|
« La liberté, c’est passer d’un état à l’autre, c’est s’arracher à quelque chose. C’est donc une rupture. » François Mitterrand
J’avais écrit que Conté était le chef des mutins, lorsque la bande à Pivi avait pris en otage le pays et vandalisé le siège de la compagnie d’intervention de la police.
En écoutant le président du Sénégal, rapporter sur RFI ce que lui aurait dit Moussa Dadis Camara, à savoir « qu’il était très proche de l’ancien Président Conté, qui lui aurait confié sa famille, et qu’il est obligé de protéger »
En observant la composition du CNDD, avec PIVI comme membre !
En observant comment, les généraux, le gouvernement et toutes les institutions, y compris la famille du défunt président, ont fait allégeance à la junte qui ne tarie pas d’éloges pour Conté,
En examinant avec quelle rapidité, un protocole a été signé entre le gouvernement « Souaré » et Sylla Mamadou, juste avant la mort « officielle » de Conté, pour engager l’Etat à lui rembourser une dette suspecte et controversée,
Au même moment, Santullo « cède » la cité dite « Lansana Conté » et disparaît,
Lorsque la rumeur prête au CNDD, la volonté de protéger ceux qui se sont appropriés le patrimoine bâti sous l’ère Conté, en nommant auprès du chef de la junte, un Ministre d’Etat chargé du patrimoine bâti, alors que cet architecte est réputé être celui de Mamadou Sylla,
Lorsque déjà, les militaires chargés de protéger les citoyens, jouent aux procureurs, en convoquant des citoyens, ou en violant des domiciles et perquisitionnent sans mandat,
Lorsque j’observe les bandes d’affairistes qui envahissent les couloirs du BATA, siège de la junte, et rôdent autour du camp Alpha Yaya, devenu le centre d’intérêt le plus attractif du pays,
En méditant sur tout ce qui précède, au regard de la situation du pays et de la misère des populations, je suis envahi par une angoisse, enveloppée dans une colère.
- L’angoisse d’un saut dans l’inconnu pour ce 3ème rendez-vous de la Guinée et des Guinéens avec l’histoire,
- La colère de voir les Guinéens être encore les dindons de la farce par ceux qui, depuis 50 ans, nous piétinent, nous flouent sans états d’âmes, dans l’indifférence de la Communauté internationale, donc avec sa complicité, « pour refus de porter secours à peuple en danger ».
Ceci étant dit, je lance un appel à tous ceux qui pensent que le pays, ses hommes et femmes, jeunes et vieux, méritent une autre vie, une autre voie de sortie, dans un cadre légal, réglementé saint et sûr, à se mobiliser pour faire barrage à ceux qui, comme en 1958 et 1984,ont tué l’espoir, et qui sont les mêmes qui se recyclent, se perpétuent et se passent les témoins : le CMRN a été pris en otage par les reliquats du PDG qui ont créer le PUP, la junte est entrain de recycler ceux qui ont fait Conté.
Il faut, Guinéens et Guinéennes se lever, c’est le moment de donner sa poitrine aux dealers du pouvoir, pour éviter que le pays ne sombre à jamais, pour devenir pire que HAITI.
I faut tout de suite imposer à la junte :
1. L’organisation d’élections libres et transparentes sans délais, maintenant. Et si la Communauté internationale ne fait pas dans l’hypocrisie dont elle est maître, elle devrait, plutôt que de faire des déclarations aux logiciels périmés, mobiliser les bailleurs de fonds pour financer l’unique moyen de créer un ordre constitutionnel, en finançant des élections libres, et engager la junte à n’avoir comme feuille de route, que la mise en œuvre du processus.
2. En attendant que la Guinée ne soit doté d’autorités légitimes et légales, le gouvernement de Komara devra par ailleurs :
=> Suspendre le protocole signé avec Futurelec et procéder à un audit de traçabilité des sources de financements de cette société. Et compte tenu de l’importance du contentieux aux enjeux sociaux aussi importants que les montants en jeu, mettre Futurelec sous règlement judiciaire, avec la désignation d’un juge commissaire.
=> Mettre sous tutelle, la société SERICOM de Santullo, pour un audit de traçabilité des opérations de la société depuis sa création, y compris les justificatifs des exonérations fantaisistes et suspectes, qui ont permis à cette société de fonctionner en Guinée comme une offshore.
=> Suspendre pour révision, les conventions et marchés en cours d’exécutions.
=> Engager un audit général des finances publiques, de certaines administrations et organismes de l’Etat.
Ce sera déjà un vaste programme qui, s’il est mené avec sérieux et sérénité, rapportera au pays de quoi électrifier toute la Guinée, réhabiliter les hôpitaux et permettre à nos enfants d’aller à l’école.
Toute autre démarche serait de la fanfaronnade nationale, et nous resterons les dindons de la farce, et nous continuerons à végéter dans la misère.
GUINEENS LEVONS NOUS !
Sinon nous serons comme le Liberia, la Sierra Leone ou la Côte d’Ivoire, plongés bientôt, dans une guerre civile.
Drahmane Touré pour www.guineeactu.com
|