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Depuis la proclamation des résultats du premier tour de l'élection présidentielle guinéenne certains milieux intellectuels et gouvernementaux se livrent, pour accréditer aux yeux de l'opinion nationale et internationale, à une gymnastique mentale difficile voire impossible à suivre, pour expliquer leurs pas lents vers l'organisation du second tour.
La propagande mensongère et la recherche de 4 millions de dollars sont désormais la porte par laquelle passe l'organisation du second tour. Ainsi la Cour Suprême et les autres moyens légaux et administratifs qui ont été utilisés pour résoudre les problèmes du premier tour, ne comptent plus.
Quelques intellectuels véreux se croient investis d'une mission sacrée de diriger la Guinée. Ils se déclarent amoureux du peuple mais ils ne sont pas pressés à redonner au peuple sa constitution qui a été mise en hibernation par les militaires du CNDD. M. Doré, le RPG et nos amis intellectuels Ben Daouda Touré et compagnie, disent qu'il faut prendre tout son temps pour bien préparer le second tour. Certains milieux ont même parlé de 120 jours bénis par la clémence des cieux et la construction des routes pour...voter. Je suis inquiet de constater que le Premier Ministre parle de résultats du premier tour qui devraient tout simplement être rejetés. Il veut un engagement de son gouvernement pour l'organisation du second tour. Personne ne s'y oppose mais faisons attention pour ne pas enlever le mot "Indépendante" de la CENI. J'ai toujours cru que la CENI est une entité indépendante qui ne doit prendre ses instructions de qui que ce soit. S'il y a des problèmes avec les décisions de cette commission INDEPENDANTE, la Cour Suprême est ici pour trancher. M. Doré ne doit donc pas s'inquiéter parce que personne ne le blâmera si les choses ne marchent pas. Le CNDD est toujours présent pour ramasser le reste des accusations qui se promènent dans les rues guinéennes.
Je veux bien croire le vieux Doré, que j'aime bien pour une raison qui m'est toujours inconnue, lorsqu'il dit que le pouvoir n'est pas sucré, mais il faut vite ajouter que la tentation du pouvoir chez nos intellectuels africains on le sait nait après la rencontre avec celui-ci, rarement avant, car on est tenté que par ce qu'on connait déjà. C'est en découvrant les honneurs militaires, les tapis rouges, la première page des journaux, les salons d'honneur et les réceptions officielles, qu'on s'y attache pour toujours. Le grand intellectuel Ablay Wade ne veut plus quitter le pouvoir. A plus de 80 ans il veut un autre mandat. Plusieurs constitutions africaines ont été modifiées pour permettre aux présidents africains de prolonger leurs séjours respectifs dans nos présidences. Ceux qui protestaient le CNND et qui ont fini par se retrouver au Conseil National de la Transition et/ou au gouvernement Doré sont curieusement silencieux devant ce nouveau forfait qu'on veut imposer au vaillant peuple guinéen.
Faut-il dire qu'après quelques mois d'exercice du pouvoir, le gouvernement Doré et le CNT s'en sont déjà largement engoués?
Le Président Blaise Compaoré vient de parler à M. Doré et son équipe comme on parle à un enfant qui est déjà en retard et qui ne veut pas quitter son lit pour aller à l'école. Il le fait parce qu'il sait que le régime actuel n'a aucune légitimité pour parler au nom du peuple guinéen, et qu'il est lui même bien plus habilité à le faire en tant que médiateur officiel désigné par l'Union Africaine. C'est bien triste de constater que nous sommes bien loin des temps où les pays proches et lointains savaient tenir la Guinée en respect et considération.
To make a long story short, la Guinée a une économie en stagnation, la déflation règne, plusieurs de ses partis politiques se sont décrédibilisés à cause de leur comportement ethnocentriste. Cessez votre humiliation de la Guinée ! Il n'y aura aucune situation à la kenyane. Allez rapidement au second tour pour permettre au vaillant peuple guinéen de choisir son président. Les Guinéennes et les Guinéens ont le droit de retrouver les institutions de leur république et de choisir leurs dirigeants. Imposer un retard quelconque dans l'exercice des droits fondamentaux du peuple, peut être interprété comme étant la négation desdits droits.
Seydou Coulibaly, Philadelphia, PA, USA
www.guineeactu.com
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