi que l’Etat doit à Sylla, il faudra s’y conformer et rendre à César ce qui est à César.
Mamadou Dian Baldé Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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