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Douze mois de tâtonnements et d’improvisations, voilà en quoi le bilan du gouvernement Kouyaté est globalement négatif ; les besoins essentiels des populations n’ayant pas pu être satisfaits, malgré toutes les opportunités offertes à l’équipe gouvernementale pour poser des actes concrets. La précarité de la vie du citoyen est la cause profonde des revendications syndicales qui ont conduit à des manifestations de rue dont les conséquences ont, malheureusement, été plus coûteuses au pays. Des pertes en vies humaines et des dégâts matériels importants enregistrés lors de ces mouvements, constituent la pierre d’achoppement, puisqu’il faut, non seulement évaluer les pertes, mais en traduire les coupables devant les tribunaux. L’échec de l’équipe gouvernementale est imputable à la fois à la médiocrité des ministres dont certains sont de purs produits du système décrié, et aux insuffisances du protocole d’accord ficelé entre l’Exécutif, l’Inter centrale syndicale et la Société civile. En effet, le protocole d’accord qui attribue au premier ministre des pouvoirs qu’il ne peut exercer que par délégation, reste un document d’autant sans effet qu’il fait siennes des prérogatives non négociables que la Loi fondamentale réserve, exclusivement, au président de la République ; telle que la nomination aux hautes fonctions administratives. Les syndicalistes qui s’attribuent la légitimité d’agir au nom du peuple, dérogent aux principes qui régissent leur statut. C’est donc dans une confusion totale que le processus de changement s’est amorcé, tirant ses arguments d’un certain compromis de protocole d’accord auquel ont souscrit les parties impliquées pour sauver la paix sociale. Mais pour combien de temps ? Les dernières menaces de grève proférées par des syndicalistes agités, pour rappeler le chef de l’Etat au respect de ses engagements, après que celui-ci eut révoqué le ministre de la Communication et des nouvelles technologies de l’Information, M. Justin Morel Junior, pour s’être opposé à la diffusion sur les antennes nationales, du discours du chef de l’Etat à l’occasion du Nouvel An, ont été condamnées par la majorité des Guinéens. Particulièrement, par les partis politiques, les institutions de la République, les confessions religieuses, les organisations de la Société civile, le patronat, qui se disent favorables à une sortie de crise par la concertation et qui rejettent tout recours à la violence. Lansana Kouyaté et son équipe sont aujourd’hui isolés, c’est le moins que l’on puisse dire. Le président Conté et son entourage semblent avoir récupéré l’entièreté de leurs pouvoirs, dépouillant ainsi le chef du gouvernement du peu de marge de manœuvre dont il disposait pour amuser la galerie. La primature vit dans la fiction et son locataire joue les fantômes, en attendant de s’affranchir des illusions qui continuent de le bercer pour l’empêcher d’opter pour une sortie honorable. La refonte du gouvernement qui est une véritable épée de Damoclès sur la tête de Kouyaté, constitue une menace pour toute l’équipe gouvernementale. Il reste à savoir à quelle sentence le premier se soumettra. Ce qui reste évident, c’est la volonté du président Conté de préserver son pouvoir. Et pour ce faire, il ne ménagera aucune mesure, pourvu que ceux qui entendent lui arracher son fauteuil, par des subterfuges, soient mis hors de sa vue. La page Kouyaté est en passe d’être tournée. Pourrait-on s’attendre à d’autres remous plus inquiétants ? C’est la question. La Redaction www.guineeactu.com
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