mardi 26 janvier 2010
Le Premier ministre pour des "élections libres" (1ère mise à jour)

Le Premier ministre de la transition en Guinée, l'opposant Jean-Marie Doré, a souhaité mardi à Conakry la tenue d'"élections libres, transparentes et crédibles" et une restructuration de l'armée.

"Nous espérons (des élections) libres, transparentes et crédibles" au terme de la transition car "c'est en effet le passage obligé pour notre pays de renouer avec la stabilité", a-t-il indiqué dans un discours lors d'une cérémonie de passation de pouvoir avec le Premier ministre sortant.

Il n'a pas donné de dates pour l'organisation de ces scrutins. Mais l'accord de sortie de crise signé le 15 janvier à Ouagadougou prévoit la tenue d'une présidentielle "dans six mois".

Le nouveau Premier ministre a également appelé "le chef de l'Etat", le général Sékouba Konaté, président de la transition, "avec l'appui structuré de la communauté internationale à restructurer et à réorganiser (l') armée".

La cérémonie a eu lieu au Palais du peuple, siège de l'Assemblée nationale, devant des centaines de personnes, dont plusieurs hauts responsables de la junte et du gouvernement sortant.

C'est une "grande armée qui a un passé glorieux en Afrique (...), mais une certaine gouvernance a, de façon insidieuse, contribué par le laxisme à créer au sein de l'armée une situation que chacun déplore".

"L'armée n'est donc pas la seule responsable de ses problèmes, c'est l'abandon à elle-même, les mauvais exemples qui l'ont conduit à cet état", a assuré M. Doré, officiellement nommé Premier ministre la semaine dernière par le président Konaté.

"Il faudrait donc qu'ensemble (...) on donne l'appui inconditionnel au général Sékouba Konaté pour, qu'au sortir de la transition, nous ayons une armée qui soit le véritable instrument de la stabilité", a-t-il poursuivi.

"C'est cela les deux fonctions principales de notre gouvernement", a-t-il insisté en faisant référence à la tenue d'élections libres et à la restructuration de l'armée.

Véritable colonne vertébrale des régimes successifs de ce pays d'Afrique de l'Ouest depuis son indépendance de la France en 1958, l'armée est toutefois traversée par des divisions politiques, ethniques et générationnelles.

La Guinée traverse une crise profonde depuis le coup d'Etat militaire du 23 décembre 2008, perpétré quelques heures après l'annonce de la mort du "général-président" Lansana Conté, à la tête du pays depuis 1984.

Cette crise s'est brutalement aggravée avec la répression sanglante par les forces de sécurité d'une manifestation de l'opposition le 28 septembre 2009 à Conakry, qui a fait 156 morts et disparus selon l'ONU, qui a qualifié ces actes de "crimes contre l'humanité".

Le 3 décembre, le chef de la junte a été grièvement blessé à la tête par son aide de camp, qui a tenté de l'assassiner à Conakry. Après plus d'un mois d'hospitalisation au Maroc, il est arrivé le 12 janvier au Burkina Faso, où il poursuit sa convalescence.

L'accord de Ouagadougou prévoit aussi que "les membres du Conseil national de transition, le chef de l'Etat de transition, les membres du CNDD (junte, ndlr), le Premier ministre, les membres du gouvernement d'union nationale et les membres des Forces de défense et de sécurité en activité" ne "participeront pas" à l'élection présidentielle.

Agé de 71 ans, M. Doré est le porte-parole des Forces vives, une coalition de partis politiques, syndicats et associations opposés au régime militaire. Il avait été blessé au cours du massacre du 28 septembre.


AFP / 26 janvier 2010


www.guineeactu.com

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Vos commentaires
gerard, jeudi 28 janvier 2010
Si Komara se glorifie de son bilan, il n`est pas le premier à le faire. Et d`ailleurs presque personne de tous ces premiers ministres au bilan combien macabre; de Lansana Beavogui à Kabinè Komara en passant par Ceilou Dalein DIALLO ne s`est jamais attristé de son passé. Mais les vrais éhontés sont ceux-là qui veulent se servir des biens mal acquis pour se hisser au sommet de l`Etat. Le Gouvernement de JM Doré doit aussi mener une vaste opération main propre au sein du groupe de tous les prétendants au fauteuil présidentiel en Guinée. Quand de simples parlementaires démissionnent pour des notes de frais coûtant quelques centimes d’euros de plus dans des pays vachement riches, c`est en Guinée qu`on s`atèle à passer sous silence des milliards de dollards délapidés. Komara ne peut pas être accusé malhonnêtement de détournement pendant, loin de lui toute ambition politique, il réclame haut et fort, un audit sur sa gestion de la chose public.
Alpha Oumar Barry, Labé, mercredi 27 janvier 2010
Bon débarras Monsieur Komara. Voilà un premier ministre qui sera vite oublié par les guinéens. D’ailleurs il n’espère pas mieux car dès le début il a de façon intéressé œuvrer pour en arriver là. En effet c’est une situation qui lui permettra de profiter tranquillement du pillage effectué sur les maigres fonds de l’état lors de son passage à la primature. En vérité, la guinée n’a jamais connu un premier ministre aussi minable. Sans lui manquer de respect, Monsieur Komara est la preuve par 1000 qu’on peut être crédité de compétences techniques mais par la suite s’avérer être un cadre (un intellectuel) nul. Malheureusement, il n’est pas le seul en Afrique et particulièrement en Guinée. Mais quel manque de charisme et de personnalité ! Le comble de la bêtise fut le discours qu’il a prononcé hier lors de la passation. On croirait assister à une cérémonie de passation de chef de gouvernement d’un pays « normal » en Suède, en Norvège ou en Autriche. C`est-à-dire que ça va dans l’ensemble, y a pas de quoi rougir de son bilan ! Ce spectacle est à des années lumière de la Guinée de Dadis. Il parlait comme s’il n’a pas été le chef de gouvernent d’un état voyou responsable de massacres le 28 /09/09 qui ont été qualifiés de crimes contre l’humanité. En l’observant dans son discours, on a du mal à saisir de l’auto satisfaction qu’il fait de son bilan, cet humour mal placé qu’il use pour expliquer sa non démission après les massacres et surtout cette euphorie qu’on lisait sur son visage contrastant avec l’état désastreux du pays et la misère des guinéens dont il a eu la charge de gérer pendant un an. On se dit que cette euphorie sans gène n’a qu’une seule explication : Komara jubile et se dit qu’il a accomplit sa « mission » qui consiste à s’assurer une retraite dorée en sortant de ce bourbier guinéen sans la moindre égratignure. En cela, il a réussi mais à quel prix ? En sacrifiant sa dignité. Voici l’image instantanée que les guinéens garderont de Komara : - Tu (Dadis) dis qu’il est beau….il sourit - Tu (Dadis) dis qu’il est culotté et le traite de tous les noms….il sourit - Tu (Dadis) fait des massacres le 28/09/09 devant lui…..il sourit Assis à coté de Dadis, les deux mains entre les jambes toujours avec son éternel sourire idiot faisant penser au nègre de service dans les bandes dessinées de Hergé (Tintin au Congo). Pauvre Guinée.
dannkoun, mercredi 27 janvier 2010
VRAI ou FAUX que " ... la minute de silence dédiée aux victimes du 28 septembre 2009 n’a pas duré plus de cinq secondes." ?

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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