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La nouvelle est tombée au journal télévisé de 13h sur toutes les chaînes de télévision françaises. C’est en direct du restaurant Drouant, à Paris, que l’annonce a été faite. Le roman de Tierno Monénembo, Le Roi de Kahel, que je vous présentais le 29 avril 2008, vient de recevoir le Prix Renaudot 2008. Pour la petite histoire, ce texte savoureux parle de l’aventure d’Oliver de Sanderval : ce français dont le rêve était de fonder un empire au Foutah-Djallon. Parti de sa région natale, (Rhône-Alpes) ce Lyonnais s’embarque à bord des bateaux de la compagnie des Messageries Maritimes pour les côtes ouest-africaines pour atteindre la Guinée Française. C’est la folle aventure de ce personnage que Tierno Monénembo campe avec sa plume alerte. Ce roman historique, du moins l’histoire vue par un romancier, retrace la légende de Yémé, le héros du roman. Celui-ci n’est autre qu’Aimé Victor Olivier, futur Vicomte de Sanderval. Plus connu sous le nom d’Olivier de Sanderval, ce personnage attrayant et dépitant fait partie des précurseurs, en terme littéraire, du récit de voyage. Le rêve de ce fils de riches Lyonnais en fait un fou. Du moins, un personnage atypique digne d’inspirer Monénembo qui écrit dans ce début du vingt et unième siècle, un récit de voyage à l’envers. Car, cette fois- ci, c’est d’Afrique que provient le récit. On apprend, dans Le Roi de Kahel, comment à titre personnel, un Français a réussi à négocier et obtenir des rois du Fouta-Djallon l’implantation d’un royaume au cœur même de leur territoire. Comment, en plus de ces initiatives dans le Fouta, Olivier de Sanderval s’est illustré en Basse-Côte où il réussit d’autres négociations avec les rois nalous et soussous. Ces exploits font de leur auteur l’un des personnages que les Guinéens assimilent à l’histoire du pays. Ainsi, Sandervalia, l’un des quartiers de Kaloum (Conakry I) porte-t-il son nom. Son effigie trône, de nos jours encore, dans le musée de Kaloum. La petite case qui faisait office de cuisine est toujours bien entretenue par la commune. La prodigalité en anecdotes, le ton léger, le verbe pittoresque qui est à la limite du drame, tant l’action est faite de risques, rendent le texte de Monénembo captivant du début à la fin. La critique n’a pas manqué d’encenser ce roman depuis sa parution. Elle s’en est faite l’écho dans tous les journaux français et africains. Tous reconnaissent que Le Roi de Kahel est empreint du sceau de l’un des plus grands romanciers du continent africain. Le jury ne s’est pas trompé en décernant le prestigieux Prix Renaudot à l’écrivain guinéen. Cet auteur francophone de renommée internationale qui séjourne actuellement quelque part en Amérique Latine, n’est que très méritant. Rappelons qu’il a déjà reçu le Grand prix de l’Afrique Noire, Mention Spéciale de la Fondation L. S. Senghor pour Les Ecailles du ciel en 1986. L’Aîné des Orphelins a eu le Prix des Tropiques en 2000. Bravo Tierno! Lamarana Petty Diallo pour www.guineeactu.com
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