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Mon attention a été attirée par la publication le 12 Avril 2009, d’un article rédigé par Mamadou Billo Sy Savané, me concernant et intitulé : « Commentaire autour d’un document : quand Facinet Fofana, ancien ministre des mines de Lansana Conté, utilisait sa fonction à dépouiller sa propre patrie ».
Dans son article, repris par plusieurs sites web, M. Sy Savané déclare s’appuyer sur une « note » postée une semaine auparavant, comme « preuve », pour affirmer des faits qu'il dit « avérés » contre ma personne. J’ai beaucoup hésité quant à l’opportunité de répondre à un nouvel épisode de cette série d’accusations me concernant, surtout lorsque celles-ci viennent du même camp et que les précédentes accusations restent encore à prouver.
J’ai finalement décidé de faire cette déclaration, à la demande de nombreux amis et parents qui m'ont exprimé leur outrage car ce qui est dit dans l’article en question n'a aucune ressemblance avec le Fassiné Fofana qu'ils connaissent. Au-delà, je souhaite saisir cette occasion pour apporter un éclairage aux lecteurs et internautes, qui ne seraient pas humains s'ils n'étaient pas gravement troublés par de telles accusations.
Je n'ai donc aucune intention d'engager une polémique avec Mr Sy Savané. Je vais même le mettre à l'aise. J’ai entendu pire et il est en compagnie relevée!
Plusieurs théories ont été avancées. Le lecteur et l'internaute me permettront de partager avec eux deux de ces théories qui m'ont paru les plus spectaculaires :
- Il y a quelques années, un de mes successeurs au Ministère des Mines est allé dire au Président Conté (Paix à son âme!) que les statistiques d'exportation de CBG étaient fausses. Au lieu des 12-13 millions de tonnes par an de bauxite que la société déclare exporter officiellement, celle-ci exporterait en réalité 20 millions de tonnes de bauxite par an, l'écart de 7 à 8 millions de tonnes étant fait pour mon compte. A 25$ par tonne, cela ferait un pactole de 175 à 200 million $ par an qui serait payés en ma faveur ! Mine de rien.
- Puis, c'est un ancien Premier Ministre de la République, pas moins, qui ira dire au même Président que j'étais, excusez du peu, le premier actionnaire de BHPBilliton, le plus grand groupe minier au Monde ! J'ai appris ces histoires après que le Président Conté (Paix à son âme!) suite à plusieurs années d’enquête, eut confronté les auteurs de ces allégations pour produire des preuves, avant de les débouter et classer ces affaires pour ce qu'elles étaient : des cabales visant à me nuire. C'est par la suite que lui-même me tiendra informé.
Il y a des habitudes qui ont la vie dure chez nous. Certains de nos compatriotes, y compris parmi ceux qui devraient être les mieux avertis, continuent d’imaginer que l’argent pousse sur les troncs d’arbre comme des mangues ou des oranges. Il suffit de secouer l’arbre pour que ça tombe!
Si les allégations du papier de Mr Sy Savané sont moins importantes dans leur ampleur, elles n'en sont pas moins graves dans le principe, et moins fausses. Je pars de l'hypothèse que, contrairement aux accusations précédentes, il n'a aucune intention de nuire (il déclare ne pas me connaître) : il est plutôt mal informé. Comment expliquer autrement, qu’il continue à parler d’exploitation de la bauxite à Siguiri ?
Je demeure convaincu que, s'il avait pris le minimum de temps pour s'informer, on ne se trouverait pas face à cette situation. Car, les informations historiques sont abondantes et d'accès facile et, avec le retour du dossier de Friguia sur l'avant-scène du débat politique et médiatique en Guinée, nos compatriotes en savent plus aujourd'hui sur ce dossier que sur la plupart des autres dossiers du secteur minier.
Par rapport aux différents chefs d'accusation agités contre moi, que savons-nous ?
- Sur l'actionnariat de Guinea Investment Company :
Si la « note » se contente de citer la « liste » des actionnaires de Guinea Investment Company, je voudrais faire remarquer au lecteur, que cette affirmation ne prouve rien du tout. Les auteurs auraient pu aller plus loin, en s’adressant à la juridiction d'enregistrement de la société, pour en produire les documents statutaires : registre de commerce, statuts, PV des AG. De nos jours de tels documents sont dans le domaine public.
Cette démarche était peut-être difficile pour eux. Je vais les y aider. Dans mes recherches pour ce papier, il m’a suffit d’un click sur Google, pour établir que le dossier Friguia avait déjà fait l’objet d’un jugement à la Haute Cour de Justice de Londres. Il s’agissait d’une action intentée par Tekron Resources, une société qui avait conseillé Reynolds dans son approche auprès du Gouvernement guinéen contre Guinea Investment Company, la société des investisseurs privés du nouveau consortium que venait de racheter Rusal.
Au point numéro 5 des extraits du jugement rendu le 24 Novembre 2003, le juge Justice Jack donne aussi bien la liste des actionnaires de Guinea Investment Company que celle des actionnaires de Alumina Company of Guinea, les deux sociétés montées pour cette transaction.
Cette information est disponible gratuitement sur le web (www.vlex.co.uk/vid/hq03x00547-52978593). Nulle part il n'est question de Fassiné Fofana ou même d'une structure représentant ses intérêts. Je laisse libre cours au lecteur de vérifier par lui-même.
- Sur les dividendes annuels prétendument payés en ma faveur :
Ayant démontré dans la rubrique précédente, que je n'étais en rien concerné par Guinea Investment Company, et puisque ces fameux dividendes sont censés rémunérer « mon actionnariat », j'aurais pu m'en arrêter là et laisser le lecteur décider que tout l'édifice s'écroule avec l'effondrement de la thèse centrale.
Je souhaite toutefois saisir cette occasion pour essayer de découvrir avec le lecteur, ce qui pourraient être les motivations du commentaire fait contre moi.
Je fais tout d'abord remarquer au lecteur, que la « note » sur laquelle l'auteur s'appuie, toute ridicule qu'elle est, ne fait aucune mention ni de l’apport de Friguia comme « ma part » dans Guinea Investment Company ni de quelque paiement de « dividende » que ce soit en ma faveur.
Il apparaît que le professeur a, peut-être, trop rapidement lu la « note ». Si cette note est encore postée sur le net, je prie le lecteur de s'y référer. Il appréciera.
Je fais ensuite remarquer que, Dieu faisant bien les choses, ce dossier a occupé le devant de la scène politique et médiatique dans notre pays, depuis plusieurs semaines. Pour ce qui est de la cession de Friguia, je crois savoir que nos compatriotes savent maintenant à quoi s'en tenir.
L'ancien Directeur de Cabinet du Président de la République n'a-t-il pas déclaré que c'est lui seul, « sans la participation d'aucun autre cadre guinéen », qui a fait ce montage ? Pourquoi dans ces conditions, chercherait-on à m'associer à cette transaction qui s’est déroulée plus de six ans après mon départ du Gouvernement ?
Face à la tentative d'y associer d'autres cadres, le Président de la République n'a-t-il pas déclaré courageusement : « Je ne veux pas de l’injustice… Organiser la mafia pour détruire les gens, les incriminer pour briser leur carrière, je ne suis pas dedans ».
La réponse à une seule des questions ci-dessous, pourrait éclairer le lecteur sur la validité, la crédibilité de cette accusation :
a) Pourquoi Rusal, qui a repris le contrat de location-gérance de Reynolds en Décembre 2002, et qui a signé un protocole d'accord avec le Directeur de Cabinet de la Présidence, portant sur le rachat total de l'usine en Décembre 2003, continuerait-elle à me payer « entre 6 et 10 millions $ par an jusqu’en 2006 », alors qu’elle est obligée d’aller à la Haute Cour de Justice de Londres (comme évoqué ci-haut) après qu’elle ait refusé d’honorer un contrat entre GIC et Tekron pour seulement 3 millions $ ?
Rusal a annulé ce contrat en indiquant qu’avec les relations qu’elle avait au Palais Présidentiel à Conakry, elle n’avait plus besoin des conseils de Tekron pour la Guinée. Dans ces conditions, pourquoi continuerait-elle d’entretenir un ancien ministre qui ne peut plus rien lui apporter, alors qu’elle a un accès direct au Président ? Pourquoi ne dénoncerait-elle pas la supercherie du Ministre au Président ?
b) Si Friguia a déjà été « apporté » comme « ma » part dans GIC (qui en serait donc déjà propriétaire), pourquoi Rusal (qui a donc logiquement hérité du titre de propriété de Friguia du groupe Reynolds en rachetant GIC)), va-t-elle conclure un protocole d’accord avec le Directeur de Cabinet du Président de la République (qui vient de reconnaître les faits) pour racheter la même usine à 19 millions $ ?
Comment peut-elle acheter la même usine deux fois ? Une première fois en « me » payant sous forme d'actions dans la société avec les « dividendes » qui en découleraient, une deuxième fois en payant l’Etat guinéen ? Dites-moi si cela a un sens pour vous. Moi je ne m’y retrouve pas.
c) A quel moment aurais-je remis le « titre de propriété » de Friguia (dont je me serais approprié) à la République de Guinée, pour permettre au Président Conté (Paix à son âme!) de faire son décret du 30 Mars 2006, comme on vient de l’apprendre ? Un tel acte peut-il être passé sous silence ? Pourquoi, à la faveur de cette opération, l’Etat guinéen ne m’a-t-il pas poursuivi pour ce qui aurait, sans nul doute, constitué un acte de haute trahison ? Pourquoi le Président Conté (Paix à son âme!), qui venait de signer le décret du 30 mars 2006, m’a-t-il déclaré en Septembre 2006, devant témoins, que « si quelqu’un me dit qu’il a quelque chose sur moi ou contre moi c’est un menteur » ?
d) Pourquoi le Gouvernement actuel est en mesure aujourd’hui de revenir sur la vente de l’usine à 19 millions $ et de remettre l’actif dans le portefeuille de l’Etat, si j’avais déjà compromis l’avenir de l’usine, en me l’appropriant ?
e) A l’âge des transferts électroniques, aucun mouvement de ce genre ne peut être caché. Même dans le plus grand pays de gestion de fortune telle la Suisse, tout mouvement supérieur à 50 000 $ doit être signalé aux autorités. C’est ainsi que tous les fonds de l’ex-Président nigérian Sani Abasha ont été identifiés. Comment ne peut-on pas tracer les mouvements de fonds d’un simple ancien Ministre guinéen ?
- Sur la « mise en difficulté artificielle de la société » pour forcer le départ de Frialco :
Je voudrais d'abord faire remarquer, en passant, que je n'ai pas vu ce détail, non plus la « note » sur laquelle déclare s'appuyer Mr Sy Savané. Il doit avoir plusieurs sources, autres que la « note » qui a servi de catalyseur à son papier. Ce point pose deux problèmes :
a) A l'heure où il y a une clameur totale et justifiée dans le pays pour une révision des contrats miniers, comment peut-on reprocher à un ministre, d'avoir été le premier à engager une telle bagarre, quand il s'est rendu compte que la relation économique, résultant des accords de 1973 et suivants, était complètement déséquilibrée en défaveur de la République de Guinée ?
La convention qui en a résulté, a été le premier texte jamais approuvé à l'unanimité de notre jeune assemblée nationale.
b) Pourquoi devrait-on passer une décennie à vouloir prouver, sans jamais y parvenir, que le ministre n'a agi que dans son intérêt personnel ? Pourquoi imaginer des prises d'intérêt que même l'actualité politique guinéenne dément ? Y aurait-il d’autres forces derrière cette campagne ?
Frialco est parti parce que j’avais mis leur jeu à nu. Les partenaires ne voulaient pas de la nouvelle relation économique que je leur proposais.
- Saviez -vous qu'à Friguia, puisque la société était chroniquement déficitaire, la valeur des actions des partenaires était liée aux droits d'enlèvement de l'alumine ?
- Saviez-vous que la Guinée, même avec 49% des actions, n'avait aucun droit d'enlèvement d'alumine et que les partenaires de Frialco se répartissaient entre eux, les droits qui devaient revenir à la Guinée ?
- Saviez-vous qu'en conséquence de cela, la valeur des actions de la Guinée dans Friguia était nulle, et que l'Etat Guinéen, s'il était en besoin de financement urgent, ne pouvait utiliser cet actionnariat pour lever quelque montant que ce soit sur les marches internationaux ?
- Saviez-vous que c'est la République de Guinée qui prenait tous les risques, en s'endettant auprès de la Banque Européenne d'Investissement et de l'Agence Française de Développement, pour ensuite rétrocéder les prêts à Friguia?
- Saviez-vous que, malgré tous ces sacrifices, la Guinée était toujours en minorité au Conseil d'Administration, Frialco contrôlant 51% des votes ?
- Saviez-vous que, en Mai 1998, sous ma pression et sous l'égide la Banque d'affaires UBS-Warburg, Frialco avait tout d'abord accepté le nouveau pacte d'actionnaires qui consacrait notamment l'éclatement de Frialco, pour permettre la constitution de majorités d'idées au Conseil, notamment en vue d’une décision d’expansion de la raffinerie, et surtout l'allocation de droits d'alumine à la Guinée?
- Saviez-vous que, s'étant rendu compte des concessions qu'il venait de faire à la Guinée, et peut-être pour éviter que la Guinée ne demandât les mêmes changements à la CBG (où les mêmes problèmes vont se poser, à terme, et où trois sur quatre des partenaires de Frialco se retrouvaient) ils ont préféré se retirer de Friguia, en revendant leur action a la Guinée en Juin 1998 ?
- Saviez-vous que l'appel d'offres de privatisation que j'ai lancé par la suite, conduite par UBS-Warburg, s'est révélée infructueuse (il y avait un seul candidat sérieux pour l'achat : Comalco, la filiale aluminium de Rio Tinto à l’époque ), et que j'ai préféré la solution de mise en location-gérance plutôt que la vente, à l'époque, à prix dérisoire, ceci pour donner à l'Etat, le temps de trouver un nouvel acheteur à un prix acceptable par l’Etat, le moment venu ?
Il me semble que c'est cette position qui a permis à l'Etat de faire la transaction qu'elle a faite avec Rusal. Le seul débat que j'entends aujourd'hui, porte sur le prix de cession à Rusal. A ma connaissance, personne, en dehors de Mr Sy Savané, ne conteste que l'actif ait, à aucun moment, cessé d'être propriété de l'Etat.
- Sur le « groupe de mafiosi » que je constituerais avec « mes » amis :
Ayant été homme public en Guinée, je trouve parfaitement légitime que des citoyens critiquent mon action passée au gouvernement. Je n'élèverai donc aucune défense contre les allégations faites, lorsque celles-ci portent sur la politique menée elle-même. Ce n’est ni le lieu, ni l’objet de ce mémo.
Je ne répondrai pas, non plus, aux jugements émis contre mon caractère. Ce n’est pas le plus important. Je veux simplement relater les faits tels que je les ai vécus. J’estime que les lecteurs et internautes sont suffisamment intelligents pour faire la part des choses.
Par contre, s’agissant des étrangers qui viennent investir dans notre pays, il serait bon, pour notre réputation collective, que tout le monde cherche à s'informer, avant de porter des jugements sur eux. Par rapport aux personnalités mises en cause, je me dois de rétablir la vérité, tout au moins en ce qui concerne leurs activités dans notre pays. Pour avoir été celui qui a occasionné leur arrivée en Guinée, pour y investir, je ne souhaite pas laisser leur réputation internationale ternie par des problèmes guinéo-guinéens.
Quand Mr Randolph (Randy) Reynolds venait en Guinée, sa société, Reynolds Metals était la troisième société de l’industrie de l’aluminium, avant sa fusion avec Alcoa en 2000. Il a fait construire et était copropriétaire de la plus grande raffinerie d’alumine au monde, à Worsley en Australie. Nos compatriotes vivant en Amérique du Nord, sont certainement familiers des emballages Reynolds (Reynolds foils).
Il a bravé son Conseil d'Administration pour décider de venir à Friguia. De l'avis des travailleurs de l'usine, celle-ci n'a jamais été aussi bien gérée (en tout cas ces dernières années) que durant les années Reynolds. Un « mafioso », ce scion de l’industrie américaine, parce qu’il n’est pas « votre » ami ?
Karim Karjian, un mafioso ? Nos compatriotes doivent savoir que ce Monsieur a rendu plusieurs services à la Guinée, dont un, pour lequel, je lui serais éternellement reconnaissant. Sous d’autres cieux, il serait décoré : il a aide la Guinée à récupérer sa bauxite.
Saviez-vous qu’au terme de la Convention de 1963 créant la CBG, la Guinée avait apporté toute la bauxite du Nord-Ouest de la Guinée (des milliards de tonnes de la meilleure bauxite au monde), pour une valorisation de seulement 980,000$ contre l’octroi 49 % du capital de la société ?
Saviez-vous qu’en conséquence, le consortium Halco (dont trois des participants de Frialco) ne permettait à personne de s'installer dans cette zone, qu'il considérait comme sa chasse-gardée et la Guinée, comme leur proie ?
Saviez-vous vous que, dès 1998, j'ai demandé à Mr Karjian de rassembler un groupe d'investisseurs crédibles pour qu'on puisse entrer dans ce paquet ?
Saviez-vous que, suite à ses efforts, le Gouvernement a trouvé l’appui nécessaire pour faire passer l'avenant numéro 1 de la convention de CBG (signé par mon successeur), réduisant le permis de CBG à une zone raisonnable ? Dorénavant, si elle souhaite avoir des zones additionnelles, CBG devra faire une demande de permis auprès du Ministre des Mines, comme toutes les autres détenteurs de permis.
Saviez-vous que, résultats des courses, alors que le consortium Halco n' a pas encore construit une seule usine d'alumine en Guinée, depuis près de cinquante ans qu'il sont là (et malgré les dispositions de l’article 7 de la Convention de 1963), Global Alumina, la société dont Karim Karjian est le Président, Global Alumina, construit en Guinée aujourd’hui, le plus grand projet industriel dans toute l'Afrique (hors secteur pétrolier) et la plus grande nouvelle raffinerie d'alumine, jamais construite dans le monde ?
Saviez-vous que, grâce a cette récupération de notre bauxite, près d'une vingtaine de sociétés ont actuellement des permis de recherche en Guinée, et que de nouveaux projets de raffinerie d’alumine pourraient sortir bientôt ?
Saviez-vous que de nouveaux acteurs de l'industrie commencent à émerger, et que trois sur quatre des prétendus « grands » de Frialco ont disparu de la scène ?
Pense-t-on réellement envisager que si un mafioso avait 6 milliards de dollars à investir, il engloutirait cela dans un projet qui prend une dizaine d'années à développer en Afrique ?
J'espère être parvenu, à travers ce papier, à éclairer la lanterne du lecteur et de l'internaute, sur les sujets évoqués ici. J'avais été tenté, dans un premier temps, de garder mon mutisme habituel. Toutefois, compte tenu de la gravité des accusations gratuites formulées à mon encontre, apporter un éclairage à des compatriotes qui ne me connaissent pas, qui veulent comprendre, mais n’ont entendu jusqu’ici qu’un bruyant son de cloche, m’a paru essentiel. Ne pas réagir en cette circonstance, aurait valu assentiment, crainte, culpabilité, lâcheté vis-à-vis de ma conscience et vis-à-vis de ceux qui connaissent bien ma personnalité intrinsèque, des personnes qui m’aiment bien et m’ont demandé depuis très longtemps, trop longtemps, à maintes reprises, de sortir de mon silence, d’un mutisme incompréhensible face à tant de mensonges, de haine et peut-être, d'incompréhension.
Je pense surtout que ces quelques précisions devraient permettre aux historiens, économistes, étudiants, syndicalistes et autres acteurs socio-économiques de notre pays, d’avoir une idée de la dynamique de certaines décisions que l’on est amené à prendre, lorsqu’on est aux affaires.
Ai-je commis des erreurs ? Très certainement. Mon travail ne serait pas une œuvre humaine, s’il n’était pas entaché d’erreurs. Heureusement que les ministres se relaient dans la République pour corriger les erreurs, les uns des autres. C’est ce travail qui se poursuit en Guinée.
Ai-je donné le meilleur de moi-même pour mon pays ? Certainement oui, dans la limite des pouvoirs que j’avais. C’est pour cela que je ne suis dérangé par aucune des clameurs cherchant à prouver le contraire.
Depuis une décennie que certains ont ouvert une véritable « chasse » contre moi, personne n’a encore pu sortir un dossier d’Etat que j’aurais traité pour le pays, en privilégiant mes intérêts contre ceux de la Guinée. Pourtant, tous les dossiers sur lesquels j’ai eu le privilège de travailler, sont dans le domaine public. Ce n’est pas une « note » anonyme, opportunément plantée sur le net, parce qu’il y a des auditions en cours à Conakry, qui prouvera le contraire.
La révision annoncée des conventions minières va en surprendre plus d’un. On pourrait se demander les raisons d’une telle persistance. Est-ce parce que j’ai été le premier et seul ministre de la deuxième République à engager un audit international pour démasquer des malversations dans mes services, poursuivre les prévenus devant les juridictions guinéennes et obtenir leur condamnation. Est-ce parce que, comme me le prédisait le Président Conté (Paix à son âme !), « en m’attaquant à Frialco, je me suis attaqué à leur gros lobby intérieur » ? L’avenir nous le dira.
Quant à Mr Sy Savané, je ne lui ferai aucun procès d’intention. Lui seul sait ce qui motive sa démarche. Je pense avoir donné suffisamment d’indication pour permettre à chacun de tirer ses propres leçons. Je veux continuer à penser qu'il lui manquait des informations. Je crois qu'avec la base d'information que je viens de donner, lui et les autres ont de quoi mieux traiter ce sujet.
En tant que professeur d'Université, donc à priori formé à la recherche, à l'intégrité et à la rigueur, j’attends de lui qu'il reconnaisse ses erreurs et demande rémission et pardon. A défaut, je n'aurai d'autre alternative que d'engager une action en diffamation devant les juridictions britanniques et guinéennes.
C'est pour cette raison que j’indique ici, que la présente déclaration a été faite sans préjudice des poursuites que je pourrais engager. L’objet de ma démarche est de remettre au sein de notre République, des valeurs tels l’excellence, la vérité, le respect, l’éthique, la rigueur, l’état de droit avec deux de ses corollaires que sont la présomption d’innocence et le débat contradictoire.
Londres, le 25 Avril 2009
Fassiné Fofana pour www.guineeactu.com
Note biographique : Fassiné Fofana est Président de Energy Equity Resources, une société pétrolière anglo-norvégienne basée à Londres. Il a été Ministre des Mines en Guinée entre août 1994 et janvier 2000.Il est également Président-Directeur General de Africa Geothermal International une société développant des centrales électriques a partir de l’énergie géothermale de la Rift Valley en Afrique de l’Est. Avant d'entrer au Gouvernement il était Secrétaire de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) et fut le premier guinéen à occuper les fonctions de Directeur Financier d'une des sociétés minières de la place, la Société Aurifère de Guinée à Siguiri. Il siège au Conseil d'Administration de Carbon Reduction International une société britannique travaillant sur le réchauffement climatique.
Après l'obtention de son baccalauréat en Guinée (classé premier de la Guinée dans sa série), Fassiné Fofana obtint une Maîtrise de Sciences Physiques, avec mention à la faculté des sciences de l'université d'Abidjan. Il se rend ensuite en Europe où il obtient successivement un Mastère en Ingénierie (diplôme Ingénieur grande école) à l'Institut National Polytechnique de Toulouse, un Masters in Business Administration (MBA) à l'INSEAD (la plus prestigieuse des business schools en Europe) et un Masters in Financial Economics à l'Université de Londres. Il a également suivi des programmes de formation Harvard Business School et à l'Institut du FMI.
Fassiné Fofana est membre des associations des anciens élèves de Insead, Harvard Business School et London School of Economics. Nabbie Ibrahim « Baby » SOUMAH pour www.guineeactu.com
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