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C’est tout comme, à première vue. Il restera de savoir si le limogeage de Kouyaté est un signe précurseur du changement, tel qu’il s’avère, aujourd’hui, plus que nécessaire de réaliser, tout en préservant la paix et l’unité dans le pays. Ce n’est pas la fin du monde, qu’un premier ministre se fasse débarquer pour insuffisance de résultats. D’ailleurs, les Guinéens, fatigués de faire le mouton de Panurge, ont vite compris qu’il leur fallait observer du calme, non pas parce qu’ils se font le sentiment d’être bien servis, mais parce qu’ils n’ont même plus la force de sourire, du fait de la baisse de leur pouvoir d’achat, devant la vie chère qui les accule. Une nouvelle voie est ouverte, peut-être avec moins d’espoirs que d’interrogations sur ce que sera demain. Le cinquantenaire annoncé, avec grand bruit, se fêtera sans que son génial initiateur soit dans les titres qu’il lui faut pour rehausser un tel événement de son séduisant discours. Du genre de ceux qu’il réserve aux grandes rencontres. Que retenir de Kouyaté, de ses œuvres et, surtout, de ses légitimes ambitions de faire d’une pierre trois coups ? Premier ministre, Chef du gouvernement, puis… Chef de l’Etat. L’homme est d’une envergure assez étanche. Abordable et dispos, il ne ménagerait rien pour accéder au tapis rouge, aux honneurs immédiats, même fictifs, pourvu que la couverture médiatique qu’on en fera, et dont il est friand, lui réserve un battage tous azimuts. Il est seulement regrettable que certains n’aient pas pressenti la fin des haricots. Manque de jugement ou simple course à la pitance du jour assurée, de façon ponctuelle, pour services rendus, même au pris de mensonges et de désinformations ? L’ancien premier ministre n’aura offert que l’occasion aux Guinéens d’être divisés. Le recours à l’arme ethnique pour surexciter les haines entre des frères des mêmes contrées, aura été une bien triste stratégie pour arriver à ses fins. Le décret du chef de l’Etat aura été, aussi bien pour les populations guinéennes que pour Kouyaté Lansana, une délivrance. Les risques d’une guerre ethnique aux conséquences dramatiques sont écartés. Toutefois, le nouveau premier ministre qui est reçu sans trop d’enthousiasme, parce qu’ayant déjà appartenu à des équipes gouvernementales qui n’ont pas convaincu, doit mettre son génie à profit pour parer au plus pressé : la flambée des prix sur le marché d’approvisionnement. Aussi, devrait-il s’ouvrir à toutes les compétences, quelles que soient leurs origines, pourvu que le processus de changement engagé ne laisse pas la place à d’autres désespoirs plus profonds. Le mal guinéen a résisté Thierno Dayèdio Barry L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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