 |
Décidément, depuis le décès du président de la République, le général Lansana Conté, beaucoup de choses sont entrain de changer. C’est notamment au sein du Parti de l’Unité et du Progrès (PUP) qu’un mouvement est né pour refonder les structures. Ce changement dont il est question semble faire exploser ledit parti. D’aucuns parlent du retour de l’homme d’affaire Elhadj Mamadou Sylla à la tête du parti.
Dans une déclaration rendue publique le 17 janvier dernier, le MRP (Mouvement de refondation du parti) a indiqué ceci : « Aucun responsable national du parti, n’a mandat d’agir et de parler au nom du parti, pour la simple raison que les mandats sont à expiration il y a de cela six (6) ans. Or, les militants et les responsables à tous les niveaux, réclament le congrès depuis cinq (5) ans. Hélas ! Le BPN a fait sourde oreille. C’est pour cela que nous, jeunes et femmes, avons eu l’initiative de créer un mouvement au sein du parti PUP, dénommé ‘’Mouvement pour la refondation du parti de l’unité et du progrès’’. » C’est en substance ce qui constitue la pomme de discorde du ‘’parti champion’’. Une source proche du PUP confie qu’après le président Lansana Conté, aucun membre de ce parti ne peut financer même une simple élection de chef de quartier et que le temps est arrivé pour El Hadj Mamadou Sylla de succéder à son frère et ami à la tête du parti. La même source indique que tous ceux qui ont été ministres, gouverneurs, préfets ou députés au compte du parti, n’ont sauvegardé que leurs intérêts égoïstes au détriment du parti. Elle indique également qu’aucun n’a pensé mettre 1 franc dans la caisse du parti. Lors de la réunion qui s’est tenue le 18 janvier au siège du parti, les jeunes et les femmes ont décidé du renvoi de tous les ‘’vieux crocodiles’’ du parti. Il a fallu attendre la journée du lundi 19 janvier pour voir le président du MRP s’adresser à M. Sidy Cissoko en ces termes : « Vous êtes mon père, mais il temps pour le parti de se repositionner par rapport aux futures élections. Nous n’en voulons à personne. Le problème aujourd’hui au PUP est de savoir comment payer les simples secrétaires de direction. Aucun homme ne peut empêcher le soleil de se lever, ni le jour de changer. Après la mort du président Conté, les généraux ont retardé et les capitaines ont pris le pouvoir. La même chose doit se passer au sein du PUP. Si nous les jeunes et les femmes, nous ne prenons par nos responsabilités, le PUP va disparaître.» M. Kaba Condé de conclure que c’est le seul parti national en Guinée. Et à Sidy Cissoko de réagir en ces termes : « Je n’ai peur ni de Somparé, ni de Konaté, ni de Soriba Sorel Camara. Je suis un membre fondateur du parti. Si Conté a gagné les présidentielles de 1993, c’est grâce à moi. C’est moi qui ai joué sur les votes de Siguiri, Kouroussa et Kankan où le PUP n’était pas gagnant. Aujourd’hui, personne ne peut me parler de ce parti. Et pour prendre des décisions pour la survie du parti, il nous faut être autour de la table. Ce n’est pas la rébellion qui pourra nous faire croire à une situation… ». Pendant ce temps, certains militants qui assistaient à ce débat à ciel ouvert n’arrêtaient d’appeler un certain président au téléphone. Nous les entendions dire : « Monsieur le président, nous sommes entrain de mettre l’horloge à l’heure. C’est vous ou personne. Mais nous avons la cour remplie de loubards venus perturber l’atmosphère. Ils sortiront par la fenêtre ». Tenez ! Il a fallu de peu que certains jeunes et soi disants loubards n’en viennent aux mains. Un responsable de jeunesse qui a requis l’anonymat nous a confié que ces ‘’loubards’’ sont envoyés par Sékou Konaté, secrétaire général du parti, avec l’appui de certains de ses collègues du bureau politique national (BPN). Dans une déclaration signée de Kaba Condé et de Dr Ibrahim Barboza Soumah, respectueusement président et vice- président du mouvement, il est noté que les statuts et règlement intérieur du PUP sont caducs et ne permettent pas aux structures de s’exprimer démocratiquement. C’est dans ce sens que le MRP parle et agit au nom du parti. La déclaration exige la mise en place d’un comité préparatoire du congrès, composé équitablement. Le MRP qualifie d’égocentrique la position du BPN qui fait la sourde oreille. En quittant le siège du PUP, nous trouvâmes une dame hors de la cour qui disait ceci au téléphone : « C’est moi El Hadj. Je suis au siège. Il y a une grande pagaille ici, il y a des jeunes bandits qui veulent nous agresser. Ils sont entrain de discuter avec un certain ‘’Gaillard’’ chargé de la Sécurité du parti. Si les choses continuent comme ça, je vous prie de ne pas accepter d’être le président d’un parti où les gens ne s’entendent pas. Cette pagaille n’était pas là du vivant de Conté. Et puis, il ne faut donner aucun franc à quelqu’un ». La femme a conclu ses propos en langue nationale soussou en interrogeant son interlocuteur en ces termes : « As-tu compris, je suis dans la cour et je vais te rappeler… » Affaire à suivre.
Aly Badara Condé Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
|
 |