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Le secrétaire général du Parti de l’unité et du progrès (PUP) vient de jeter un pavé dans la marre, en déclarant que son parti n’en était pour rien dans le retard de la Guinée. C’était lors des journées de réflexion que le parti au pouvoir a organisé du 17 au 18 octobre dernier à Conakry. Dr Sékou Konaté a pointé du doigt les groupes de pression qui s’agitent autour du président de la République, les accusant d’être les principaux responsables des piètres performances de notre pays, qui a du mal à amorcer son décollage. Ces journées de réflexion du Parti de l’unité et du progrès (PUP) dont les travaux se sont déroulés du 17 au 18 octobre à la maison des jeunes de Matam, ont permis aux membres du bureau politique et aux militants de cette formation politique née en 1993 à Mamou de faire l’état des lieux de leur parcours. Une façon d’affronter dans la sérénité les élections législatives qui pointent à l’horizon. Les caciques du parti au pouvoir qui tenaient à régler des comptes à ceux qu’ils considèrent comme de petits malins qui viennent se beurrer les tartines sous le couvert du PUP, pour revêtir ensuite le manteau d’opposants, n’avait pas meilleure tribune que celle-ci pour les tancer vertement. Dans la foulée, le secrétaire général du parti n’a pas fait dans la dentelle, en vouant aux gémonies certains anciens Premiers ministres qui, selon lui, sont devenus de farouches opposants au régime en place. Pour Sékou Konaté, son parti n’est nullement responsable du retard du pays. Il a jeté l’opprobre sur les groupes de pression qui s’agitent dans les allées du pouvoir, en quête d’intérêts sordides qui ne profitent qu’à eux. Ce sont ces derniers qui doivent endosser cette lourde responsabilité, à en croire les propos de Sékou Konaté. S’il est vrai que le chef de l’Etat n’a jamais accepté d’être l’otage du PUP, depuis 14 ans, il ne faut cependant passer sous silence le fait que de nombreux caciques du parti au pouvoir ont été promus à des postes clés au sein des différents gouvernements qui se sont succédé depuis 1993. C’est le cas notamment de Moussa Solano, plusieurs fois ministre, de Sékou Dékazy Camara, ancien ministre de l’Enseignement supérieur, d’Almamy Fodé Sylla, ancien ministre de l’Enseignement technique et de la formation professionnelle, d’Alpha Ousmane Diallo, ancien ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat. Nous allons nous en limiter là, bien que la liste soit exhaustive. C’est dire que Conté n’a pas entièrement ignoré le parti qui lui a permis de briguer les différents mandats à la tête du pays, ce depuis 1993. Le PUP ne pourrait donc se démarquer de cette mauvaise gestion dont la Guinée a fait l’objet durant plus d’une décennie. Dr Sékou Konaté même fut longtemps ministre, avant de retourner se refaire une santé au sein du BPN du PUP. Histoire de ne pas tomber dans les oubliettes. Quant aux anciens Premiers ministres qui ont changé de casquette, il y a Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré. Tous deux leaders de partis politiques. Mais, si le premier fut une des têtes pensantes du PUP, durant son long séjour gouvernemental, le second, lui, n’a jamais exprimé son appartenance au parti au pouvoir. Même si Sidya Touré arborait occasionnellement les couleurs du parti au pouvoir, durant des cérémonies officielles. Si procès il y a donc un jour, sur ceux qui ont coulé le navire Guinée, Sékou Konaté devra s’attendre à être sur le banc des accusés. Et à ses côtés, Cellou Dalein Diallo, Alpha Ousmane Diallo, Moussa Solano…Cette fuite en avant, qui consiste à se décharger sur des adversaires politiques et autres courtisans du palais présidentiel, ne pourra en aucun cas disculper le PUP. N’est-ce pas son candidat qui tient le gouvernail… Dian Baldé Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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