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Depuis la semaine dernière, le stade du 28 septembre de Conakry est au centre de tous les débats dans les milieux sportifs du pays. Au-delà des commentaires parfois tendancieux, nous vous proposons la vérité des faits. « Le stade du 28 septembre de Conakry n’est pas encore officiellement suspendu. C’est une sorte de préavis que nous avons reçu ». C’est en ces mots que s’est exprimé le Secrétaire général de la Fédération guinéenne de football, Fodé Capi Camara, lors d’un entretien qu’il nous a accordé le 14 avril dernier. En effet, tout est parti de la correspondance de la Fédération internationale de football en date du 29 mars dernier demandant à la Guinée de choisir un stade devant accueillir ses matches avant le 4 avril, du fait que le stade du 28 septembre ne répond pas entièrement aux normes sécuritaires exigées par l’instance dirigeante du football mondial. C’est dans ce contexte que la Fédération guinéenne de football a tenu une réunion extraordinaire le 31 mars à son siège à l’issue de laquelle elle a rédigé une lettre de protestation adressée à la FIFA pour lui signifier qu’il n’était pas opportun pour la Guinée d’accueillir ses matches à l’extérieur, tout en rassurant la FIFA de sa volonté d’exécuter les travaux exigés par elle, conformément à la première inspection, d’ici le 30 avril prochain. En réponse, la FIFA a exigé en plus de la volonté de la Fédération, l’engagement du gouvernement guinéen à travers le ministère des Sports. Ces deux correspondances ont été expédiées à l’instance dirigeante du football mondial, selon Fodé Capi Camara. Le 11 avril dernier, la FIFA a adressé à la Fédération une autre correspondance lui signifiant qu’un inspecteur se rendra à Conakry pour vérifier, le 1er mai, si l’engagement de la Guinée à effectuer tous les travaux avant le 30 avril a été respecté. Ce dernier s’envolera le lendemain pour Abidjan où il effectuera une autre visite d’inspection au niveau du stade Félix Houphouët Boigny également menacé de suspension. Les travaux en question qui ont été confiés à Rusal devaient démarrer le mardi dernier, à en croire Alhassane Sow, Secrétaire général du ministère des Sports qui a également souligné lors d’un entretien téléphonique que toutes les facilités sont en train d’être créées par le Gouvernement pour que les travaux s’achèvent dans les délais requis. Ce qui permettrait à la Guinée de disputer ses matches des éliminatoires combinées CAN-Mondial 2010 au stade du 28 septembre. Depuis la première inspection en 2006, la Fédération internationale de football avait demandé l’ouverture de beaucoup de portillons à l’intérieur du stade, la construction de blocs sanitaires distincts (hommes et femmes), la construction d’un tunnel favorisant la sécurité des joueurs, le numérotage de toutes les places assises, l’amélioration de l’hygiène au niveau des vestiaires, l’aménagement de la salle anti-dopage, le bureau de la Commission d’urgence et la salle de presse. Quoi qu’il en soit, la balle est dans le camp du Gouvernement et de l’entrepreneur qui doivent prendre toutes les dispositions pour que la menace de la FIFA ne soit qu’un lointain souvenir, même si de l’avis de maints observateurs, le délai semble être trop court. Encore une fois, Fodé Soumah, ancien ministre des Sports est rattrapé par son passé car c’est lui qui a permis en 2006 à la société Guicopres dirigée par Kerfalla Camara, alias « KPC », d’obtenir ce marché de gré à gré relatif à la rénovation du stade du 28 septembre, après l’inspection de la FIFA. Mais, cette entreprise qui avait signé un contrat de plus d’un milliard de Francs guinéens avec l’ancien parrain national du PUP n’a jamais pu achever les travaux. Guicopres qui n’a aucune expérience en matière de construction ou de rénovation de stade, s’est contentée de faire quelques petits travaux avant de s’éclipser. Un état de fait condamné par de nombreux observateurs et qui a le malheur de créer de nos jours d’énormes difficultés à la Guinée avec cette menace de suspension qui pèse lourdement sur le stade du 28 septembre. La dernière inspection de la FIFA a été effectuée en septembre 2007 et avait été menée par le Canadien Kevan Pipe qui avait signifié à la FIFA l’état d’avancement insuffisant des travaux. Rendez-vous est donc pris pour le mois de mai qui permettra au stade du 28 septembre de connaître véritablement son sort, après le séjour de l’inspecteur de l’organe dirigeant du football mondial. Affaire à suivre. Mamoudou Bory Bah L’Indépendant, partenaire de www.guineeactucom
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