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La tenue du scrutin des élections législatives est fixée au 31 mai 2009. C’est le ministre de l’Administration du territoire chargé des Affaires politiques, Sékouba Bangoura, qui l’a annoncé le 12 décembre dernier. C’était lors d’une rencontre qu’il a eue avec les acteurs politiques et des membres de la commission électorale nationale indépendante/CENI entre autres.
Malgré les difficultés enregistrées actuellement à l’enrôlement des électeurs, le ministre croit savoir que les problèmes identifiés sur le terrain depuis le démarrage du recensement le 9 octobre dernier, seront résolus. Et qu’à la fin janvier 2009 le recensement en cours sera clos. Cependant beaucoup de citoyens restent encore sceptiques quand on sait que ces problèmes sont nombreux sur le terrain. Parmi eux, nombre d’observateurs croient que cette déclaration du ministre n’est pas fortuite. Car, le gouvernement actuel cherche à atteindre le point d’achèvement de l’initiative des pays pauvres très endettés (PPTE) auprès des bailleurs de fonds pour bénéficier de fonds lui permettant d’investir mais aussi un effacement de sa dette extérieure qui se chiffre à 3 milliards de dollars. Et l’une des conditions des bailleurs de fonds, serait que le gouvernement fixe la date des élections législatives reportées depuis 2006 (pour plusieurs raisons que l’on n’ignore pas). Quelques observateurs de la scène politique guinéenne s’interrogent si cet énième report de date ne risque pas de se reproduire en 2009. A tort ou à raison. C’est selon. Toujours est-il que 2009 est aussi une année d’élections communales et communautaires qui demandent un financement et un appui des bailleurs sur la base de quelques conditions comme l’organisation des futures législatives sur la base d’un fichier électoral assaini. Pourtant le recensement en cours est confronté à des problèmes d’ordres techniques : (panne des kits et des groupes électrogènes alimentant ces kits), le manque d’encre, l’insuffisance des fichiers d’enregistrement et des agents : (près de 12.000 pour une population d’environ 10 millions d’habitants), de certificats de résidence mais aussi d’un problème financier. La liste n’est pas exhaustive. A l’allure où vont les opérations de recensement, il serait un miracle d’obtenir un fichier électoral exhaustif de ceux- là en âge de voter affirme un militant d’un parti politique joint au téléphone. Certains centres d’enrôlement des électeurs n’atteignent même pas cent (100) personnes par jour. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à faire un tour dans ces centres ou aux « bases » de certains partis politiques pour écouter les plaintes de leurs militants sur ces opérations ‘’en panne.’’ A en croire certaines sources, le nombre ne dépasse pas 60 voire 50 personnes par jour. A cela s’ajoute un certain trafic d’influence, de corruption, menés par quelques chefs locaux tels les chefs de quartiers, de la maladresse de certains opérateurs de saisie par incompétence et d’absence de membres de la commission administrative pour la révision des listes électorales (CARLE) due pour certains à des questions pécuniaires ou d’études. Ces maux étant connus, il y a peu, certains citoyens avaient cru à la tenue des élections pour le premier trimestre de 2009. Car la solution serait apportée par les intéressés. C’est dans cet optimisme affiché que le gouvernement avait annoncé un premier report de la date initialement prévue. C’est-à-dire au lieu que ce soit entre le 30 novembre et le 31 décembre de l’année en cours, il avait été prévu pour le premier trimestre de 2009 qui vient d’être décalé pour le 31 mai de la même année.
Peut-on croire à l’organisation des législatives en fin mai 2009 ? Certains citoyens y croient avec un scepticisme non sans fondement. Attendons de voir.
Mamadou Siré Diallo Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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