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Notre monde, aujourd’hui, est confronté à un environnement économique, politique, technologique et social tellement incertain, qu’il ne nous reste quasiment aucune marge d’anticipation de résolutions des multitudes problèmes qui nous préoccupent. Dans ce contexte étroit, il est donc déplorable de constater l’égoïsme, l’inconscience et la malhonnêteté avec laquelle certains de nos concitoyens s’attribuent des titres afin de s’ériger au rang de « sauveur national ».
Nul n’est pourtant sensé ignorer la source des difficultés qui nous paralysent après plus de 50 ans de notre souveraineté !
Aux mémoires courtes, je tiens à rappeler que la Guinée a saigné pendant 26 ans de la tyrannie révolutionnaire sanctionnée d’exécutions extrajudiciaires et d’humiliations de tout genre. 1984 mit une lueur d’espoir dans nos âmes avec l’avènement de son CMRN ; lueur qui ne tardera pas à se transformer en un incendie le plus dévastateur de notre histoire. Aujourd’hui, il nous est donné la chance de rompre avec cette douleur et garantir un monde meilleur aux futures générations, sans que certains ne se relancent dans leur vandalisme habituel et inassouvissable de vouloir confisquer à nouveau le destin du vaillant peuple de Guinée.
C’est avec un très grand intérêt que nos populations suivent l’actualité concernant notre pays. Il ne s’écoule pas de jour, sans que des problèmes relatifs aux élections présidentielles, les audits ou la mascarade politique des uns et des autres ne puissent être énumérés. En dépit de cela, il faudra souligner que seuls les acteurs politiques qui ont été mêlés, de près ou de loin, à la déstabilisation de la Guinée (autant sur le plan économique que social) bénéficient d’une position favorable si des élections anticipées s’organisent. Or, il ne faut pas oublier que les formations politiques, sans distinction, sont fondées sur des affinités ethniques et discriminatoires. Les unes allant jusqu’à appeler à voter pour l’un des prédateurs de notre économie avec le seul argument, que les élections doivent être favorables cette fois-ci à l’ethnie qui n’a pas encore accédé au pouvoir. C’est ainsi qu’ils tentent de motiver leur électorat.
Les autres se nourrissent catégoriquement de l’illusion que la Guinée est une dynastie, et qu’il faudra alors vaille que vaille reconquérir le pouvoir perdu.
Tous ces phénomènes ne sont-ils pas des signes menaçant la quiétude nationale et cultivant des affrontements ethniques, en cas d’élections dans une telle anarchie causée par 50 ans d’irresponsabilité de nos aînées ?
A ceux-ci, je dirai que notre pays est un immense territoire constitué de multiples ethnies et que la jeunesse se porte volontaire pour déjouer tout plan anti-démocratique et discriminatoire.
S’agissant de tous les vautours précédemment dénoncés, ce qui paraît encore plus absurde et incompréhensible dans cette situation ; c’est le comportement opportuniste de beaucoup qui sont en quête d’une reconnaissance ou d’une quelconque position afin de compenser « les tares de leur vie » (manque de diplômes, de travail ou d’identité réelle). Ils sont devenus les stratèges de « tous les coups sont permis pour retourner au pays et s’assurer la retraite ». Pour eux, une chose reste claire : la Guinée ne servira plus jamais de recyclage de résidus, car elle à besoin de tous ses fils dans la dignité, donc place aux compétences.
A cet effet, il est donc nécessaire de situer la responsabilité des uns et des autres de façon complètement impartiale. En conséquence, l’idée du CNDD d’organiser les Audits reste très salutaire.
Il n’est pas à réfuter que les problèmes de la Guinée ont une dimension globale, mais en matière d’apport de solution globale, il faudrait être très prudent, pourtant il semblerait plus réaliste et efficient de se pencher plutôt sur les complexités et les éliminer systématiquement.
Econométriquement parlant, supposant que différentes variables exogènes constituent aujourd’hui la problématique de la Guinée (les pertes causées par le PDG-RDA, les exécutions extrajudiciaires lors du coup Diarra, les événements de Janvier/Février2007, les détournements de fonds alloués au développement de la Guinée…, etc.) et que la variable endogène représente la tenue d’élections crédibles, transparentes et impartiales. Il s’agirait alors, à ce niveau, d’identifier la variable exogène la plus influente ; celle du détournement des fonds alloués au développement de la Guinée. En ce moment très précis de notre réalité, elle est la seule à représenter un choc exogène inattendue qui peut mettre en cause la tenue d’élections équitables et transparentes.
A la suite, il convient d’établir la corrélation entre la variable endogène et l’exogène et afin que la prise en mains des travaux d’ébauche de solution par un homme intègre soit possible. Après avoir résolu ce problème, on s’attaquera aux variables suivantes, en fonction de leur nécessité par rapport au modèle à définir. La démarche nous permettra d’éviter beaucoup de confusions.
Un dicton dit : « Celui qui ignore l’histoire est damné et condamné à la répéter ». D’où la nécessité de laisser au peuple de clarifier tous les passages obscurs ayant contribué à paralyser son épanouissement.
Certes, nos jeunes soldats ne sont pas la solution idéale pour la Guinée, mais soyons aussi honnêtes de reconnaître le courage avec lequel ils ont agi pour toucher des sujets tabous, pertinents avec la témérité de défier la couche longtemps considérée intouchable dans notre société.
Alors, osons croire que la génération du Capitaine Dadis, comparativement aux différentes formations politiques, incarne la rupture totale avec le passé. Et qu’elle reste actuellement la plus apte et crédible d’assurer une transition acceptable, pour redorer le blason de notre pays ; c'est-à-dire de corriger toutes les défaillances, débarrasser le pays de la gangrène de l’anarchie et de la corruption pour faire place à des d’élections crédibles et équitables.
Osons encore accepter que le Guinéen a trop souffert, pour encore se laisser acheter la conscience ! Ainsi il reste conscient que la situation qui prévaut est loin d’avoir la vocation d’intérêt individuel, elle est plutôt collective. A cela, s’ajoute l’énormité des défis à surmonter autant sur les plans sociaux, économiques et politiques. Le Peuple a déjà attendu plus de 50 ans et est prêt à attendre encore 2 ou 4 ans, enfin que l’ordre soit définitivement restauré. Et ceci reste le seul chemin pour remédier aux problèmes de la Guinée.
Vive une Guinée définitivement libre où l’opportunité sera donnée à tous ses fils, sans distinction, de bâtir une patrie prospère!
Barry Alpha Bacar, Grenoble (France) pour www.guineeactu.com
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