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Vous souvenez-vous de la fable de « Le Laboureur et ses Enfants » ? Le président laboureur qui préside au bonheur de toutes les bonnes âmes de Guinée a interprété cette fable de Jean de la Fontaine à sa manière. Notre président paysan effectue, quand cela lui plait, souvent de paisibles balades dans son Jardin. Comme Président et Maraîcher, et, par-dessus tout maître « incontesté et bien aimé » de son Jardin – GUINÈE –, il se sent très puissant dans sa Ferme. Avec son tracteur et sa houe, sa hache et ses cisailles, il s’est créé son univers qui ne dépend que lui-même. Il raccourcit, sarcle, coupe et lie, arrache et déterre. Nul n’est permis de pousser à sa convenance sans sa permission explicite. Il gère son jardin comme bon lui semble. Il décrète ce qui est fleur et ce qui est mauvaise herbe, ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. Il décide entre le bon et le mauvais. Il dicte ce qui doit éclore dans ses pots et dans ses carrés et planches. Ce qui ne lui plait pas se fait virer. Ce qui lui plait est arrosé avec soin et beaucoup d’eau (d’indulgence), et d’engrais (avantages indus). Il décide de la hauteur au-dessus de laquelle les roses (les élites …) du Jardin doivent s’épanouir, et de l’abaissement (le degré de liberté) permis aux arbres (aux citoyens) de suspendre leurs branches (de s’exprimer). Dans sa logique dégénérative, le président paysan se dit : où cela peut-il mener, si tout pousse et prolifère sans son avis ? Il faut bien qu’il ordonne les choses. C’est pourquoi, il s’occupe personnellement de son Jardin – GUINÈE – en faisant fi aux hiérarchies, règles et préceptes qui régissent la création et gestion de son jardin, ou du respect d’engagements souscrits. Alors que si un étang doit devenir une parure du jardin, ou qu’on parle d’un milieu de vie pour plantes vivaces, quelques conditions préalables sont à observer ; par exemple connaître les termes pleins et vides, se figurer un plan d’un jardin avec arbres, fruits, fleurs, légumes …. Pour notre président, toute insubordination à sa vision sur l’univers de son Jardin – GUINÈE – est vouée à l’échec. Pour cause, il a toujours la hache, la houe et les cisailles entre ses mains. Sac, sac ! Tout est anéanti, tout est proprement défriché. C’est seulement après avoir accompli ce travail que notre Président Laboureur peut dormir avec la conscience tranquille, et se dire que son univers est en ordre. Le problème pour la parure du jardin (le développement du pays) et pour une végétation vivace (un peuple prospère) se repose sur l’inégalité des plantes (des citoyens) devant l’eau d’arrosage (devant la loi) et la répartition des engrais (la répartition des ressources nationales, avantages.…). Le problème c’est surtout la segmentation entre les plantes qui appartiennent à un cercle intime et celles qui n’en font pas partie, et cela sur aucune base de raisonnements pertinents. L’embêtant c’est que cette fausse vision sur son univers s’est érigée en système. De cette vision du Laboureur sur son univers précité, ne pourra s’épanouir aucune plante librement. C’est ce système soutenu qu’il faut briser, afin de recadrer les priorités qui vont permettre l’épanouissement d’une végétation vivace dans un jardin aéré, où tous les arbres ont le droit de se développer librement selon leur constitution morphologique. Pour une parure équilibrée du jardin et une végétation vivace, il faut que toutes les plantes soient traitées sur le même pied d’égalité devant l’eau et les engrais. Moussa Bella Barry, RFA
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