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La compréhension du mot otage, avec sa précision, se base ici sur une confirmation d’un contenu identifiable. La découverte du vrai est qu’un groupe d’individus et des individus exercent un chantage sur notre prof national, afin de conserver ou d’obtenir des intérêts ou quelques autres raisons égoïstes au détriment de l’intérêt général de tous les Guinéens.
Puisque l’occasion s’y prête, on me permettra de citer Jean-Paul Sartre une fois de plus, comme illustration des relations compliquées entre les coordinations régionales et le régime d’Alpha Condé:
« Pendant que je tente de me libérer de l’emprise d’autrui, autrui tente de se libérer de la mienne ; pendant que je cherche à asservir autrui, autrui cherche à m’asservir. Il s’agit nullement ici de relations unilatérales avec un objet-en-soi, mais des rapports réciproques et mouvants ».
La fin de telles relations est toujours tragique. Nous voyons combien l’attitude suivante – jamais je n’aurais dû, mais, désormais, il est trop tard – est valide actuelle en guinée. Et comment le remord est étouffant dans une relation compliquée ! Comme c’est d’actualité je citerais un adage japonais qui dit ceci: il est préférable de voyager le cœur gonflé d’espérance que d’arriver à destination.
Oui lisez cette citation, n’hésitez pas, le principe de l’idée de la citation demeure valide! Car ce que semble dire Sartre dans cette citation est transposable à l’actualité brulante de la Guinée. Je concède, pour le consommateur moyen comme moi : des individus et de groupe d’individus ont aidé le prof Condé à accéder au pouvoir, le temps passe, et ces gens-là manifestent une tendance très rependue à être récompenser. Seulement, pour faire une rupture avec les méthodes honnies du copinage, du népotisme, du trafic d’influence, …, un changement radical des mentalités s’avèrent indispensable. Le prof Condé dit vouloir un changement radical dans la gestion de la chose publique, ce qui est évidemment incompatible avec les méthodes du passé.
Mais que constatons-nous ? Des groupes de pression font la pluie et le beau temps dans la nomination des hauts cadres de l’état, la doctrine du cercle des amis et parents qui avaient pollué en son temps l’entourage immédiat de nos anciens présidents refait surface. Ce cercle des amis parents est symbolisé aujourd’hui par les coordinations régionales. Tenez bien ! On nous offre en catimini un médiateur de la république, et notre prof laisse celui-ci se muer en médiateur régional au lieu de consacrer son énergie à réconcilier les citoyens avec les institutions républicaines, ou d’inciter à la réconciliation nationale. Ce sont là quelques sources des contradictions qui prennent notre prof de président en otage. La première tragédie de l’homme c’est lorsqu’il cherche par tous les moyens à atteindre un but et qu’il n’y arrive jamais, la deuxième tragédie c’est lorsqu’il arrive au but au moment où il s’y attendait le moins.
Le régime de Condé véhicule à mes yeux une conception du pouvoir simplificatrice comme ses prédécesseurs, à la différence-près qu’Alpha Condé se comporte encore toujours comme un chef de parti dans la promotion des cadres de l’état, et non comme le président des guinéens de toutes obédiences ; conception oligarchique basée sur la captation et la conservation du pouvoir par tous les moyens. Cependant que les régimes passent et l’état reste.
Ne voit-on pas, la main des coordinations régionales, à travers le décret et le contre-décret à la SOTELGUI le signe du changement prôné par le régime comme un échec ? (Ceci nous ramène aux années sombres de décrets et contre-décrets du régime moribond de Lansana Conté). Et que ce n’est plus un idéal qu’on défend, mais sauver des intérêts et quelques raisons égoïstes. La joie initiale pour le changement de mentalité de gouverner est suivie maintenant par la désillusion. C’est un péché fatal pour le régime d’Alpha Condé.
Or, actuellement le régime du prof Condé est confronté à une forte difficulté socio-économique, des décrets et des décisions, pas toujours compréhensibles, tombent quotidiennement. Le régime brille par un manque de solutions ou de perspectives comment répondre à la préoccupation des guinéens dans leur quotidien. Pire, le président et son premier ministre ont une lecture différente de la cause de la crise actuelle. Pendant que le premier ministre identifie la mal gouvernance et l’environnement international comme cause de la crise, le président, lui, voit la main invisible des commerçants, des opérateurs économiques et saboteurs comme base de la crise. Il cultive par ceci l’hostilité des uns vers les autres.
Le problème pour le régime dans ses déclarations est en tant que tel soumis à une logique qui le dépasse, et cette logique se laisse construire par ce qui se dit par-ci et par-là dans la sphère d’attributions du pouvoir et au-delà.
La découverte du vrai ne peut pas se déduire de l’analyse du faux. Au lieu de s’attaquer aux problèmes de fond, on verse dans l’amateurisme, alors que gouverner n’est pas improviser. A travers les déclarations fracassantes du pouvoir, on a l’impression, quelles qu’en soient les bonnes intentions de l’initiative individuelle, elle est vue comme une opposition au grand besoin de puissance du régime.
Selon moi, dans le duel entre le régime et les opérateur-économiques, même si, l’une des parties en présence s’assure un avantage, la somme générale des pertes et gains est négative pour la nation, car ceci plombe l’élan de création de richesses nationales, gage de tout développement économique. Il est temps pour le régime de s’émanciper de ses groupes de pression, de son fantasme idéologique de chapelle et de la guérilla contre les affaires pour s’attaquer à l’essentiel.
Généralement une élection présidentielle est toujours suivie d’un dynamisme de changement au travers de concepts, de projets de sociétés des gagnants, mais malheureusement pas chez-nous.
A la place d’un dynamisme collectif, on nous sert une alternative illusoire qui consiste à dire, tu es devenu ce que tu es, parce que tu as choisi l’autre et non pas moi. Alors, la détresse est organisée par les autres d’en face, mais pas par nous. Au lieu de discourir sur des valeurs, l’unité nationale on s’enfonce dans des compromissions et la médiocrité pour la captation du pouvoir pour le long terme.
Après les débuts ratés du régime et les obsolètes entrées de classe de conseils de ministre, et le silence coupable des partis politiques et institutions républicaines, face aux fautes et erreurs du régime, qui s’en sont suivi, on a la tendance à croire que l’élite nationale n’a trouvé aucun concept pour gérer la calamité qui s’abat sur les citoyens.
Il est d’une naïveté extrême de croire que le statuquo actuel peut durer. Mais est-ceque l’élite politique l’a compris ?
Personne n’est obligé de postuler à un poste public ou administratif plus ou moins éminent. Mais celui qui le fait, doit savoir aussi à partir de cet instant, il est soumis non seulement à l’attention du public, et qu’il doit aussi se soumettre aux exigences de l’intérêt public.
Comme j’ai commencé cet écrit par une citation, on me permettra de conclure par un autre. L’un des personnages les plus énigmatiques de la philosophie chinoise à la personne de Confucius, dit ce qui suit : « comprendre ce qui est juste et ne pas le faire, démontre un manque de courage »
Que vive une Guinée unie et prospère, Ameen
M. Bella Barry
www.guineeactu.com
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