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La grève actuelle des médecins guinéens est devenue une véritable catastrophe humanitaire. Et on se demande comment ils peuvent dormir tranquillement dans leur famille avec autant de cadavres sur la conscience. Pour quelques blouses et un peu plus de riz, ils laissent mourir sans pitié les malades dont la vie leur est confiée en les abandonnant tout simplement à eux-mêmes. Certainement, ils n'ont pas compris le contenu et la signification du serment d'Hippocrate. En violant ce serment, ils deviennent des travailleurs primitifs en blouses blanches qui tolèrent la mort de leurs patients en demandant leurs droits et en trahissant leur profession. La médecine est une profession de haut degré d'éthique et non une profession de commerce. Nous constatons avec amertume que cette profession est trahie et actuellement dans un état de dégradation avancé. Par rapport à la plupart de leurs compatriotes vivants en Guinée, les médecins peuvent facilement obtenir ce pour quoi ils sont en grève considérant le niveau de corruption dans ce métier. Chaque malade qui décède inutilement et sans défense par manque de l'aide médicale est une vie perdue de trop. Cela, on le comprend difficilement en Guinée. On ne le comprend que quand sa propre vie est en danger. Pourtant, le premier Droit de l'Homme c'est le droit à la vie. Et c'est ce que les médecins, actuellement en grève, violent maintenant nuit et jour. En violant le serment d'Hippocrate, ils se rabaissent et tombent aussi bas et au même niveau que les traîtres en blouses blanches. Il y a beaucoup d'autres moyens de protester contre les conditions de travail que de laisser mourir volontairement les malades. On peut par exemple toujours faire des publications sur Internet et dans les journaux (deux outils qui sont à l'avant-garde de la défense des droits humains) en dénonçant les conditions qui prévalent dans les hôpitaux et qui empêchent très souvent la survie des malades. On peut aussi évoquer les conséquences de la pauvreté si les patients n'arrivent pas à payer même pour le service minimum. J'ai été témoin oculaire de cet état de fait à plusieurs reprises. Il y a aussi le manque et la vétusté des appareils et équipements ; la manque de documentations en matière de médecine. Aussi et surtout de déplorer que les médecins guinéens ne peuvent participer que très rarement aux congrès internationaux et autres rencontres qui leurs permettent d'être en contact avec les progrès de la médecine moderne. Le fait que les conditions du travail des médecins sont difficiles n'est pas la faute des malades et de leurs familles. Il ne faut donc pas faire supporter les conséquences aux innocents, aux faibles qui sont le plus souvent sans défense. Ursula Reimer IGFM, Allemagne Source : www.ondes-guinee.info , partenaire de www.guineeactu.com
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