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Nous avions toujours dit que n’est pas homme d’Etat qui veut. N’est pas gestionnaire qui veut. Qu’il n’était pas question d’élire le plus ancien opposant, mais, l’homme ou la femme ayant les compétences nécessaires pour relever notre pays. Avec Alpha Condé, le constat est amer et dramatique !
Chers compatriotes, comme moi, vous venez de prendre connaissance des dernières nominations des messieurs Ahmed Tidiane Souaré et Fodé Soumah conseillers à la présidence de la République ayant rang de ministre. Inutile de vous dire que les deux sont des anciens ministres du Président Conté, fortement impliqués dans des pillages à outrance des deniers publics dont le président Alpha Condé se dit défenseur. Les deux ont été reconnus coupables de crimes économiques et emprisonnés par la justice guinéenne il y a de cela peu de temps.
Je ne m’étendrai pas sur la personnalité de ces deux individus que vous connaissez mieux que moi. Le plus important consiste à faire partager l’analyse que je fais de ce qui me parait être une injure dramatique que le Président guinéen vient de faire preuve à l’encontre des Guinéens qui se sont battus depuis 52 ans pour la construction d’un Etat de droit qu’Alpha Condé s’active aujourd’hui à saboter.
La question que je me pose est de savoir si ces nominations contre natures et inattendues traduisent le constat fait par le Président de sa propre incompétence à diriger la Guinée et qui l’oblige à faire appel à d’autres incompétents mais plus compétents que lui ou bien il s’agit tout simplement d’une forme méprisante d’expression de son mépris pour les Guinéens ou les deux à la fois ?
Si c’est au pied du mur qu’on reconnait le maçon, cela fait 6 mois que le Président Condé est au pied du mur. Ces 6 mois ont révélé au monde entier que le Président guinéen n’a ni la compétence, ni l’entourage nécessaire lui permettant de faire autre chose qu’alimenter la tension ethnique et régionaliste de nature à plonger la Guinée dans un chaos indescriptible. Ces méprisantes nominations laissent penser que la stratégie du Président consiste à camoufler son incompétence derrière une tension sociale qu’il orchestre lui-même par le biais d’irritation populaire engendrée non seulement par la place de choix qu’il a réservée aux auteurs présumés des massacres et viols du 28 septembre 2009, mais aussi par la nomination de tous ces caïmans à triples mâchoires broyeurs des deniers publics. Cette démarche méprisante se traduit entre autres par l’intérêt qu’il accorde à l’ancien chef de la junte militaire le Capitaine Dadis Camara présumé commanditaire du drame du 28 septembre 2009 par de multiples visites qu’il a rendues à ce dernier, pendant ce temps, les victimes civiles et politiques de M. Dadis Camara sont pourchassées par le Président.
A y voir de très près, on constate que le Président fait usage de la néfaste stratégie de son ami Laurent Gbagbo (ancien Président ivoirien) qui consiste à créer une instabilité dans le pays sur laquelle il surfera faute de résultats positifs de sa gestion. M. le Président, si vous adoptez cette stratégie, elle vous emportera forcement de la plus humiliante des manières.
Le Président Alpha Condé s’est totalement discrédité aux yeux du monde entier et ne peut plus nous parler d’audit car son propre cabinet présidentiel est infesté de criminels économiques de tout calibre. Ce qui est inquiétant avec lui, c’est qu’il oublie les propos qu’il tient une semaine plutôt. Après avoir chanté sur tous les toits du monde que la gestion du Président de la transition (Général Sékouba Konaté) avait englouti plus de 9000 milliards de FG, il revient avec d’autres propos contraires à ce qu’il nous tenait. Désormais, avec la bénédiction de la coordination régionale de la haute Guinée qui n’avait pas apprécié les accusations portées contre le Général Konaté, ce dernier est aujourd’hui blanchi. Le président dit qu’il ne lui reproche de rien car tout est la faute du premier ministre de l’époque à savoir M. Jean Marie Doré. Je reste certain qu’une déclaration de la coordination régionale de la forêt suffira pour que notre président blanchisseur blanchisse M. Doré aussi au préjudice d’une autre proie facile. C’est à la fois honteux et dramatique.
Le constat que les agissements de notre président nous conduit est qu’il n’a jamais été un opposant à la dictature, il s’opposait aux dictateurs pour prendre leur place. Pour preuve, vous constaterez que du régime de Conté (paix à son âme), il ne manque plus que Conté. Tout le reste est recyclé par le Président Alpha Condé. Pour lui, la dictature n’est inacceptable que si elle est exercée par autre que lui. Les pillages des deniers publics ne sont répréhensibles que s’ils sont l’œuvre de ses adversaires politiques. En conclusion, le Président Alpha Condé n’a pas une définition objective du bien et du mal. Bien ou mal, cela dépend de son rapport avec l’auteur des faits et non du fait répréhensible.
On nous apprend aussi que le commerce des postes ministériels et autres postes de directeur ou conseiller à la présidence qui avaient cours sous le régime de Conté fleurissent actuellement à Conakry. Les postes selon leur importance se négocieraient entre 50.000 et 200.000 dollars US. Vous avez de l’argent, vous voulez acheter un poste, adressez-vous à certains conseillers à la présidence, votre satisfaction sera totale. La nomination d’un débiteur de l’Etat (Mamadou Lamarana Diallo) impliqué dans la fraude portant sur les dons japonais, chinois et koweitien au poste de premier vice président de la commission d’audit n’est-elle pas l’une des conséquences de ce commerce de postes administratifs en Guinée ? Il est évident que les marchands de postes ne se soucient pas de la compétence ou de la moralité des acheteurs. Seule leur capacité financière compte (entre 50.0000 et 200.000 dollars US selon certaines informations qui circulent en Guinée).
De tout ce qui précède, inutile de dire que le Président Condé a fini de ruiner le peu de confiance que les Guinéens lui portaient en seulement 6 mois.
Son cabinet présidentiel, son gouvernement et sa commission d’audit étant infestés de criminels économiques et des présumés criminels de sang, le Président de la République s’est totalement disqualifié aux yeux des Guinéens. Son histoire d’audit qui est désormais vue comme une arme politique, surtout depuis l’attribution sans appel d’offre du port de Conakry à son ami Bolloré, les Guinéens n’auront plus aucune considération pour lui.
Il est encore temps que les Guinéens se lèvent comme en 2007 et 2009 pour stopper cette dictature qui avance à visage découvert.
Makanera Ibrahima Sory Juriste Directeur de publication du site « leguepard.net »
www.guineeatu.com
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