jeudi 20 décembre 2007
Le Président de la DJCI appelle les Ivoiriens à exiger de vraies actions pour ramener la paix dans le pays

Depuis l’accord de Ouagadougou du mois de mars 2007, une campagne de propagande grotesque est servie au public ivoirien et à la communauté internationale. Celle-ci vise à faire croire que le conflit ivoirien, datant déjà de 5 ans, est en train d’être résolu. Afin de promouvoir cette illusion, plusieurs spectacles symboliques et très couteux ont eu lieu ces derniers mois. Toutefois, l’on constate peu de résultats concrets dans la résolution des vrais problèmes du pays.

C’est vrai que le Chef de l’Etat Mr. Gbagbo a pu coopter le chef de la rébellion Mr. Soro pour devenir son Premier Ministre. C’est aussi vrai que plusieurs personnalités clefs de la rébellion se sont jointes au gouvernement. Des confrontations directes entre les deux parties armées ne se sont pas produites. Des membres du gouvernement -y compris le Chef de l’Etat- ont pu se déplacer en zone rebelle au nord du pays. A la suite des pressions étrangères, une date pour la tenue des élections a été avancée.  « Les différents actes symboliques posés sont-ils le signe du retour véritable de la paix en Côte d’Ivoire? Les conditions d’élections justes, transparentes, ouvertes et non-violentes sont-elles en train d’être réunies ? », s’est interrogé le Président de DJCI, Mr Modeste Gname Seri.

De nombreux observateurs en Côte d’Ivoire comme à l’extérieur du pays ne sont pas du tout rassurés du respect des engagements pris à Ouagadougou par Gbagbo et Soro. Vu son passé, les déclarations du Chef de l’Etat jouissent de peu de crédibilité. Egalement, le Premier Ministre semble avoir abandonné les revendications originelles de la rébellion, c’est à dire l’égalité des droits de citoyenneté pour les populations du Nord. Ceci aurait aussi profondément souillé sa réputation et peut-être compromis les opérations de désarmement et la réunification du pays. Le prolongement de la situation de ni guerre ni paix malgré les accords de Ouagadougou que d’aucuns qualifient de deal, de compromission grave ou « Reb-fondation » selon le président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, suscite beaucoup d’inquiétude.   

Pendant l’exécution de cette grosse farce, le pays glisse vers le désastre sous une gouvernance approximative. La corruption est endémique, le manque de respect pour la loi est flagrant, l’économie continue de se dégrader, le fonctionnement des services publics y compris l’éducation et la santé est en panne, la sécurité est précaire et la moralité civique a atteint son plus bas niveau. Le manque d’espoir domine la population pendant que les politiciens du FPI, du RHDP et de la Rébellion s’adonnent avec frénésie au pillage systématique des ressources du pays.

Face à cette tragédie, Mr Seri s’interroge : « De combien de temps avons-nous besoin, nous les organisations de la société civile, les élèves et étudiants, les chômeurs, les travailleurs, les entrepreneurs, les agriculteurs, les religieux, les transporteurs, les commerçants, les enseignants, les syndicats, les journalistes, les medecins…, pour réagir, pendant que les politiciens profitent seuls des richesses du pays alors que les populations -vrais créateurs de ces richesses- désespèrent, et les opérateurs économiques non encore en faillite continuent de s’inquiéter ? Ne devrions nous pas agir résolument avec urgence afin de mettre fin aux nombreuses malversations pour prévenir la faillite totale de notre pays, jadis vitrine de l’Afrique de l’Ouest ? Combien de temps allons-nous encore rester passifs face à ces dérives de notre société ? Face aux seigneurs de la guerre qui nous martyrisent, n’y a-t-il plus d’ivoiriens honnêtes et dévoués pour réaliser les reformes attendues depuis plusieurs années ? » 

« Non, ce n’est pas possible pour le peuple ivoirien de continuer à accepter les excès actuels. Nous ne devons plus continuer à observer impuissants les élites politiques irresponsables détruire notre beau pays. Nous devons nous mobiliser pour mettre fin aux injustices qui fragilisent notre vie et l’avenir de nos enfants. Nous devons cesser de penser que d’autres -plus particulièrement, la communauté internationale- viendront instaurer la paix, la justice, et la prospérité à notre place. Ça suffit. Ça suffit largement. Le peuple ivoirien, en particulier sa jeunesse, doit prendre son futur en main. Nous devons prendre nos responsabilités pour rectifier les choses. Le temps de s’engager de façon décisive pour exiger une vraie paix est venu. C’est maintenant ! Ensemble, disons aux dirigeants politiques que la récréation doit vraiment prendre fin. J’invite donc le peuple jeune de Côte d’Ivoire à se joindre à nos campagnes de sensibilisation sur l’ensemble du territoire national pour l’avènement d’un ordre plus juste » a conclus Mr Seri.

Abidjan, 18 Décembre 2007

Modeste Seri
+22508586948. Email movdjci@aol.com

 

 

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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