dimanche 27 juillet 2008
Le Retrait des "Saints du cas Guinéens" et l'inactivisme de la Diaspora

Les événements de Janvier et Février 2007 se sont inscrits dans le processus de changement irréversible que nous connaissons aujourd'hui. Lors de ces événements, nos martyrs se sont battus au prix de leur vie pour l'émergence d'une Guinée meilleure, démocratique et respectueuse des principes républicaines et de la bonne gouvernance. Au cours de ces représailles, la Guinée entière a rejeté la nomination d'Eugène Camara comme premier ministre et le pouvoir central s'était aussitôt rétracté. Alors que le peuple réclamait le départ du Général, nos "saints du cas Guinéen" trahissaient la nation entière en proposant une sortie de crise basée sur la nomination d'un premier ministre de consensus et l'application d'une feuille de route rédigée pour la circonstance comme si cela suffisait pour régler nos problèmes. Ce fut la première gaffe de la coalition syndicale et Kouyaté le "St sauveur" tant attendu fut choisi par le Général. Durant les 15 mois de son magistère, le "Messie" Kouyaté n'aura jamais eu les mains libres parce qu'il a préféré la diplomatie à la réalité du terrain, il a voulu négocier et ça n'a pas marché. "On ne fait pas de pacte avec le diable", donc il fut remercié de la façon la plus ingrate.

C'est dans cette période de confusion que le même Général Conte nous envoya Souaré, un homme qui a appartenu au "clan des bannis de la république" à cause de leurs gestions désastreuses de la chose publique. Comment comprendre le renvoi d'Eugène Camara (qui a été moins prédateur) et qu'on déroule le tapis rouge pour Souaré (espérons qu'il ne nous crache pas dessus). C'est déshabiller St Pierre pour habiller St Paul et tout cela sous les regards attentifs de nos alliés d'hier qui sont peut-être devenus nos ennemis d'aujourd'hui. La question mérite d'être posée. Je ne comprends pas cette volte-face de nos protecteurs d'hier, eux qui se sont battus avec la dernière énergie au prix fort de leur vie pour l'avènement d'une Guinée nouvelle.

Souare nous a été impose, alors prions pour qu'il réussisse car il y va de l'intérêt de tous les guinéens. Nous connaissons les résultats de ses passages dans les différents cabinets qu'il a eu à diriger mais nous pouvons lui accorder le bénéfice du doute non pas parce qu'il est le moindre mal comme l'ont prétendu certains mais parce qu'il est tout simplement un humain et que l'erreur est humaine même dans la gestion du pouvoir au plus haut sommet. Le voleur d'hier, s'il a eu conscience de sa forfaiture peut se repentir et devenir le saint de demain a condition qu'il fasse un examen de conscience et qu'il pense a l'héritage qu'il voudrait laisser a sa postérité.

Journalistes et Contributeurs de la Diaspora

Nous, contributeurs et journalistes de la diaspora oublions souvent que nous ne sommes pas un quatrième pouvoir mais pouvons au mieux être un contre pouvoir. Et ce parce que nous sommes un contre pouvoir dont le rôle ne doit pas se limiter à dire qu'un tel a volé ou qu'un autre a tué mais nous devons ajouter que tuer et voler sont punis par la loi et que cette même loi doit s'appliquer en toute circonstance peu importe le rang social ou la fonction administrative de l'accusé. Si nous ne jouons pas ce rôle de critique, nous participons à réunir les conditions de dégradation de notre chère Guinée. Nous ne devons pas tomber dans l'amateurisme, le laxisme. Nous ne devons pas transporter des problèmes de personnes sur le net. Nous devons être animés du souci de dénonciation des dérapages de nos gouvernants. Que ceux qui n'ont rien à dire se taisent pour ne pas induire le peuple en erreur. Et à ce propos, MAO disait "IL NE FAUT JAMAIS DONNER LA PAROLE A UN HOMME MAL INFORME". Nous n'avons pas la science infuse et ne détenons pas le monopole de la vérité mais nous avons un outil de pression qu'est l'internet et faisons de sorte qu'à travers nos écrits, que nous nous acquittions de notre rôle essentiel de sensibilisation de l'opinion publique et de promouvoir une culture de la paix, d'amour de la patrie et de retenue. Nous ne devons pas commenter les choses d'une manière unilatérale et superficielle, sans fondements. Nous agissons en formateur car nous influons directement sur la psychologie des personnes qui nous lisent.

Par rapport à cet impératif auquel nous affirmons notre parfaite adhésion, nous nous permettons ici de guider l'opinion vers ce qui nous semble être le mieux pour le pays et d'appeler à plus de discernement en cette période d'extrême confusion des esprits et de réchauffement des ambitions.

L'absence d'une culture du bilan, la primauté des calculs partisans sur l'exemplarité de la sanction, constituent une invitation au laxisme dans l'action publique. Le ministre ou le directeur d'une entreprise publique nouvellement nommé ne fait pas de déclaration publique de patrimoine. A son éviction, il effectue une passation sommaire de service à la place d'une nouvelle déclaration de patrimoine et d'un bilan administratif et financier détaillé. Cela, nous devons le dire a travers nos écrits pour éclairer nos lecteurs sur la bonne gouvernance au lieu d'attiser le feu de la guerre civile qui ne profitera à personne.

Nous avons parfaitement les moyens de nous sortir d'affaire. Il va donc falloir réformer le matériel humain, reconstruire les mentalités, briser les chaînes de l'ignorance, relancer la moralité citoyenne et l'éthique républicaine qui sont les fondements d'une nation viable, démocratique et souveraine

Ce que je reproche à la diaspora guinéenne dans son ensemble, c'est son manque d'action. Nous parlons beaucoup mais agissons très peu. Non pas qu'il faille s'immoler en public pour attirer l'attention des medias ou prendre des armes, mais nous devons influer sur le cours des événements en se constituant en lobbying, groupe de pression, cercle de réflexion, etc. Sans les envois monétaires de la diaspora par exemple, nous aurions assisté à des révolutions de faim dans tout le pays et pourtant nous ne pesons pas assez car nous travaillons en ordre dispersé sans aucune synergie. Nous devons d'abord surmonter nos différences (tel est peulh, l'autre est soussou ou malinké, etc.) afin de canaliser nos énergies car sans cela, nous sommes voués à l'échec.

Moussa Kanate "Papus", Toronto, Canada
pour www.guineeactu.com

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Vos commentaires
saifon, mardi 29 juillet 2008
tres bel article.keep going bro
Sankhon, mardi 29 juillet 2008
Une contribution de taille mon tres cher frere.Oui vous avez raison.Le leader d`opinion doit s`exprimer objectivement et non par complaisance.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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